Rossi juge les drapeaux "obsolètes" et préfère les panneaux lumineux

Valentino Rossi estime que signaler les dangers par des drapeaux n'a plus de sens de nos jours, se félicitant de la généralisation des panneaux lumineux, à condition qu'ils soient aussi imposants et correctement positionnés, ce qui n'était selon lui pas le cas à Portimão, comme la pénalité infligée à Pecco Bagnaia l'a illustré.

Rossi juge les drapeaux "obsolètes" et préfère les panneaux lumineux

Le Grand Prix du Portugal a relancé le débat sur les meilleures solutions pour communiquer les dangers en piste aux pilotes et la pénalité qui a frappé Pecco Bagnaia a rassemblé deux grands sujets : la visibilité des drapeaux jaunes et l'intérêt de les remplacer par des panneaux lumineux. En Q2, le pilote Ducati a cru signer la pole mais il a finalement vu son meilleur temps effacé, ce dernier ayant été réalisé alors que le drapeau jaune était agité au virage 9, à la suite de la chute de Miguel Oliveira.

À Portimão, les informations relatives à la sécurité était également visibles via des panneaux lumineux, qui deviendront obligatoires sur toutes les pistes à partir de la saison 2022, mais Bagnaia a assuré n'avoir vu aucun des deux dispositifs, positionnés sur la droite de la piste dans un virage à gauche. Pour Valentino Rossi, témoin des évolutions liées à la sécurité depuis 25 ans, le système de drapeaux lumineux est la solution à privilégier, les postes de commissaires n'étant parfois pas dans le champ de vision des pilotes.

"Je pense avant tout qu'il faut que l'on utilise les panneaux lumineux", a déclaré le vétéran du plateau. "Je pense que les panneaux lumineux peuvent faire la différence, il est presque impossible de voir le drapeau jaune là où il était placé pour Pecco, parce que c'est un virage à gauche. On est déjà sur le côté gauche de la moto et on regarde complètement vers la gauche, alors que le drapeau jaune est sur la droite. C'est presque impossible. Mais c'est la règle, le drapeau jaune est là pour la sécurité. Je ne sais pas si Oliveira était toujours dans le gravier quand Pecco est passé ou pas, mais c'est comme ça." 

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L'historique mais primitif système de drapeaux a fait son temps selon Rossi, qui se réjouit de la généralisation annoncée des signaux lumineux en bord de piste : "À mon avis, les panneaux sont utiles. Maintenant pour les MotoGP, vu la vitesse des motos, le drapeau jaune est vraiment quelque chose de dépassé, assez obsolète. À mon avis, avec la Formule 1, on a vu que les panneaux lumineux aidaient beaucoup." 

Bagnaia a lui aussi déploré le positionnement du panneau dans ce fameux virage 9, tout autant impossible à distinguer que le drapeau selon lui. Rossi estime que substituer les panneaux aux drapeaux n'est en soi pas suffisant, ces signaux devant être présents en nombre, assez imposants et positionnés dans des endroits stratégiques, là où se porte le regard des pilotes.

"À mon avis, pour les panneaux on peut faire mieux, mais c'est aussi une question d'argent : il faut beaucoup d'argent, parce qu'il faut beaucoup de panneaux, et de grands panneaux comme ceux que possède la Formule 1. Tout est donc là. À mon avis, l'idée des panneaux est bonne, mais il en faut beaucoup et des grands." 

"Un panneau aurait été plus visible qu'un drapeau jaune [dans le cas de Bagnaia], mais s'il n'y avait eu que le panneau à droite, à l'endroit du drapeau, ça aurait été difficile : il faudrait un panneau aussi à gauche, parce que le virage est à gauche alors le pilote voit ce qu'il y a à gauche et non à droite", a ajouté le pilote du team Petronas, pour qui cet élément fait la différence : "Si, en plus du panneau placé à droite, il y a aussi un panneau à gauche, alors on le voit même en étant incliné sur la gauche."

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Les moyens de communication avec les pilotes se renforcent sans cesse. Le rudimentaire système de panneautage depuis le muret des stands reste précieux mais les équipes ont testé des radios l'an dernier, et des informations de plus en plus précises sont communiquées par le truchement du tableau de bord mais encore faut-il que le pilote le regarde au bon moment et que le système soit fiable, Fabio Quartararo ayant assuré ne pas avoir été informé qu'il avait été sanctionné d'un long lap au GP d'Émilie-Romagne l'an dernier.

Les panneaux lumineux se limiteront à signaler des dangers comme un drapeau jaune ou rouge mais Rossi y voit un progrès, restant convaincu que des améliorations dans le dispositif faciliteront la tâche des pilotes : "Ils ont commencé à les mettre depuis peu, donc il faut encore améliorer cela, mais à mon avis ça va aider."

Avec Léna Buffa

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Séries MotoGP
Événement GP du Portugal
Catégorie Q2
Lieu Portimão
Pilotes Valentino Rossi
Équipes Petronas SRT
Auteur Vincent Lalanne-Sicaud