Face aux critiques, Rossi peut compter sur le soutien de Mir

Ses faibles performances lors de ce début de championnat ne plaident pas en faveur de Valentino Rossi auprès de ceux qui estiment qu'il est temps qu'il prenne sa retraite. Joan Mir, Champion du monde en titre, estime toutefois qu'il a encore de la réserve.

Face aux critiques, Rossi peut compter sur le soutien de Mir

Avec les quatre points qu'affiche son compteur à ce stade, le début de cette saison 2021 s'inscrit dans les plus faibles qu'ait connus Valentino Rossi durant sa carrière, battu seulement pas les deux abandons qui ont ouvert ses campagnes 1998 (en 250cc) et 2000 (en 500cc). Sa performance globale a, elle, été plus faible qu'à l'époque, à en juger par le fait qu'il a obtenu lors du second Grand Prix qui s'est tenu le week-end dernier, au Qatar, un 21e temps historique en qualifications et n'a jamais atteint la zone des points d'une course dont il a pourtant vu l'arrivée.

À 42 ans, le Docteur ne cesse de repousser l'heure de la retraite à laquelle les critiques le confrontent pourtant à chaque contre-performance, et la courbe de ses statistiques montre aisément qu'elles sont devenues plus fréquentes. Cette année encore, même s'il est passé de l'équipe officielle Yamaha au team satellite de la marque et n'a pu signer qu'un contrat d'un an au lieu des deux ans qu'il souhaitait, il ne fait aucun secret de son envie de poursuivre l'aventure, à condition que les performances soient au rendez-vous avant l'été. Il n'échappe pas cependant au regard acerbe de ceux qui estiment qu'il aurait dû raccrocher dès que la courbe de ses résultats a commencé à s'infléchir.

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Douze ans après son dernier titre, la dernière victoire du nonuple Champion du monde remonte au 25 juin 2017, à Assen, une période qui parait d'autant plus longue que 13 pilotes se sont succédé sur la plus haute marche du podium depuis. Pour autant, l'ampleur de son palmarès et l'aura acquise par Valentino Rossi dépassent toute évaluation uniquement basée sur ses résultats. Légende vivante du sport mondial, on peut imaginer qu'il ait gagné le droit de prendre sa retraite quand il le voudra et de la manière dont il l'aura souhaité. Sa perte de compétitivité pourrait toutefois finir par affecter l'héritage qu'il laissera. C'est ce qu'estiment certaines voix qui se sont élevées en Italie ces derniers jours.

Marco Lucchinelli est de ceux-là. Champion du monde 1981 dans la catégorie reine, figurant au rang des Légendes parmi 31 autres pilotes, l'ancien coureur de 66 ans s'est attaqué sans ménagement à son compatriote. "Valentino a été un génie, un extraterrestre, mais il est désormais revenu sur terre et il ne faut plus lui chercher tant d'excuses. Place aux jeunes. Sans rien enlever au nonuple Champion du monde, maintenant ça suffit", a-t-il déclaré dans une interview pour Lapresse.

Généralement habitué à faire le dos rond, Valentino Rossi a répondu avec le même mordant à celui qui faisait équipe avec son père en 1980. "Je suis désolé que ce soit Marco Lucchinelli qui dise cela, parce qu'il a été un grand ami de Graziano, nous-mêmes avons été très amis, et chaque fois que je le vois il est super gentil avec moi", notait le #46 auprès de La Gazzetta dello Sport, jeudi dernier depuis Doha, avant d'ajouter : "Je voudrais dire qu'il me lèche le cul… Mais ce n'est peut-être pas une façon correcte de le dire."

Contractuellement, mais surtout pour lui-même, Rossi a besoin de redevenir compétitif et d'obtenir de bons résultats s'il veut continuer à piloter une Yamaha la saison prochaine, et à ce stade précoce, il continue à y croire et s'efforce d'inverser la tendance observée au Qatar.

"Au final, chacun peut donner son point de vue, même si j'en suis naturellement désolé. Ce qui compte, ce sont les résultats. Si j'arrive à être compétitif, tout le monde va remonter dans le wagon du vainqueur, et si je ne le fais pas, ils continueront à dire que j'aurais dû m'arrêter il y a plusieurs années. En tout cas, je n'espère qu'une chose, et je l'ai dit plusieurs fois à Albi et Uccio [ses amis] : quand j'aurai leur âge, j'espère ne pas être comme eux", a ajouté Rossi en référence aux anciens pilotes qui le critiquent.

Valentino Rossi, Petronas Yamaha SRT

"Les Italiens sont toujours bons pour critiquer les pilotes italiens", a tempéré Pecco Bagnaia, membre de la VR46 Academy. "C'est comme ça tous les ans et il faut l'accepter. Heureusement, quand on prend la piste, on se donne toujours à 100% et on ne pense pas à ces choses-là quand on court. Valentino travaille avec une nouvelle équipe et il est normal qu'il ait besoin d'un peu de temps pour se consolider."

Le nouveau Champion du monde de la discipline a également apporté son soutien à son aîné. À la suite des qualifications du Grand Prix de Doha, où le pilote italien a obtenu le plus faible résultat de sa carrière, Joan Mir a en effet appelé à un peu de mesure dans les critiques adressées au #46.

"Je pense qu’il ne faut pas taper sur Rossi. Un samedi, les étoiles s'alignent et il fait une première ligne. Et s'il a pu faire ça au dernier Grand Prix [quatrième aux qualifs du Grand Prix du Qatar, ndlr], ça signifie qu’il n’est pas vieux, il en a encore sous le coude", a rappelé le pilote espagnol.

"Il faut tenir compte de qui il s’agit. Si on regarde ses temps, il a clairement eu un problème ; je ne pense pas que la 21e position soit représentative pour lui, nous le savons tous. Donc il ne faut pas lui taper dessus. On n’en a pas beaucoup parlé, mais lors de la dernière course [le Grand Prix du Qatar], il était un des seuls qui tournait en 1'55 dans le dernier tour, et je vous ferais remarquer que si on est vieux, on ne peut pas faire ça."

Avec Marc Michon 

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Auteur Germán Garcia Casanova