Le retour de Puig était essentiel pour Márquez et Espargaró

Marc Márquez et Pol Espargaró se réjouissent du retour d'Alberto Puig dans le box de Honda, après une absence de deux courses pour raisons médicales. Rouage essentiel de l'équipe officielle, l'ancien pilote est "l'une des raisons" qui ont poussé Márquez à s'engager dans la durée.

Le retour de Puig était essentiel pour Márquez et Espargaró

Alberto Puig a dû manquer deux courses, à Portimão puis à Jerez, pour raisons médicales. Ces deux courses étaient également celles qui marquaient le retour de Marc Márquez à la compétition, après une convalescence longue de neuf mois, et l'Espagnol a ressenti les effets de l'absence de l'emblématique patron du team Repsol Honda, de retour dans le paddock du MotoGP au Grand Prix de France.

Márquez voit en Puig le chef d'orchestre idéal pour la marque, grâce à sa capacité à faire travailler en harmonie une équipe de course à dominante européenne et des ingénieurs japonais, mais il s'appuie aussi sur l'expérience de pilote du manager, apte à comprendre les besoins du #93 pour tirer toute la quintessence de la RC213V.

"Il est certain que l'on a chacun notre équipe et notre chef mécanicien, qui dans mon cas est Santi [Hernández], et nous travaillons très bien ensemble et j'en suis très heureux", explique Márquez. "Ensuite, il y a toujours un manager ou un assistant qui vous aide plus du côté personnel. Et il y a le directeur d'équipe, et bien entendu, les ingénieurs japonais. Le directeur d'équipe doit trouver une façon pour que la communication entre le staff japonais, l'équipe et les pilotes se déroule bien. Un bon team manager doit aussi être au cœur des stratégies."

Lire aussi :

"Alberto Puig a été pilote MotoGP et je ne vais pas dire que l'un ou l'autre est mieux ou pire, mais Alberto est l'une des raisons pour lesquelles j'ai signé un contrat de quatre ans avec Honda, par exemple. C'est une personne vraiment très importante dans le team et bien entendu, sa présence en piste est bien meilleure pour que tout soit sous contrôle. Cela ne change peut-être pas le résultat, mais à l'intérieur du box, tout est plus sous contrôle et pour les meetings difficiles, c'est lui, la personne qui parle honnêtement aux pilotes et aux ingénieurs : c'est très important dans le team."

Pol Espargaró, arrivé dans l'équipe cette année, juge également l'apport d'Alberto Puig essentiel et tout particulièrement son passé de pilote, un élément qui lui permet de faire l'interface entre le pilote et les ingénieurs, majoritairement japonais. Espargaró a parfois l'impression de ne pas parler le même langage que les techniciens, et il ne parle pas que de la barrière de la langue mais plutôt de l'approche de la course, naturellement plus instinctive pour un pilote et plus méthodiques pour des ingénieurs.

"Il ne s’agit pas d’un problème de communication entre les Japonais et moi", précise le Catalan. "Je veux dire, bien sûr, la culture japonaise est très différente de l’européenne et il m’est certainement plus difficile d’expliquer mes problèmes à un Japonais qu’à Alberto. Je pense que c’est plus une question de relation. Pour moi, Alberto est très important dans l’équipe parce que c’est quelqu’un qui a d'abord été pilote, donc il comprend toujours nos impressions, même si les choses ne vont pas bien. Parfois, les techniciens voient tout en chiffres, et vous en êtes un sur une moto pleine de chiffres. Et c'est très rigide."

Lire aussi :

"Donc avec Alberto, quand je parle avec lui, tout devient plus humain. Je ne sais pas si je l'explique bien mais quand je lui parle, j’ai le sentiment qu'il comprend mes problèmes à un autre niveau, que je peux lui expliquer et qu'il traduit à l’ensemble de l’équipe japonaise car il les connaît mieux que moi. Donc pour moi, le retour d'Alberto est plus qu'important. Je pense que c’est crucial. Je parle énormément avec Alberto. Il me comprend très bien, je suis super ouvert avec lui et c’est important pour moi qu’Alberto soit là."

Le regard de pilote d'Alberto Puig permet aussi de présenter les informations plus clairement à Pol Espargaró. Plus que lui communiquer les données brutes des nombreux capteurs, le manager peut le conseiller finement dans son pilotage : "Il ne s'agit pas d'analyser les données", confirme le #44. "Les Japonais, ceux qui s'occupent de l'électronique ou les techniciens, ils voient les données et ils voient : 'OK, Marc freine plus tard que toi, ou accélère mieux que toi', et ils te le disent comme ça. Mais la façon d’analyser ces données[par Puig] me réduit la tâche. Il regarde les données et essaie de comprendre pourquoi Marc accélère mieux que moi, par exemple : 'OK, Pol, ta trajectoire n'est pas la bonne', ou peut-être 'Tu ouvres les gaz un peu plus tôt' ou 'Il se redresse un peu plus tôt' ou 'Cet endroit est important pour faire ce genre de chose avec la Honda'."

"Et quand j'ai un problème, je peux lui expliquer le problème ou pendant que je parle à Ramon [Aurín, son chef mécanicien], par exemple, il écoute toujours et peut me dire 'OK mec, essaie de faire ce truc, pourquoi tu ne fais pas ça ?' Et avec ces choses qui viennent d’un pilote à un autre, il est beaucoup plus facile de se comprendre et de faire mieux, au lieu de voir des données et de perdre beaucoup de temps. C'est beaucoup plus efficace, disons-le comme ça."

Avec Guillaume Navarro et Chloé Millois  

partages
commentaires

Related video

Le championnat qui a interdit les numéros personnalisés
Article précédent

Le championnat qui a interdit les numéros personnalisés

Article suivant

Rossi regrette de ne plus inspecter les pistes le jeudi

Rossi regrette de ne plus inspecter les pistes le jeudi
Charger les commentaires