Rossi épargné par l'arm-pump, Márquez peut-être pas

Le syndrome des loges fait des dégâts dans le paddock du Championnat du Monde, en pas seulement en MotoGP. Après Dani Pedrosa, qui a dû avoir recours à une opération de la dernière chance en avril, il y eut Pol Espargaró, Héctor Barberá, ou encore le pilote Moto2 Alex Rins, tous opérés pour se débarrasser de la gêne ressentie dans l'avant-bras droit.

Une série qui pourrait ne pas s'arrêter là, à en croire les confidences de certains pilotes, à l'image de Scott Redding qui, après avoir décroché dimanche le meilleur résultat de sa saison, indiquait : "Ma main s’est un peu engourdie après quinze tours et j’avais du mal à relâcher les freins en douceur."

Cette année, j'ai ressenti quelque chose sur certaines courses. Cela signifie que je ne pilote pas de la façon dont je le voudrais.

Marc Márquez

Marc Márquez lui-même reconnaît avoir eu des signes avant-coureurs cette année, ce qui lui permet d'expliquer en partie l'apparition de l'arm-pump par le style de pilotage : "L'année dernière je n'ai jamais eu aucun problème, rien du tout, aucune sensation. En revanche cette année, j'ai ressenti quelque chose sur certaines courses. Cela signifie que je ne pilote pas de la façon dont je le voudrais. Quand tu es rigide sur la moto, alors ce problème arrive."

"Le niveau est désormais très élevé. Les motos permettent d'aller vraiment vite et on attaque beaucoup, pas seulement pendant un tour mais pendant toute la course, puisque les pneus sont très résistants. Du coup, on subit un stress permanent, pendant toute la course," détaille le pilote Repsol Honda. "Mais ça dépend aussi de comment tu pilotes la moto. (...) Je pense que c'est un petit peu tout : le style de pilotage, le façon dont tu peux piloter les motos aujourd'hui et aussi les circuits."

Valentino Rossi est épargné

Le syndrome des loges, plus communément appelé arm-pump dans le paddock MotoGP, est un mal provoqué par un muscle manquant d'espace dans la cavité dans laquelle il se trouve (la "loge"), dont la membrane n'est pas suffisamment développée. Le muscle s'en trouve atrophié, sous pression, d'où des douleurs, des engourdissements et un manque de forces ressentis lors d'un effort prolongé.

Ce phénomène surprend Valentino Rossi, qui n'a jamais connu cette gêne. "C'est curieux. Pour moi, il doit y avoir une explication technique à ce problème," suggère-t-il. "Il est certain que, ces dernières années, la pression opérée sur les avant-bras dans les phases de freinage a augmenté."

"Le pneu avant Bridgestone est fantastique, les freins sont toujours plus grands, et le frein moteur de la moto ainsi que le système seamless au freinage sont d'une grande aide pour arrêter la moto. Ce sont des forces techniques qui vont vers l'avant-bras. J'ai vu que beaucoup de monde avait ce problème et je pense que cela vient de là. Heureusement, je n'ai pas de problème," précise Valentino Rossi.

Cela n'avait aucun sens pour moi de courir alors que je ne pouvais pas agripper le guidon.

Dani Pedrosa

Les pilotes sont généralement débarrassés de l'arm-pump par une opération classique, consistant à entailler la membrane pour libérer le muscle de la pression qu'il subit. Mais cela n'a pas été suffisant pour Dani Pedrosa, opéré l'an dernier sans succès et contraint de subir une intervention plus agressive en début de saison. L'Espagnol savait qu'il s'agissait de l'unique solution pouvant lui éviter un retrait définitif de la compétition.

"Je savais que, si mon bras n'allait pas mieux, cela n'avait aucun sens pour moi de courir alors que je ne pouvais pas agripper le guidon et me concentrer sur le pilotage en ayant du mal à contrôler la moto," explique-t-il. "C'est la raison pour laquelle je me suis arrêté. Je savais qu'il serait difficile de continuer ainsi et j'avais besoin d'avoir les idées claires pour mon avenir en course."

 

A propos de cet article
Séries MotoGP
Pilotes Valentino Rossi , Marc Márquez
Équipes Yamaha Factory Racing , Repsol Honda Team
Type d'article Actualités
Tags arm-pump, blessure, marc marquez, motogp, syndrome des loges, valentino rossi