Rossi : Des consignes d'équipe ? "Ça dépend beaucoup du championnat"

Le pilote Yamaha suggère qu'il ne s'attend pas à devoir aider son coéquipier dans la course au titre, sauf si la situation se resserre fortement avant la finale.

À un mois jour pour jour de la finale du championnat, et alors qu'il reste quatre courses à disputer et 100 points à attribuer, Honda, Ducati et Yamaha conservent un pilote principalement impliqué dans la course au titre, et un autre possiblement en mesure de venir jouer les trouble-fêtes.

Valentino Rossi pense-t-il que lui et ses comparses Dani Pedrosa et Jorge Lorenzo peuvent peser dans cette bagarre en jouant la gagne en course ? "Lorenzo a été très fort dans les dernières courses, tout comme Pedrosa et j'espère que moi aussi je serai dans le coup. Tout peut arriver et nous aussi nous serons importants pour essayer d'ôter des points à l'un ou l'autre, mais naturellement chacun fera sa course et essaiera d'arriver devant", promet l'Italien.

Pourtant, alors que se réduisent les options pour chacune des marques engagées, il ne serait pas surprenant que les pilotes les moins bien classés de ces trois constructeurs se voient intimer l'ordre de revoir leurs ambitions à la baisse pour faire le jeu de leur équipe. "À mon avis c'est difficile", tempère Rossi, "mais il faudra voir comment se comporteront Yamaha, Honda et Ducati, et s'ils demanderont à moi, Lorenzo ou Pedrosa d'aider le chef d'équipe."

Et que fera le Docteur si la consigne lui est donnée ? "Il faut voir selon les situations", répond-il prudemment. "Généralement, Yamaha laisse tout ouvert, d'un côté comme de l'autre", rappelle-t-il, se remémorant même avec un certain plaisir avoir bataillé en 2010 contre Jorge Lorenzo, son coéquipier de l'époque, alors que l'Espagnol jouait le titre. La configuration était alors très différente sachant que Dani Pedrosa, rival du Majorquin, avait vu ses espoirs s'envoler en se blessant au début de la tournée aux antipodes.

"Généralement Yamaha ne fait pas cela, mais cela dépend beaucoup du championnat", souligne Valentino Rossi. "Si jamais c'est très, très serré, peut-être que c'est possible. C'est très intéressant parce que les trois constructeurs ont un second pilote rapide et qui peut peut-être aider le premier pilote au championnat. On verra."

Des débuts de course trop timides ?

Des trois prétendants au titre qui se sont démarqués ces dernières semaines, Maverick Viñales est le moins bien placé, lui qui accuse 28 points de retard sur Márquez et 12 sur Dovizioso. Le pilote au numéro 25 n'a plus gagné depuis le GP de France, en mai, et n'a même signé que trois podiums depuis cette date. Plus surprenant encore, on ne l'a plus vu boucler un tour en tête depuis le GP d'Italie, début juin. "Maverick semble un peu plus en difficulté dans les premiers tours de course, puis il est plus rapide à la fin. Il fait donc souvent des remontées", observe Valentino Rossi.

Pourtant, l'Espagnol se défend de manquer de hargne en début de course et rappelle que sa performance dans les premiers tours a parfois pu être impactée par la gestion des pneus. "À Silverstone, par exemple, j'ai commencé la course en sachant que j'avais du grip avec le pneu soft et j'ai juste décidé d'en économiser un peu pour la fin. Cela dépend beaucoup de la course, parfois il faut attaquer dès le début, parfois on peut économiser un peu de gomme pour se battre jusqu'au bout", explique-t-il.

"Je pense qu'en Aragón cela venait de la décision sur les pneus, parce que dans les premiers tours en particulier, je ne me suis pas senti bien, en n'ayant pas de grip dans le pneu. Tour après tour j'ai amélioré mes trajectoires et j'ai essayé de m'adapter aux pneus, c'est pourquoi j'ai progressé à la fin", précise l'Espagnol, qui regrette un changement de dernière minute. "J'ai eu beaucoup de mal, surtout en course. On a fait le mauvais choix de pneu. On était plutôt contents de ce qu'on avait, mais on a changé d'idée à la dernière minute et je crois que ça n'était pas la bonne."

S'il met sa quatrième place sur le compte d'une mauvaise stratégie, Viñales sait aussi pertinemment que la Yamaha doit progresser pour tenir tête à la Honda et à la Ducati, qui font preuve cette année d'une meilleure régularité et d'une capacité d'adaptation aux différentes circonstances que la YZR-M1 peut envier.

Il n'empêche que le mois d'octobre met en jeu 75 points et qu'un triptyque réussi pourra faire perdurer les espoirs du jeune pilote. "Tous les ans, j'ai été assez fort pendant l'outre-mer et je pense que cette année aussi [ce sera le cas]. Pendant les essais je me suis bien senti en Australie, en Malaisie aussi, alors j'ai plus de points positifs en Australie et en Malaisie, mais on verra. Je pense que notre moto peut bien fonctionner sur ces trois courses."

"Ce sont trois pistes sur lesquelles la Yamaha est généralement plutôt rapide, alors je m'attends à ce qu'il soit compétitif", conclut Valentino Rossi.

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