Quartararo méfiant pour 2022 : "Plus de Ducati, plus de problèmes"

Les performances de Ducati et la multiplication des motos italiennes sont un motif d'inquiétude pour Fabio Quartararo. Johan Zarco mise sur le potentiel "énorme" de la Desmosedici pour faire chuter le Champion en titre.

Quartararo méfiant pour 2022 : "Plus de Ducati, plus de problèmes"

Le titre 2021 est revenu à Fabio Quartararo alors qu'il restait encore deux Grands Prix à disputer mais c'est bien Ducati qui a fait forte impression en fin de saison. Pecco Bagnaia, nouvel homme fort de la firme italienne, a remporté quatre des six dernières courses disputées, tandis que Jack Miller et les pilotes Pramac, Johann Zarco et Jorge Martín, ont eux aussi brillé au cours de l'année.

Historiquement redoutée pour sa puissance, la Desmosedici impressionne désormais à tous les niveaux. Quartararo estime ainsi que la marque a fait "d'énormes progrès" et Joan Mir ne voit même "aucune faiblesse" chez les Rouges. Cet avantage pourrait être démultiplié en 2022, d'une part parce que Bagnaia a déjà estimé que Ducati avait "amélioré une moto parfaite" grâce aux évolutions apparues au test de Jerez destiné à préparer la saison à venir, de l'autre parce que le constructeur pourra compter sur une armada de huit motos, soit le tiers du plateau.

Seulement cinq de ces Ducati seront de dernière génération, celles de l'équipe officielle, du team Pramac et de Luca Marini chez VR46, les autres pilotes, dont ceux de Gresini, héritant du modèle 2021. Mais Enea Bastianini a prouvé qu'il était possible de briller avec une Ducati en théorie obsolète, avec de spectaculaires remontées jusqu'au podium dans les deux courses de Misano, au guidon d'une machine version 2019 alors engagée par Avintia.

Au GP d'Émilie-Romagne, le dernier dépassement effectué par Bastianini l'a été sur Quartararo, titré ce jour-là. Il n'en fallait pas plus pour que le Niçois se méfie de la montée en puissance de Ducati et  il craint en particulier la généralisation du train rouge vu à Valence, en conclusion de la saison, et qui a permis à la marque de décrocher un triplé historique, en qualifications (comme au GP d'Émilie-Romagne) puis en course. "Plus de Ducati, plus de problèmes, je dirais, parce qu'elles sont super dures à dépasser pour nous", déplorait le pilote Yamaha dès la fin des qualifications.

"Et puis, ils semblent avoir réalisé d'énormes progrès sur leur moto, pas uniquement sur le moteur. Quand on voit l'avance qu'ils prennent sur un tour, en course…" observait le Français. "Tous les pilotes ont fait d'énormes progrès et Ducati aussi, alors il faut également qu'on progresse parce qu'on est beaucoup trop loin."

Zarco mise sur des Ducati en nombre face à Quartararo

Le Champion du monde en titre a-t-il raison de se méfier de Ducati ? "Espérons !" prévient Johann Zarco, lui-même membre de ce clan et déterminé à aider le constructeur à faire main basse sur tous les titres, seul celui remporté par Quartararo lui ayant échappé en 2021. Meilleur indépendant sur le dernier exercice, le membre du team Pramac compte sur les forces multiples de Ducati, une moto redoutable et représentée en nombre par des pilotes talentueux, pour mener la vie dure à un Quartararo qui pourrait se retrouver plus esseulé que jamais.

"C'est le but de Ducati. Je le répète : la moto a un énorme potentiel. Là où Fabio a été très fort cette année, c'est que quand ses coéquipiers, les pilotes qui avaient la même moto, ont commencé à avoir des déboires, il ne s'est pas posé de question, ne s'est pas dit 'peut-être que la moto commence à être moins bonne ou les autres meilleures'. Il a fait abstraction de ça, il a continué à gagner des courses et à être sur les podiums, et il a chopé son titre. Sur cet aspect-là, il a été très fort. Je pense qu'il aura la capacité de le faire l'an prochain."

Johann Zarco, Pramac Racing

"Tout le monde va évoluer, on repart à zéro. Mais l'idée, c'est que moi, déjà, je sois en mesure de me battre pour le titre. Bagnaia pareil, Miller va y être, Martín gagne encore en expérience mais il a une vitesse de folie. Normalement, on aura toujours un avantage moteur. [La] stratégie, [de Quartararo] c'est de devoir [bien] partir. Quand il se retrouve en lutte avec nous, l'effet du moteur, selon les circuits, donne un bel avantage quand on sait s'en servir. On verra, mais c'est le but. C'est pour ça que Ducati met pas mal de motos."

La machine italienne est en effet redoutable mais pas parfaite. Aleix Espargaró fait écho aux "déboires" évoqués par Johann Zarco, restant surpris que Ducati n'ait placé que Pecco Bagnaia sur le podium du championnat 2021 malgré une moto qui semblait au-dessus du lot. "Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ils n'ont pas fait un triplé au championnat", a déclaré le pilote catalan. "C'est la vraie question à leur poser parce que concernant la moto, c'est clair [qu'ils ont l'avantage]."

Aleix Espargaró s'inquiète que Ducati parvienne à trouver la constance nécessaire sur l'ensemble de la saison 2022. Resté à distance de l'affrontement entre Fabio Quartararo et les différents pilotes du constructeur au cours de la dernière saison, il redoute lui aussi la multiplication des motos de Borgo Panigale.

"Vous, les journalistes, vous suivez le championnat, vous le savez à la perfection : vous pouvez voir les motos et leur potentiel. C'est très dur de nous battre avec eux. Avant, ils avaient juste beaucoup de puissance, mais maintenant ils ont beaucoup de puissance, une moto qui tourne, ils ont une très bonne stabilité, ils ont le grip donc c'est sincèrement très dur de se battre avec eux. Mais c'est le MotoGP, il faut se battre avec les meilleures marques, avec les meilleures motos du monde et ça sera encore le cas l'an prochain."

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Avec Léna Buffa

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