Rossi : "La motivation est très importante, ça fait la différence"

Contre toute attente, le pilote Yamaha est déjà de retour aux affaires, trois semaines tout juste après un accident d'enduro qui lui prédisait une convalescence plus longue.

Difficile à imaginer il y a trois semaines, lorsqu'est parvenue la nouvelle de sa blessure, et pourtant Valentino Rossi a bel et bien fait son retour dans le paddock MotoGP ce jeudi à la veille des essais d'Aragón. Sa fracture tibia-péroné lui vaut une jambe droite emmaillotée et des béquilles qui le suivent dans ses déplacements, mais qu'il a pourtant laissées de côté lorsqu'est venu le moment de se hisser sur l'estrade de la conférence de presse, sourire aux lèvres, face à une assistance mi-médusée mi-admirative.

Déjà victime d'une fracture tibia-péroné en 2010, Rossi avait à l'époque fait son retour au guidon de sa MotoGP au bout de 41 jours, alors que seuls 22 jours auront passé lorsqu'il prendra la piste demain matin. Quelle est la recette d'une convalescence aussi brève ? "Malheureusement, le nombre de titres n'aide pas quand on est blessé", sourit Valentino Rossi.

D'après lui, les progrès de la médecine n'y sont pas étrangers, mais le mental joue également un rôle prépondérant. "Cela dépend beaucoup du type de fracture et de la motivation", pointe-t-il. "Je me sens beaucoup mieux qu'il y a sept ans, parce que la fracture est différente mais aussi parce que les médicaments ont beaucoup progressé. Je me souviens qu'en 2010 j'ai été très, très mal pendant cinq ou six jours, alors que cette fois j'ai pu rentrer chez moi le lendemain, donc je pense que les médicaments ont beaucoup progressé."

"Je veux être ici. J'ai beaucoup souffert de perdre la course de Misano", reconnaît Rossi, son accident étant survenu une semaine avant le Grand Prix de Saint-Marin. "La motivation est très importante dans un cas comme ça. C'est ce qu'on aime et ce qu'on veut faire. Cela aussi fait la différence pour réduire les délais." Et d'ajouter : "Je suis pilote. C'est ce qui me plaît le plus. Si cette envie devait me manquer cela signifierait qu'il vaudrait mieux que je reste à la maison."

Opéré dans les heures qui ont suivi son accident, Valentino Rossi s'est vu annoncer des délais probables de 30 à 40 jours, ce qui l'aurait mené au Grand Prix du Japon. Mais les progrès rapides réalisés dans les jours suivants lui ont fait comprendre qu'il était possible d'accélérer les délais.

"Au début, dans mon esprit, je pensais plus à Motegi, mais jour après jour ça s'est beaucoup amélioré. J'ai travaillé très dur pour avoir une bonne force et moins de douleur", explique-t-il. "Les premiers jours j'ai compris que j'avais beaucoup moins mal que l'autre fois alors j'ai pensé que je pouvais réduire les délais, mais la première semaine a quand même été difficile. Au bout de dix jours j'ai commencé à aller beaucoup mieux chaque jour et à avoir de bonnes sensations dans la jambe et la cheville. Et j'ai commencé à penser aussi à Aragón. Je savais que ce serait difficile, ça ne ferait que trois semaines. On a beaucoup parlé avec mon team."

"J'ai vécu chaque jour après l'autre, sans me poser de limite de temps, d'autant que je pensais vraiment que je n'arriverais à rentrer qu'au Japon. Mais quand j'ai progressé, quand j'ai vu que ça allait mieux, je me suis dit pourquoi pas."

Des progrès confirmés en piste

Ce "pourquoi pas" a été confirmé par un test réalisé lundi et mardi à Misano, au guidon d'une R1. Une étape essentielle pour comprendre quelle douleur et quel inconfort lui provoquait le fait de piloter.

"J'étais très content d'être remonté en selle, mais lundi j'avais très mal. Et puis il ne faisait pas beau, il y avait une petite pluie, il était tard… Les conditions n'étaient pas très bonnes. Je n'étais pas très optimiste. Quand je suis descendu de la moto, j'ai dit : 'Je ne sais pas si ça en vaut la peine'. Parce que je savais que je devais venir ici, avoir mal… Le lendemain je me suis senti mieux. La piste était sèche, j'ai pu rouler deux petites heures et je me suis senti mieux."

"J'étais assez positif après le test parce que la dernière fois au Sachsenring [en 2010, ndlr], j'allais bien plus mal. Maintenant je suis capable de marcher sans béquilles, il est important de voir quel appui on peut prendre sur la jambe et le mien est plutôt bon. Et puis la jambe est belle à voir, elle n'est pas enflée, n'a pas une mauvaise couleur", détaille le pilote Yamaha, qui a reçu le feu vert officiel des médecins ce jeudi lors du contrôle auquel il devait se soumettre.

La prochaine étape sera donc de prendre la piste, demain à 9h55, pour les premiers essais libres du Grand Prix d'Aragón...

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