Suzuki reconnaît une erreur dans son choix de moteur

Davide Brivio, team manager Suzuki, admet qu'une intersaison chaotique a conditionné le choix de moteur de cette année et affirme avoir les idées claires quant aux changements à opérer en 2018.

En comparaison de l'an dernier, les résultats obtenus par Suzuki cette saison marquent un fléchissement qui interpelle. À ce stade de la saison, l'an dernier, Maverick Viñales occupait la cinquième place du championnat avec 149 points, une victoire et deux podiums dans son escarcelle, tandis qu'Aleix Espargaró était 12e avec 69 points. Le contraste est fort avec les 37 points d'Andrea Iannone et les 27 d'Álex Rins à ce jour – même s'il convient de rappeler que l'Espagnol a manqué cinq Grands Prix sur blessure.

Outre les performances discrètes des pilotes, en particulier celles de Iannone, l'équipe paye le fait qu'elle n'a pas été en mesure de corriger les points faibles de sa GSX-RR, globalement liés au moteur. La racine du problème réside dans la nature du moteur et dans ses réactions. Viñales et Espargaró reconnaissaient l'année dernière qu'ils pouvaient entrer dans les virages de façon assez agressive mais qu'ils manquaient d'accélération en sortie de virage et de vitesse de pointe.

Pour compenser ce déficit à l'extraction des virages, Suzuki a conçu un nouveau moteur qui n'a pris la piste que lors des essais de Jerez, quelques jours après la fin du championnat 2016. Rins ne participait pas à ces essais, blessé lors de la séance précédente, si bien que la décision a reposé entièrement sur les épaules de Iannone. L'Italien, alors transfuge de Ducati, a testé les deux moteurs disponibles, l'un basé sur la version de 2016 et l'autre présentant cette nouvelle configuration. Et son verdict a été clair : la nouvelle version était meilleure.

Suivant les directives de son nouveau pilote, Suzuki a homologué cette spécification et l'a gelée, selon les conditions du règlement. Cependant, les résultats de Rins et Iannone et surtout les plaintes de ce dernier ont fini par faire douter le constructeur de ce choix. Les deux pilotes ont par la suite testé une version du moteur similaire à celle de 2016 et se sont dit ravis de ses prestations et de son comportement.

"Lors du test qui a suivi Brno, Álex a testé un moteur qui avait des caractéristiques de celui de 2016 et il lui a beaucoup plu. Andrea l'avait testé auparavant et il était d'accord avec lui. Le problème c'est que nous ne pouvons pas l'utiliser, compte tenu du règlement", a expliqué Davide Brivio, team manager, à Motorsport.com.

C'est précisément grâce aux informations recueillies en essais, que le responsable de l'équipe se montre aujourd'hui optimiste quant à la route à suivre en 2018. "Ce que nous souhaitons trouver, c'est un compromis entre les deux versions, celle de 2016 et celle de 2017, qui allie les points forts de l'une et de l'autre", explique Davide Brivio.

Lors du test privé de deux jours que Suzuki a réalisé cette semaine sur le MotorLand Aragón, les deux pilotes ont pu comparer les moteurs aux spécifications 2016 et 2017 afin d'étudier les points forts de chacun et de chercher à allier le meilleur des deux moteurs pour 2018.

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Séries MotoGP
Pilotes Andrea Iannone , Álex Rins
Équipes Team Suzuki MotoGP
Type d'article Actualités
Tags davide brivio