Rossi : Márquez ? Rapide, mais aussi malin lors des essais libres

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Rossi : Márquez ? Rapide, mais aussi malin lors des essais libres
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26 juin 2019 à 08:20

Le pilote italien a fait les frais lors des EL2 du GP de Catalogne d'une tactique de son rival, qui a pris sa roue en toute fin de séance pour tenter d'obtenir des informations sur comment progresser sur le circuit de Montmeló.

En Catalogne, Marc Márquez n'a certes pas signé la pole position, s'inclinant dans l'exercice des qualifications face à un brillant Fabio Quartararo, mais il a décroché une nouvelle victoire en imprimant un rythme de course phénoménal, qui lui a permis de tenir à distance ses rivaux. Il est vrai que le numéro 93 a bien été aidé par les nombreuses chutes derrière lui, ce qui lui a dès le deuxième tour donné une avance très confortable qu'il n'a ensuite eu qu'à gérer. Mais cela n'a pas toujours été le cas, et l'Espagnol a souvent dû lors des épreuves précédentes jouer de malice pour demeurer en tête.

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Ce fut le cas en France, où il a su faire la différence essentiellement dans les zones de freinage pour défendre sa position face à Jack Miller lors des premiers tours, ou bien au Mugello où il a su jouer à merveille du phénomène d'aspiration pour se maintenir dans le groupe de tête malgré un léger déficit de sa Honda dans la ligne droite principale. À Montmeló, l'astuce a surtout consisté à enfoncer le clou dans les courbes rapides, et plus précisément les troisième et quatrième virages, où les Ducati et Álex Rins manquaient dans le premier cas de vitesse, dans le second de stabilité à cause des pneus.

Analyse des adversaires

Pour faire la différence, Márquez met ainsi à profit les séances d'essais libres afin d'étudier ses adversaires. Les Ducati ayant été décevantes, en tout cas lors des deux premiers jours passés en Catalogne, l'Espagnol s'est ainsi focalisé sur les Yamaha et il a appliqué une tactique bien connue consistant à suivre un adversaire majeur pour s'en servir de lièvre et étudier ses points forts et points faibles.

Lors des EL2 de la dernière manche disputée, c'est Valentino Rossi qui a fait les frais de cette tactique. La qualification lui étant pour sa part quasiment assurée, Márquez a profité de la nécessité pour le Docteur de faire un temps pour prendre sa roue. Le numéro 46, qui avait manqué l'accession directe en Q2 lors des deux dernières manches et se devait de réagir après une manche à domicile catastrophique, s'est retrouvé au pied du mur, sans possibilité de ralentir, laissant toute latitude à son rival pour profiter de la situation.

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Incrédule, Rossi ne s'y trompait pas à l'issue de la première journée de Barcelone. "Márquez est non seulement rapide, mais il est en plus très malin durant les essais libres, car il étudie toujours ses rivaux, et de cette façon il sait exactement qui suivre", expliquait le pilote italien. "Donc à la fin il vous faut prendre une décision, car il ne vous laisse pas le choix. Soit vous faites le tour devant lui, soit vous ne le faites pas. Mais j'étais très concentré car pour moi il était très important de partir de l'une des deux premières lignes, j'ai donc décidé de rester et ce fut le bon choix car j'ai fait un bon tour."

Márquez, le technicien Yamaha

Et il n'y a qu'à écouter les observations de Márquez dans le courant du week-end sur le comportement des Yamaha en Catalogne, dignes presque de retours formulés par un technicien de la marque aux trois diapasons, pour se convaincre que le tour passé derrière Rossi a été riche d'enseignements.

"Honnêtement, je l'ai juste suivi de très près en EL2 quand il avait des pneus neufs et moi des pneus usés, et donc j'ai pu voir quelques trucs", a-t-il expliqué. "C'est toujours la même chose, la Yamaha emmène très bien la vitesse [dans les virages], et ici sur ce circuit c'est important. Ils ont une bonne traction et, au vu des conditions de ce week-end, tout le monde s'attendait à Ducati contre Honda, mais au final on dirait que les motos qui fonctionnent le mieux sont les Yamaha et les Suzuki, qui ont moins de couple et moins de puissance. C'est intéressant à comprendre aussi car nous avons une très longue ligne droite mais ensuite 13 virages où ils pilotent très bien."

Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing

Roublardise sur le circuit

Mais si Márquez sait suivre à bon escient un adversaire, il peut aussi faire preuve de roublardise en piste pour empêcher ses rivaux d'en faire de même. Il faut dire que le pilote Honda s'était fait piéger lors des qualifications du GP d'Italie par Michele Pirro, prompt à bénéficier de l'aspiration de la RC213V dans la longue ligne droite du Mugello.

D'où un parfait timing, qui consiste à ralentir le plus possible lors de son tour de sortie des stands pour tenter de se retrouver, non seulement avec une piste dégagée devant lui, mais aussi sans aucun pilote susceptible de lui mettre la pression ou bien simplement de le suivre. "Il est toujours très fort pour faire ça, il peut aller très lentement dans son tour de sortie mais ensuite quand il se met à attaquer, il est capable de faire un bon tour", a expliqué Rossi à ce sujet.  

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Et gare à celui qui ne s'écarterait pas du chemin de l'Ibère lors de l'un de ses tours lancés. Cal Crutchlow garde ainsi en mémoire l'incident entre Maverick Viñales et Márquez au Sachsenring, en 2017, lorsque le dernier cité avait fait l'intérieur dans un virage en s'appuyant sur le pilote Yamaha.

"Il joue tout simplement, il touche des pilotes à gauche, à droite, au milieu. C'est aussi simple que cela, c'est sa manière de faire", assure l'Anglais. "Souvenez-vous ce qu'il s'était passé entre Viñales et Marc au Sachsenring. Marc lui avait foncé dedans dans un virage, au milieu du Sachsenring, et c'était fini, il n'a plus jamais roulé avec lui. Dès lors que Maverick était en position de gagner, Marc lui a foncé dedans lors des essais libres et le tour était joué."

Avec Michaël Duforest

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