Le souci de Yamaha sur piste séchante reste sans réponse

L'ensemble des pilotes Yamaha constate les mêmes difficultés que Fabio Quartararo quand un circuit commence à s'assécher, avec une perte d'adhérence et de performance malgré des conditions en amélioration.

Le souci de Yamaha sur piste séchante reste sans réponse

La Yamaha a permis a Fabio Quartararo de décrocher le titre mondial mais la machine japonaise conserve plusieurs faiblesses. La M1 souffre d'un manque de puissance, faiblesse historique, et les dernières courses ont mis en avant des difficultés persistantes sur piste humide. Plus précisément, les pilotes de la marque éprouvent des difficultés quand un circuit s'assèche après une averse. Ainsi, dans les essais du GP d'Émilie-Romagne, Quartararo apparaissait dans le top 10 quand il pleuvait mais ne parvenait plus à faire d'aussi bons chronos quand l'averse cessait et que les conditions s'amélioraient.

Le Niçois n'a pas été le seul confronté à cette situation atypique puisque son coéquipier Franco Morbidelli a connu le même problème. Cinquième dans des EL1 sur une piste très humide, il a été plus à la peine dans les séances disputées dans des conditions intermédiaires, même s'il a pu entrer directement en Q2 et assurer la sixième place sur la grille. "Mes sensations sont vraiment similaires [à celles de Quartararo], on a clairement du mal dans les conditions mixtes", a confié la recrue de l'équipe officielle. "Et aussi, quand il y a un peu d'eau sur le sol et qu'une trajectoire sèche se dessine, on a vraiment du mal." 

"Mais on est bien obligé de prendre la trajectoire sèche pour signer un meilleur temps", a ajouté Morbidelli. "Sauf que le temps n'est pas tellement plus rapide. Il faut prendre la trajectoire sèche parce que ça vous permet d'être plus rapide, mais les sensations sont vraiment mauvaises alors que tout le monde est capable de bénéficier un bon gain d'adhérence en prenant les trajectoires sèches."

Au lieu de bénéficier de ce gain d'adhérence logique dans des conditions en progrès, les pilotes Yamaha sentent moins de grip. Le vice-Champion du monde 2020 a précisé que le problème n'est pas lié à l'avant ou à l'arrière de la machine : "C'est un peu des deux. On a du mal avec les deux pneus, on commence à avoir du mal avec l'ensemble du package." 

"La difficulté arrive quand la piste est sur le point de sécher, quand une trajectoire sèche se dessine", a détaillé celui qui est passé en cours de saison de la Yamaha de 2019 à celle de 2021. "Pour nous, au lieu d'augmenter, le grip diminue et on n'arrive plus à être rapides et incisifs, à exploiter les points forts de la moto. Voilà la situation. Mon ancienne moto me donnait aussi ces sensations-là. Il faut qu'on essaye de bien travailler et de bien comprendre quoi faire pour progresser dans ces conditions. C'est dommage, parce que ce ne sont pas des conditions qu'on rencontre souvent, mais il faudra qu'on essaye d'être prêts la prochaine fois qu'on les aura."

Morbidelli et Viñales sentent une différence avec d'autres machines

L'ancienne moto à laquelle Morbidelli fait référence est le modèle 2019, qui a depuis été confié à Andrea Dovizioso, récente recrue du team Petronas. Le pilote italien peut faire la comparaison avec la Ducati qu'il a pilotée durant huit saisons et perçoit le même problème dans des conditions mixtes, insoluble en travaillant sur les réglages. "Je pense que ça arrive plus depuis trois ans", a analysé Dovizioso. "Pour un pilote comme moi, c'est très clair. Je pense que ça l'est aussi pour les autres pilotes, mais venant d'une autre machine, c'est un peu plus facile de comprendre dans quels domaines la moto fonctionne ou pas."

"Donc c'est très clair mais je ne pense pas que ce soit une chose que l'on puisse corriger avec un équilibre ou des réglages différents, alors il est important de leur donner des informations claires et exactes dans ces conditions. Et de leur donner plus de temps pour apporter quelque chose, parce qu'à chaque fois qu'on essaie de progresser sur ce genre de choses, personne n'a de solution, de solution claire."

"C'est très difficile d'essayer différentes pièces par rapport à nos limites et de corriger ça sans créer un nouveau problème", a ajouté Dovizioso après avoir été interrogé sur la possibilité de corriger ce problème l'an prochain. "C'est ce qui est difficile sur les motos, donc je pense qu'on est dans les temps mais il faut bien savoir ce qui est important à faire."

Autre pilote à même de faire une comparaison avec une autre moto, Maverick Viñales a confirmé les difficultés de la M1 dans des conditions mixtes mais contrairement à Morbidelli, elle se concentraient surtout sur l'arrière, selon lui. "Je dois dire que la Yamaha était très compliquée dans ces conditions, parce qu'on a pas de sensations avec le pneu arrière", a précisé celui qui a gagné le GP du Qatar avec cette machine et pilote désormais une Aprilia. "On peut partir en highside à tout moment. On n'a pas de confiance. Je sentais que c'était vraiment critique en roulant sur des parties humides. Ça complique encore plus les choses."

"Mais toutes les motos sont différentes. Dans mes deux dernières années chez Yamaha, on a beaucoup progressé sur ces sensations et j'étais toujours devant sous la pluie ou dans des conditions mitigées. Mais il faut beaucoup de courage. On ne peut pas dire que c'est bon, il faut beaucoup pousser pour faire fonctionner le pneu."

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Avec Léna Buffa

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