Valentino Rossi - "Je suis toujours en évolution"

Elle est loin la course de Shah Alam qui a vu débuter un jeune pilote excentrique, auteur d'une prometteuse sixième place pour sa première épreuve en Championnat du Monde 125cc... On était en 1996 et ce Grand Prix de Malaisie donnait le coup d'envoi de l'une des carrières les plus riches de l'Histoire de la moto, celle de Valentino Rossi.

Quand j'ai commencé, l'image était encore en noir et blanc !

Valentino Rossi

19 ans plus tard, Rossi est toujours aux affaires! 19 ans pendant lesquels il a tout connu. Des drames et des joies, des victoires et des chutes, quelques très rares blessures et la déception d'un passage à vide de deux ans chez Ducati.

19 ans durant lesquels Valentino Rossi a aussi su faire preuve d'humilité en acceptant une remise en question permanente. Depuis 2000, il a expérimenté toutes les cylindrées de la catégorie reine, des 500cc aux 1000cc en passant par les 600cc, 800cc et 990cc... Il a aussi connu les changements de manufacturier et le développement de l'électronique, autant de paramètres auxquels son pilotage a dû s'adapter pour se maintenir au premier plan.

"Tous les pilotes de pointe ont beaucoup changé leur style," juge le champion italien. "Il est toujours un peu en développement parce que, chaque année, on intègre des choses différentes sur la moto, les pneus et les freins."

"J'ai commencé à beaucoup travailler il y a déjà deux ans," précise-t-il, se référant à son retour chez Yamaha, "mais j'ai encore beaucoup à améliorer. J'essaye toujours de faire de mon mieux et d'adapter mon style pour exploiter au mieux la moto et essayer de rester le plus rapide possible. Mais je crois que tous les autres font exactement la même chose."

J'ai essayé d'apprendre des autres. Je suis toujours en évolution.

Valentino Rossi

Si son style de pilotage a progressé, c'est aussi parce que Rossi a su observer les nouveautés apportées par les plus jeunes. Il a beau ne pas avoir le gabarit de Marc Márquez, il s'est néanmoins inspiré de la technique de l'Espagnol en l'adaptant à son propre physique autant qu'aux caractéristiques de sa moto.

Cela lui vaut aujourd'hui un déhanché plus marqué, une répartition des masses qui allège la sollicitation des pneus sur l'angle maximal. Déjà aperçu depuis plusieurs années, ce style a été poussé aux extrêmes par Márquez qui profite pour cela de motos désormais plus stables, et c'est une tendance que Rossi a pris le parti de suivre.

Savoir faire évoluer le pilotage et ancrer un nouveau style dans les habitudes de tous, c'est l'apanage des plus grands, à l'image de Jarno Saarinen initiateur des premiers déhanchés, de Kenny Roberts et sa glisse de la roue arrière, ou encore Jean-Philippe Ruggia et son appui sur le coude, pour ne citer qu'eux. Mais il s'agit bel et bien d'une évolution continue, enrichie par de nombreuses contributions au fil des années.

Il en est de même pour la jambe équilibrant les freinages, technique généralisée sous l'impulsion de Rossi mais que l'on avait pu apercevoir déjà chez Saarinen, qui importait alors au circuit son expérience des courses sur glace et du dirt track.

"Quand j'ai commencé, l'image était encore en noir et blanc ! C'était il y a longtemps. C'était très différent, on ne touchait pas avec le genou !" plaisante Rossi. "Blagues à part, c'est principalement la position sur la moto qui a beaucoup changé, avec l'électronique et Bridgestone. Les pneus font une énorme différence. Avec Michelin par le passé, on ne pouvait pas avoir sur la moto la position que l'on a aujourd'hui."

"J'ai essayé d'apprendre des autres. Je suis toujours en évolution, je crois que c'est ce qui rend les choses très intéressantes," ajoute le Champion du Monde, dont le palmarès se rapproche peu à peu des statistiques de l'un de ses aînés les plus illustres, Giacomo Agostini.

Deux victoires et un podium en entame de saison, Valentino Rossi n'avait plus connu ça depuis... 2005! Si les aléas des courses de ses adversaires n'y sont pas étrangers, on ne peut nier qu'il est personnellement sur une courbe ascendante.

Rossi reconnaît aisément qu'il a le bénéfice de l'expérience et d'une carrière déjà en grande partie écrite. Il n'a plus à faire ses preuves et cela le libère d'une pression qui a pu le piéger par le passé et qui peut aujourd'hui pousser ses jeunes adversaires à la faute. Et si c'était la clé de la réussite ?

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