Les rivaux de Zarco le croient capable de gérer la pression en France

De l’avis de ses expérimentés rivaux de piste, Johann Zarco dispose des atouts en main pour gérer la pression relative au fait de se produire à domicile et de courir après son premier succès en MotoGP.

Les rivaux de Zarco le croient capable de gérer la pression en France
Polesitter Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3, second place Marc Marquez, Repsol Honda Team, third place Danilo Petrucci, Pramac Racing
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Le poleman Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Danilo Petrucci, Pramac Racing
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3
Andrea Dovizioso, Ducati Team
Andrea Dovizioso, Ducati Team

Pour la première fois en 30 ans, un Français prendra dimanche après-midi le départ du GP national depuis la pole position en catégorie reine. Soumis à une grande pression depuis le début du week-end en raison des attentes élevées à son sujet, Johann Zarco a pour l’heure ravi ses supporters et a l’intention de tout faire pour achever la course dans la même position que celle du départ.

"Je pense qu’il a déjà de l’expérience de ça [la pression], avec le Moto2", constate le Champion en titre Marc Márquez, second sur la grille de départ et souvent pris en exemple par Zarco. "Il est resté un an de plus là-bas et y a défendu un titre mondial. Il l’a fait avec succès et a suffisamment d’expérience. Quand je suis en Espagne, il y a beaucoup de pilotes, mais lui il est le seul Français au sommet et il y a beaucoup d’attente autour de lui. Mais il peut le gérer comme il faut", poursuit-il, avant de se tourner vers le Français en conférence de presse. "J’espère juste que pas trop ! Tu as besoin de pression [rires] !"

Pour Danilo Petrucci, troisième sur la grille, le constat initial est que toute course dont le départ est pris de la pole position représente une manche sur laquelle les attentes viennent forcément travailler la tête du pilote qui s’y trouve. Mais comme Márquez, l’Italien est convaincu que Zarco est capable d’utiliser la motivation de ce Grand Prix de France comme une source de performance plus que de pression.

La France a besoin d’un pilote de premier plan depuis de nombreuses années

Danilo Petrucci

"Je ne voudrais pas être à sa place quand il va dormir et penser au lendemain, mais comme l’a dit Marc, Johann n’a pas besoin d’explications : il est double Champion et se bat pour le championnat cette année ; c’est assez normal", estimait-il samedi. "La France a besoin d’un pilote de premier plan depuis de nombreuses années et c’est super. J’espère aussi que de la pression apparaîtra sur son visage ce dimanche mais Johann est un super pilote et il n’aura pas beaucoup de pression ; surtout de la motivation supplémentaire ! En vérité, tout le monde est sous pression et quand on allume la moto, on oublie tout et c'est une grande fierté que de prendre le départ de son GP national depuis la pole."

Le principal intéressé entend en tous les cas la question des dizaines de fois par jour depuis son arrivée au Mans. Déjà très observé la saison dernière, le #5 gère de plus en plus de sollicitations depuis le début de cette saison, au point d’admettre cette année au Qatar qu’un peu de fébrilité pouvait le parcourir en sentant à quel point le monde du MotoGP le considère, dès sa seconde saison au sommet, comme un candidat au titre mondial. Depuis, Zarco s’est fait à l’idée et apprécie ce statut d’outsider qui monde, au point de ne jamais éviter la prise des commandes d’une course.

"Je pense que cette pression l'aide", juge Andrea Dovizioso, qui en sait quelque chose concernant la pression émergeant soudain sur un pilote, depuis qu'il a dû gérer son duel contre Márquez au fil du championnat 2017. "Je ne sais pas grand-chose sur lui mais je pense que ce genre de pression l'aide à utiliser son meilleur potentiel. C'est pour ça que je pense que dimanche, il peut vraiment se battre avec moi, Marc, peut-être d'autres pilotes pour la victoire, jusqu'au bout. Pour moi, la prochaine manche, au Mugello, je vais avoir de la pression, mais pas une mauvaise pression. C'est le genre de pression comme celle l'an dernier où je me battais pour le championnat : j'aime cette pression, je me sens à ma place. Je ne sens pas que je dois faire un résultat parce que c'est ma seule chance. Je ne vis pas cette situation bizarrement, c'est stressant pour tout le monde, c'est normal. La plupart du temps, il y a une possibilité d'utiliser la pression de manière positive. C'est important d'essayer de faire ça."

Quant au Français, auteur de la pole position, il voit lui aussi cela comme une manière de se transcender et aller chercher un petit quelque chose de magique dans sa botte, comme en qualifications.

"L'année dernière, j'ai un peu découvert ces sensations car beaucoup de gens demandaient des photos et des autographes, et cette année, encore plus. Je me disais que l'an dernier tout s'est bien passé, c'était bien. Cette année, j'ai essayé de garder le même état d'esprit, de rester relax sur la moto : c'est ce qui fonctionne le mieux, globalement. Dans l'équipe, les gens gèrent la presse, ils m'ont fait un bon emploi du temps. Parfois, on sent que ça devient un peu trop mais quand on commence à le sentir, c'est en général terminé et on peut retourner dans la chambre ou dans l'hospitalité et dîner. Je suis content que l'on ait tout sous contrôle, et je pense juste que ce qui arrive maintenant n'arrive pas tous les jours, donc ça serait dommage de le prendre comme une énergie négative, c'est totalement l'inverse. Je ne vais pas vivre ça tous les jours, il faut garder ça en tête !"

Moralité, la pression amène-t-elle quelques dixièmes de plus en piste ? "Sans doute !" s’amuse Zarco. "En tout cas je suis à chaque fois surpris de cette énergie que ça peut apporter. Je fais en sorte de me concentrer et d'être dans ma bulle au moment où je pars sur ma moto, quel que soit l'endroit où je suis, et finalement me concentrer à faire mon travail. Après il y a l'extra qui vient grâce à eux…"

Avec Michaël Duforest 

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