MotoGP GP d'Autriche

Pressions : le GP d'Autriche, "premier test" de la mesure

Les faibles températures et la pluie n'ont pas permis de voir les véritables effets de l'encadrement des pressions de pneus en MotoGP. La situation pourrait être différente au Red Bull Ring.

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Redoutée depuis de longs mois par les pilotes, la règle imposant une pression de pneu minimale a été mise en place au Grand Prix de Grande-Bretagne... mais n'a pas encore eu de véritables effets. Les pilotes craignaient que rouler avec cette pression – qu'ils sont nombreux à juger trop élevée – ne vienne troubler le comportement des motos et nuire au spectacle, mais les gouttes de pluie tombées dans les deux courses ont mis fin à toute obligation et les données recueillies par Michelin n'ont donc pas eu de conséquences.

"Les contrôles ont été faits, mais ils n'étaient pas rendus officiels parce que le sprint s'est couru sur le mouillé, or dans ces conditions, le protocole sur les pressions ne s'applique pas", a expliqué Piero Taramasso, responsable de la compétition deux-roues du manufacturier, à l'édition italienne de Motorsport.com. "Cela vaut aussi pour la course longue du dimanche, car le drapeau blanc a été agité en raison de l'arrivée de la pluie et cette situation aussi rentre dans ces cas."

"D'autant que les pilotes sont obligés de ralentir, ce qui fait inévitablement baisser les pressions et les températures : on ne peut donc pas demander de s'en tenir aux valeurs standard. Et puis, étant donné que les chronos augmentent, les pneus sont soumis à moins de stress et il n'y a donc pas de situation de danger à éviter." 

Un constat partagé par Jack Miller, selon qui le GP d'Autriche permettra de mieux mesurer les effets du règlement. "À Silverstone, je pense qu'on n'a rien vu [à ce sujet] parce qu'avec le drapeau blanc et la fin de course, avec la fraîcheur et la pluie à certains endroits, on ne faisait pas monter la pression", a déclaré le pilote KTM, plus méfiant pour Spielberg. "Il faudra voir mais si ça reste sec ici, c'est sûr que ce sera un premier test. C'est un circuit crucial pour ça : si la pression monte, ça ne s'arrête pas ; si on passe en dessous, on a une pénalité, donc on verra."

Si Miguel Oliveira estime qu'il n'y aura "pas de problème" au Red Bull Ring, Pecco Bagnaia se range du côté de son ancien coéquipier, allant jusqu'à affirmer que la situation n'était pas si simple à gérer en Grande-Bretagne. "Je pense que pour la première course, tout le monde a gardé un peu de marge et, sincèrement, c'était déjà difficile à Silverstone alors qu'il faisait froid", a souligné le leader du championnat. "On verra ce week-end, apparemment on aura 30°C dimanche. Ça ne sera pas facile pour notre team. Mais ils nous laissent la saison pour nous adapter à cette règle. J'espère vraiment être dans la limite."

Des solutions pour suivre la situation

Les équipes ont déjà pris les devants pour essayer de contrôler au mieux la situation. Le règlement impose de respecter la pression minimale durant 30% des tours de la course sprint et 50% pour l'épreuve du dimanche et chez Aprilia, un système a été mis en place pour faciliter la vie des pilotes. En début de course, le tableau de bord indique le nombre de tours que le pilote devra effectuer au dessus de la limite et ce chiffre descend après chaque boucle validée dans le cadre règlementaire, sous la forme d'un compte à rebours.

"Quand ça disparaît, tu es assez sûr d'être dans [la limite]", a expliqué Maverick Viñales, qui pourra ainsi tenter d'influer sur la pression de son pneu en cas de besoin... sauf s'il est trop tard : "Si à quatre tours de l'arrivée, on a 'six tours' [sur le tableau de bord], on sait qu'on est en dehors [de la limite]."

Maverick Vinales, Aprilia Racing Team

Maverick Viñales

Viñales ne veut cependant pas s'encombrer de cette problématique en course : "Je ne vérifie même pas. Si je suis hors [de la limite], c'est de la faute de mon technicien, pas la mienne. Je ne regarde même pas, je m'en fiche. Ce que je veux, c'est que la moto soit performante donc je lui ai dit 'sincèrement, je m'en fiche, rends la moto performante et si on est hors [de la limite]...' Il ne faut pas que ce soit notre mentalité. On veut gagner des courses, je n'y pense même pas. À Silverstone, je n'avais même pas le temps de regarder le tableau de bord, avec la pluie et tout ce qu'il se passait."

Comme beaucoup de ses compères sur la grille, Viñales n'aime pas rouler avec une pression trop élevée mais sait qu'il doit apprendre à composer avec cette nouvelle variable : "Sincèrement, c'est bizarre mais c'est beaucoup mieux pour freiner quand on est sous [la pression imposée] à 1,8 ou 1,9. Si on passe au-dessus, on perd de la performance, on a des blocages. Mais c'est comme ça pour tout le monde donc on doit bien comprendre le jeu et le jouer de la meilleure façon. À Silverstone, on était parfaits. Il faisait plus frais donc c'était plus facile à contrôler, mais mes techniciens ont fait un 'braquage à l'italienne' pour qu'on soit dans la fenêtre et que ce soit tout le temps faible." 

Du côté de Michelin, on se félicite justement qu'aucun pilote n'ait été en infraction au GP de Grande-Bretagne, même s'il faut encore attendre la fin des courses pour connaître les données avec certitude, la transmission des données en temps réel devant encore être peaufinée pour être utilisée par la direction de course.

"Nous avons réalisé un test pour le contrôle par échantillons [à Silverstone] et je dois dire que ça s'est bien passé : non seulement tout le monde a respecté les pressions, mais la transmission des valeurs à la direction de course a également très bien fonctionné", s'est félicité Taramasso. "Maintenant, nous allons refaire la même chose en Autriche, mais je crois que nous arriverons à faire fonctionner à 100% le système automatique cette saison. Et même prochainement, je pense."

Avec Matteo Nugnes et Léna Buffa

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