Rossi : Le flag-to-flag, "un moindre mal" malgré ses défauts

La précipitation et la confusion qui peuvent régner lors d'un changement de moto en pleine course poussent certains pilotes à s'interroger sur l'actuelle règle du flag-to-flag, pourtant déjà retouchée l'an dernier.

Rossi : Le flag-to-flag, "un moindre mal" malgré ses défauts
Andrea Iannone, Team Suzuki MotoGP
Marc Marquez, Repsol Honda Team dans la voie des stands
Pol Espargaro, Red Bull KTM Factory Racing
Marc Marquez, Repsol Honda Team
Alex Rins, Team Suzuki MotoGP
Jack Miller, Estrella Galicia 0,0 Marc VDS
Alex Rins, Team Suzuki MotoGP
Tito Rabat, Estrella Galicia 0,0 Marc VDS
Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing
Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing
Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing
L'équipe Yamaha Factory Racing
Maverick Viñales, Yamaha Factory Racing
Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing
L'équipe Yamaha Factory Racing
Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing
Andrea Dovizioso, Ducati Team
Valentino Rossi, Yamaha Factory Racing
Andrea Iannone, Ducati Team

L'application de la règle du flag-to-flag, dimanche lors de la course de Brno, a conduit à plusieurs incidents. Alors que certaines équipes ont tout simplement peiné à fournir à leur pilote une moto adaptée à la piste sèche dès les premiers tours de course, ayant appliqué la stratégie habituelle consistant à avoir une seconde machine réglée comme la première afin de parer à un éventuel problème au départ, d'autres se sont fait des frayeurs d'un autre ordre.

Les incidents survenus dans la pitlane auraient en effet pu avoir de graves conséquences. La chute d'Andrea Iannone, qui en arrivant à son stand a tenté d'éviter Aleix Espargaró au moment où celui-ci quittait le sien, a été l'épisode le plus visible. S'y est ajoutée au tour suivant la chute d'un mécanicien de Loris Baz, déséquilibré alors que le pilote a admis lui avoir donné trop vite sa première moto, qu'il lui cédait pour la troquer contre sa machine réglée pour le sec.

 

Ces deux cas ont cristallisé les critiques des opposants à la règle du flag-to-flag et relancé un débat qui n'est pas nouveau, et qui avait déjà été fortement alimenté l'an dernier après la chute d'Álvaro Bautista dans les stands de Termas de Río Hondo. On se souvient que le pilote espagnol, piégé par un sol humide dans la précipitation de son changement de moto, avait violemment heurté un mécanicien en tombant alors qu'il arrivait devant son box. Une scène rare et impressionnante, qui avait déjà inquiété, et qui avait conduit à rendre obligatoire le port d'un casque pour toute personne intervenant sur les motos durant cette phase très délicate, cependant cela ne suffit pas à éviter les incidents pour autant.

Après la mésaventure dans laquelle il a été impliqué dimanche, Aleix Espargaró a lancé un appel au changement de cette règle, arguant que "cela devait arriver tôt ou tard". Invités eux aussi à donner leur avis sur la question après la course, les pilotes de pointe se sont montrés plutôt pondérés, à l'image de Valentino Rossi qui reconnaît qu'il serait bien difficile de revenir à la solution qui était en vigueur avant la création du flag-to-flag en 2005 et qui consistait à stopper la course en cas de changement de conditions puis à organiser un second départ.

"L'autre possibilité serait de s'arrêter s'il pleut ou bien si ça devient trop sec. Mais je pense que cette solution [le flag-to-flag] est un moindre mal, même si elle a des défauts", juge l'Italien, "et surtout pour quelqu'un qui regarde la course à la télé, comme ça il la voit en une fois et le show est meilleur."

Mieux encadrer le passage par les stands

S'il concède qu'il sera compliqué de revenir aux règles d'antan, tout comme l'éventualité de changer de pneus et non de moto paraît peu réalisable en MotoGP, Rossi partage l'avis selon lequel le flag-to-flag actuel devrait être retouché, face aux événements certes exceptionnels mais dangereux survenus récemment. "Ces choses-là n'arrivent que rarement, mais il faut peut-être mieux régler ce qui se passe aux stands", suggère-t-il. "Pour moi, on doit établir des règles plus claires pour ce qui se passe aux stands, parce que ça pourrait mal se passer."

Dans l'optique de maintenir le flag-to-flag tout en rendant son application plus sûre, un premier pas a été fait il y a un an en n'autorisant désormais pas plus de quatre mécaniciens par moto pendant le changement, et tous devant être casqués. Une autre option suggérée par certains pilotes consisterait à réduire la vitesse dans la voie des stands.

Marc Márquez rappelait toutefois dimanche, après la course, que l'accident d'Andrea Iannone dans la pitlane découlait directement d'une erreur humaine. "Plus que d'Aleix ou de Iannone, c'est une erreur de l'équipe d'Aleix s'il est sorti quand Iannone rentrait", pointait l'Espagnol. "Normalement, quand vous rentrez, il y a un mécanicien qui a la responsabilité de vous arrêter ou de vous autoriser à sortir. Il a besoin de contrôler si quelqu'un arrive." Et d'ajouter : "Pour moi, ce que nous avons est la meilleure situation, parce que quand on rentre il y a moins de monde dans la pitlane."

Lorsque la Commission Grand Prix a retouché le règlement portant sur le flag-to-flag l'été dernier, en réaction à l'incident qui avait impliqué Álvaro Bautista, il avait également été décidé que la sélection de vitesse sur la seconde machine ne pourrait être faite que par le pilote, tandis que le mécanicien tenant la moto ne pourrait tenir que le levier d'embrayage. "Toute infraction à cette règle, qui peut être déterminée via les données de l’ECU, sera accompagnée d’une disqualification automatique", précise le règlement.

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