Guintoli : Suzuki a progressé en préservant ses qualités

Sylvain Guintoli estime que Suzuki a su faire évoluer sa moto année après année sans pour autant nuire à son "ADN", un excellent équilibre, qui a selon lui atteint un niveau "ultime" en 2020.

Guintoli : Suzuki a progressé en préservant ses qualités

Joan Mir et Suzuki ont conquis les titres des pilotes et des équipes en 2020, dans une année troublée par la pandémie de COVID-19 et marquée par l'absence de Marc Márquez, blessé au bras droit. Cette situation inédite n'explique toutefois pas à elle-seule la réussite du Majorquin et d'une GSX-RR encensée par la concurrence, Fabio Quartararo estimant dès le mois de septembre qu'elle était "globalement la meilleure moto du plateau" et Andrea Dovizioso louant sa simplicité et donc son efficacité.

Sylvain Guintoli, pilote d'essais de la marque depuis 2017, a été l'un des principaux témoins de l'évolution de la Suzuki, étant lui-même très impliqué dans son développement. Quand il a rejoint l'équipe, le Français a été immédiatement séduit par le bon comportement de la moto, les faiblesses se trouvant ailleurs.

"Ma première impression de la GSX-RR a été qu'elle était très bien équilibrée, mais il y avait un souci sur le moteur cette année-là", se rappelle Guintoli. "L'équilibre est un peu devenu le 'sujet' autour de la GSX-RR, et c'est le plus important dans le monde des GP, parce qu'au final, ces motos ont trop de puissance pour les pistes et trop de puissance pour le niveau de grip, donc il faut gérer ce que l'on a et faire au mieux avec."

Lire aussi :

Suzuki a par la suite fait évoluer sa machine, notamment en améliorant le moteur, que Guintoli a jugé "bien meilleur" en 2018 après le mauvais choix de l'année précédente : "Tous les outils qui ont été mis en place pour rectifier le tir sur moteur ont été très utiles et bénéfiques, parce que nous avons analysé la moto de fond en comble et cela nous a permis de mieux comprendre la GSX-RR. Après, il n'y avait plus que de petites progrès à faire, sur l'aérodynamique, le frein moteur et la stabilité. Il s'agissait juste de réduire l'écart progressivement et de procéder à de petits ajustements, ces petites choses se sont cumulées. L'année suivante, en 2019, la moto a progressé et les résultats aussi."

Maverick Viñales avait décroché un premier succès avec cette machine en 2016 mais la saison 2019 a en effet marqué un cap, avec les deux victoires d'Álex Rins, à Austin et Silverstone. Guintoli a senti de nouveaux progrès significatifs au début de l'année 2020, en particulier au freinage. Le titre, désormais, n'était plus loin.

"La grosse différence a été le nouveau châssis, que j'ai essayé pour la première fois aux tests de Sepang ; c'était un gros progrès ! Il permet aux pilotes de freiner plus fort, ce qui est un gros plus. Joan freine tard et fort, donc ça l'aide vraiment. Et le nouveau moteur était également meilleur dans plusieurs domaines, donc nous avons fait de gros progrès l'an dernier."

Et surtout, les ingénieurs de Hamamatsu ont su apporter des gains année après année sur des éléments fondamentaux comme le moteur et le freinage sans nuire à la force principale de la machine. "Historiquement, Suzuki a toujours fait des motos qui se comportent bien et qui tournent bien ; c'est son ADN et cette GSX-RR 2020 était un peu la version ultime à cet égard", souligne Guintoli.

Un gel du développement bénéfique à Suzuki

Le pilote d'essais de Suzuki a énormément contribué au développement de la machine au cours des quatre dernières saisons, mais son travail a été limité par la pandémie de COVID-19 l'an passé. S'il ignore encore de quoi son programme 2021 sera fait, Guintoli a conscience que des changements de dernière minute sont possibles, comme l'a prouvé le déplacement à Sepang annulé pour être remplacé par une séance supplémentaire à Losail.

Lire aussi:

"En général, je fais environ 10'000 km d'essais mais en 2020, c'était beaucoup plus dur en raison de la pandémie. Cette année, en 2021, il semble que le calendrier va encore changer et ce sera dur de connaître les restrictions dans les déplacements et le nombre de séances que nous pourrons faire. L'an dernier, je n'ai pas pu me rendre au Japon et c'était difficile", regrette-t-il. "Mais il y a aussi un gel du développement qui est bon pour nous parce que nous sommes satisfaits de la moto, même si nous voulons continuer à travailler pour l'avenir."

Un avenir qui s'écrit sans l'emblématique patron de l'équipe, Davide Brivio, parti chez Alpine en F1, et qui a fait venir Guintoli en 2017 après la blessure au poignet de Rins. "J'appréciais de travailler avec lui et je lui suis reconnaissant de m'avoir accueilli et que nous ayons partagé de souvenirs fantastiques", souligne le natif de Montélimar.

partages
commentaires
Un violent incendie touche le circuit du GP d'Argentine MotoGP

Article précédent

Un violent incendie touche le circuit du GP d'Argentine MotoGP

Article suivant

Andrea Dovizioso et l'expérience incomparable de 19 ans en Grand Prix

Andrea Dovizioso et l'expérience incomparable de 19 ans en Grand Prix
Charger les commentaires