Le sort de Van der Mark peu envié par les pilotes MotoGP

L'officialisation de la participation de Rossi au Grand Prix d'Aragón a pris tout le monde de court dans le paddock. Sauf peut-être Van der Mark, qui s'était fait une raison depuis les derniers essais de Rossi en début de semaine.

W.Z., Aragón - Difficile de savoir quand Michael van der Mark a eu vent de la participation de Valentino Rossi au Grand Prix d'Aragón. Mais ce qui est sûr, c'est que le Néerlandais, aperçu dans le paddock ce jeudi, a bel et bien fait le déplacement en Espagne.

Sans doute celui-ci a-t-il dû sentir le vent tourner lors des tests menés par le Docteur à Misano en début de semaine, moins de trois semaines après sa blessure – chose qui constitue déjà en soi un exploit de convalescence.

Parmi les pilotes MotoGP qui, eux, participeront à cette 14e manche du calendrier, aucun n'envie la situation de Van der Mark, qui passe pour le dindon de la farce dans l'affaire. "J'imagine que ce doit être difficile", avance Marc Márquez. "Je ne sais pas... Bien sûr c'est dommage, car vous voulez piloter. Mais Michael est très jeune. Bien sûr je serais déçu [si j'étais à sa place], mais il doit comprendre [la situation]", tente de consoler le pilote Honda.

Pour Maverick Viñales, qui pensait faire la paire avec le pilote batave ce week-end, c'est en revanche le fait d'avoir finalement à ses côtés un pilote qui devrait être dans le coup – on attendra néanmoins les premiers essais libres pour se risquer à une affirmation – qui l'emporte. 

L'option Rossi, la meilleure pour le championnat

Il est vrai que Rossi pourrait, à défaut de viser la victoire, faire le jeu de son jeune coéquipier lors de cette épreuve. "C'est comme si on vous approchait un caramel [de la bouche] et qu'on vous le retirait [au dernier moment]", tente de plaisanter le numéro 25. "C'est comme ça, mais peu importe : pour Yamaha c'est bon que Valentino soit là, et qu'il puisse piloter la moto à 100%. Vous savez, c'est toujours bien pour notre équipe. Mais bien sûr, c'est difficile pour Michael. C'est le genre d'opportunité que vous n'avez qu'une ou deux fois dans la vie. C'est dommage, mais c'est comme ça tout de suite. De mon côté, je sais que Valentino peut être rapide, et porter la moto à son maximum."

Rossi estime pour sa part que la pilule a dû être moins difficile à avaler pour Van der Mark, sachant que Yamaha avait rapidement pris fait et cause pour lui. "Lin [Jarvis] est venu à l'hôpital le jour suivant mon opération, et il est venu chez moi une semaine plus tard", relate l'Italien. "Il a toujours suivi [l'évolution de la situation], et nous avons toujours été d'accord : si j'étais prêt et capable de revenir, ils [les membres de l'équipe Yamaha] seraient contents. Je pense donc que Van der Mark avait compris ces derniers jours que ce serait difficile de piloter ce week-end."

D'illusions, Van der Mark ne s'en est pas trop fait. Il attendait la simple confirmation, aujourd'hui en début d'après-midi par le staff médical, de l'aptitude du numéro 46 à prendre la piste pour voir s'envoler encore un peu plus ses espoirs de participer à sa première course en MotoGP. "Pour être honnête, je savais que Valentino ferait un test juste avant le week-end, donc j'ai toujours gardé à l'esprit qu'il y avait une opportunité pour qu'il coure", reconnaît l'intéressé. "Je ne me suis pas vraiment concentré sur le fait de courir demain matin. Je pense que c'est vraiment incroyable ce qu'il a accompli. Je pense que j'aurais fait la même chose, donc je ne suis pas vraiment déçu."

Reste pour le jeune pilote, qui fêtera ses 25 ans le mois prochain, la satisfaction d'avoir été l'heureux élu pour remplacer Rossi. D'autant plus qu'ils étaient nombreux à pouvoir prétendre au poste, comme l'explique Lin Jarvis, le directeur exécutif du Yamaha Factory Racing. "Nous avions le choix entre quatre pilotes, y compris Kohta Nozane", explique celui-ci. "Nakasuga est au Japon et il a un test très important pour nous, donc nous avons décidé de ne pas recourir à ses services. Nous avons regardé pour deux pilotes Superbike. Alex [Lowes] a eu une bonne chance l'an passé lorsque, malheureusement pour Bradley [Smith], il est intervenu, mais Michael n'avait pas encore eu la chance de piloter [pour Yamaha en MotoGP]. Nous ne nous attendions pas à voir Michael, Alex ou Nakasuga sur le podium et obtenir beaucoup de points, mais ce dont nous avons besoin, c'est de quelqu'un qui puisse être là, dans le coup."

Malgré la situation, Van der Mark, qui sort d'un dernier week-end de Superbike probant à Portimão, où il a signé son premier podium de l'année dans la catégorie, reste bien entendu en Aragón, prêt à assurer le remplacement de Rossi si jamais celui-ci devait déclarer forfait, ce qu'il peut faire jusqu'à deux heures avant les qualifications. Le Néerlandais se remettra ensuite rapidement en mode Superbike, en vue de la prochaine manche de la discipline qui s'annonce, la semaine prochaine à Magny-Cours.

 
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