Doohan : Le MotoGP se relèvera du départ de Rossi

Mick Doohan est convaincu que la retraite de Valentino Rossi ne nuira pas au MotoGP malgré les très nombreux supporters présents pour lui. Comme Kevin Schwantz, il s'attend à ce que le natif de Tavullia reste une figure des circuits.

Doohan : Le MotoGP se relèvera du départ de Rossi

Ce week-end au Grand Prix d'Émilie-Romagne, Valentino Rossi disputera sa dernière course dans son pays et devant un public quasi-intégralement acquis à sa cause. À l'image de la précédente visite du MotoGP à Misano au mois de septembre, les tribunes devraient être garnies de casquettes jaunes et de supporters italiens venus en masse pour soutenir une ultime fois leur idole, qui s'apprête à mettre fin à sa carrière dans un mois.

Présent dans la catégorie reine depuis l'an 2000 et unique pilote ayant participé à toutes les saisons de l'ère MotoGP, Rossi a une place à part et de nombreux passionnés n'ont pas connu la compétition sur deux roues sans lui. Huit pilotes actuellement impliqués en MotoGP n'étaient même pas nés quand il a fait ses débuts en Championnat du monde en 1996, dont les deux premiers Fabio Quartararo et Pecco Bagnaia, ainsi que le Champion en titre Joan Mir.

Mick Doohan est néanmoins convaincu que le MotoGP saura se relever de l'absence de Rossi sur les grilles de départ. "Le championnat est toujours plus grand qu'un individu", a déclaré le quintuple Champion des 500cc dans le podcast In The Fast Lane. "Quand quelqu'un s'arrête, il y a toujours un nouveau, malheureusement ou heureusement. On l'a vu dans d'autres sports. Quelqu'un part, on se dit 'ça ne sera plus jamais la même chose', mais ce n'est pas vrai. Il y a toujours quelqu'un à suivre."

"Il a été là longtemps, deux décennies en MotoGP et les autres catégories précédemment", a rappelé Doohan. "Il donnait beaucoup de bonheur aux gens quand il gagnait donc certains allumaient leur téléviseur juste pour voir Valentino, où qu'ils soient. Mais maintenant, on peut se dire qu'on va juste regarder une bonne course. Je comprends les deux points de vue, mais le championnat va continuer, c'est comme ça."

Et même s'il ne sera plus pilote, Rossi restera très présent selon l'Australien : "Il va toujours traîner dans le paddock. Il aura trois équipes, en Moto3, Moto2 et MotoGP maintenant, donc je pense que si la presse veut vraiment lui parler, ça sera possible. Le championnat continue à avancer. Ça fait partie du jeu. On est remplaçable et quelqu'un prend le relais".

Autre figure des années 1990, Kevin Schwantz s'attend aussi à ce que Rossi reste une figure importante des Grands Prix malgré sa reconversion annoncée sur quatre roues. "Ça sera une grande perte quand il partira mais je pense qu'on verra l'influence de Valentino", a déclaré l'Américain au site officiel du MotoGP. "On la voit déjà. Depuis trois ou quatre ans, il est en Moto3 et Moto2 avec de jeunes pilotes de son Academy qui arrivent : Pecco [Bagnaia], Bastianini, ils font tous un bon travail et c'est bien à voir. Je pense que Valentino restera impliqué longtemps même s'il ne roulera pas le dimanche."

"Les supporters le verront toujours, je suis sûr qu'il continuera à venir sur les courses", a ajouté Schwantz. "Avec son équipe, il voudra être là tous les week-ends pour être sûr que ça fonctionne comme il le faut, que ses pilotes ont l'implication, qu'ils donnent les informations et font les efforts nécessaires. La seule différence sera qu'il n'y aura plus un #46 en piste le dimanche, mais il sera toujours dans le paddock et je suis sûr qu'on sentira sa présence."

Le départ d'une légende

Le Champion du monde 1993 a témoigné de son admiration envers Valentino Rossi, devenu une légende de la moto par son palmarès, avec neuf titres dont sept à l'échelon le plus élevé, mais aussi par la longévité de sa carrière, plus de deux décennies marquées par de multiples révolutions techniques.

"C'est une légende, il y a de nombreux fans et je m'inclus parmi eux", a souligné Schwantz, épaté par cette réussite hors normes : "Il a fait énormément pour le championnat, 26 saisons dans le paddock des Grands Prix maintenant. Comment a-t-il pu rester en forme ? Il s'est passé tellement de choses tous les week-ends, année après année, des 125cc aux 250cc, le 500cc, le MotoGP, des 800cc, 990cc. Il a compris comment les piloter du mieux possible, quoi que ce soit, et comment gagner des championnats."

Rossi a cependant connu moins de réussite cette année, avec seulement deux arrivées dans le top 10, au Mugello puis sous la pluie de Spielberg. Lors du dernier rendez-vous à Austin, son demi-frère Luca Marini est passé devant lui au championnat, ce qui signifie que le vétéran du plateau ne devance plus que Lorenzo Savadori, qui n'a pas disputé l'intégralité de la saison, et les pilotes engagés en wild-card ou remplaçants. "Est-il resté trop longtemps ?", s'est interrogé Doohan. "C'est à lui de répondre, s'il prend du plaisir."

Rossi va maintenant devoir s'adapter à sa nouvelle vie, qui passera quoiqu'il arrive par les circuits, dans des compétitions automobiles et dans la gestion de VR46 dans les différentes catégories. Après sa retraite au début de la saison 1995, Schwantz s'est lui aussi reconverti sur quatre roues, notamment dans la deuxième division de la NASCAR, préférant rester éloigné des pistes visitées par la moto : "Quand j'ai arrêté, je ne voulais plus aucun lien avec la moto. Pendant cinq ans, je ne voulais plus rien lire sur la moto, je ne lisais pas de magazines, avant internet. Je voulais faire autre chose. Je me concentrais sur les voitures."

"[Rossi] va peut-être trouver un défi sur quatre roues et mettre les deux roues de côté pour se concentrer sur ça. J'ai fait ça parce que j'avais l'impression de m'être arrêté un peu tôt dans ma carrière et que si j'étais tenté par l'idée d'être sur les pistes [européennes], je me disais que je pourrais avoir la tentation de remonter sur une moto. Physiquement, je savais qu'il ne fallait pas le faire."

Lire aussi :

partages
commentaires

Related video

Dovizioso surpris de ne pas avoir de "grosse limite physique"
Article précédent

Dovizioso surpris de ne pas avoir de "grosse limite physique"

Article suivant

PCR falsifié : Avintia se sépare du mécanicien fautif

PCR falsifié : Avintia se sépare du mécanicien fautif
Charger les commentaires