Valentino Rossi : "C'est toujours triste quand on arrive à la fin"

C'est avec une certaine émotion que Valentino Rossi entame aujourd'hui le Grand Prix d'Émilie-Romagne, le dernier qu'il disputera sur le sol italien avant de faire ses adieux au MotoGP.

Valentino Rossi : "C'est toujours triste quand on arrive à la fin"

Dans trois semaines, la carrière de pilote de Valentino Rossi en MotoGP prendra fin. Après avoir annoncé sa retraite l'été dernier, le nonuple Champion du monde se rapproche de l'échéance sans remettre en question sa décision, longuement mûrie. Avant de prendre la direction du Portugal puis de Valence pour ses ultimes courses, il fait cette semaine ses adieux au public italien avec le deuxième Grand Prix organisé à Misano, sa piste maison. Non sans émotion, ainsi qu'il l'a expliqué jeudi en conférence de presse.

Valentino, tu abordes ton 430e Grand Prix, mais il s'agira aussi du dernier en Italie : est-ce une émotion particulière pour toi ?

C'est une situation un peu étrange parce que c'est déjà la deuxième fois que l'on vient ici, à Misano, et la deuxième course est toujours particulière. Habituellement, on ne court qu'une fois mais ces deux dernières années, avec le COVID-19, on a appris à faire plus d'une course sur la même piste. Je pense que c'est une très belle opportunité pour dire au revoir à tous les fans italiens, alors c'est super de courir ici à Misano, sur mon circuit à domicile. J'espère qu'on pourra avoir un bon week-end en termes de météo, parce qu'à cette période c'est généralement un peu plus difficile en Italie. J'espère que ce sera sec, surtout dimanche, et je vais essayer de faire le maximum pendant le week-end pour être compétitif pendant la course.

Où qu'on aille dans le monde, tu as énormément de fans partout, tout de jaune vêtus. Quel message souhaiterais-tu leur adresser ?

C'est une longue histoire. Ça fait plus de 400 courses, c'est une longue carrière. Je dois juste dire merci à tout le monde car j'ai reçu et je reçois encore un soutien incroyable dans le monde entier. C'est surtout le cas en Italie, mais plus ou moins partout. Je donne toujours le maximum, on s'est beaucoup amusé tous ensemble car ça a été une longue carrière, avec beaucoup de super courses. On verra dimanche. En tout cas, après Misano il y aura encore deux courses. C'est toujours triste quand on arrive à la fin, mais c'était bien en tout cas, on a pris du plaisir.

Valentino Rossi, Petronas Yamaha SRT

Valentino Rossi

Quand tu as annoncé ta décision de t'arrêter, l'été dernier, tu as dit être en paix avec ce choix. Dans une interview avec la presse espagnole, ces derniers jours, tu as dit que penser à Valence te causait de la paranoïa et que tu n'étais pas prêt à t'arrêter… C'est parce que tu aimes tellement la moto qu'arrêter t'apparaît comme un cauchemar ?

Je ne sais pas si vous avez vu l'interview, mais pour moi ils en ont plutôt extrait une partie pour pouvoir écrire d'autres pages. Ce n'est pas ça. Ce que j'ai dit dans l'interview c'est qu'en Autriche tout le monde m'a demandé comment je me sentais, mais je n'avais fait que prendre la décision et c'était devenu officiel pour tout le monde, seulement je devais rester concentré parce qu'il y avait encore une demi-saison à faire. Et j'ai donc dit qu'à Valence ce serait sûrement différent pare que ce sera la dernière fois que je monterai sur ma moto et que je serai sur la grille, donc je pense que ce sera plus riche en émotions. En italien, on dit beaucoup "paranoïa" mais c'est une façon de parler, ça n'est rien de si important. Et de toute façon, je me sens bien, je n'ai pas changé d'avis.

Il faut se concentrer et penser au fait que ce qui est important, c'est le résultat de dimanche et que tout le reste vient après.

Valentino Rossi

Est-il important pour toi de quitter Misano en obtenant un bon résultat ? Et quel serait-il ?

C'est un peu difficile parce que depuis de nombreuses courses, il a beaucoup de différentes choses qui viennent se greffer, liées au fait que je vais arrêter à Valence. Tout le monde veut faire quelque chose de spécial et ça prend beaucoup de temps d'essayer de tout gérer, mais le problème c'est qu'au final je suis toujours en piste, toujours sur la moto, et c'est difficile de partager [mon temps] et de rester concentré au maximum. Monter sur une MotoGP, c'est déjà difficile et dangereux, donc il faut essayer de rester concentré et ne pas penser au fait que c'est ma dernière course à Misano mais que [considérer que] c'est une véritable course. Je pense que la meilleure façon de faire, c'est d'essayer d'être compétitif, d'essayer de donner le maximum. Un bon résultat pourrait être de figurer dans le top 10, même si ça n'est pas facile.

Comment parviens-tu à garder ta concentration avec tout ce qui se passe autour de toi ?

C'est difficile pour tout le monde, y compris pour un pilote MotoGP normal, de rester concentré pendant le week-end, parce qu'on doit faire beaucoup de choses différentes, beaucoup de relations presse par exemple, ce qui est très important pour les gens autour alors que pour un pilote tout ce qui compte c'est le résultat du dimanche après-midi. Je suis donc dans cette situation, de façon un peu plus extrême [qu'un autre pilote]. Il faut donc se concentrer et penser au fait que ce qui est important, c'est le résultat de dimanche et que tout le reste vient après. Il faut donc gérer cette situation, mais c'est plus ou moins la même chose pour tout le monde.

Tu es à la fois une personne et une icône : comment veux-tu qu'on se souvienne de toi en tant qu'icône ?

Franchement, je ne sais pas. Quand vous êtes sportif, votre vie est un peu divisée en deux parties : l'une est le pilote que beaucoup de monde connaît et qu'on peut suivre pendant sa carrière et aimer ou pas, et une autre chose c'est la personne et là je pense que c'est plus personnel, c'est plus pour les amis proches. Mais, franchement, je ne sais pas comment répondre. Qu'on se souvienne de moi comme d'un bon pilote, avec une longue carrière et de bons résultats. Mais, surtout, je pense que les gens se sont amusés avec moi, en suivant les courses pendant toutes ces années, et je pense que c'est la meilleure façon de se souvenir de moi.

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