Yamaha ne regrette pas d'avoir laissé Rossi courir en 2021

Sa carrière aurait pu s'arrêter fin 2020, lorsqu'il a perdu sa place dans l'équipe officielle Yamaha au profit de Fabio Quartararo, mais Valentino Rossi avait décidé de continuer à courir. Malgré l'échec de sa saison 2021, c'était un choix justifié, selon Yamaha.

Yamaha ne regrette pas d'avoir laissé Rossi courir en 2021

Il ne fait aucun doute que la dernière saison de Valentino Rossi en Grand Prix aura été décevante, tellement elle fut éloignée de la tendance qu'avaient connue jusqu'alors les performances du nonuple Champion du monde. La baisse avait déjà été amorcée, d'abord en 2018 avec l'absence de victoires, puis l'année suivante lorsque le #46 avait glissé à la septième place du championnat alors qu'il était parvenu à figurer dans le trio de tête la saison précédente ; en 2020, il avait dégringolé à la 15e position mais les soucis techniques de Yamaha et sa propre absence après avoir été infecté par le COVID-19 avaient laissé un goût d'inachevé à cette campagne, difficile à interpréter.

Se sachant remplacé dans l’équipe officielle Yamaha pour la saison 2021, Rossi s'était accordé une longue réflexion, avant même que le championnat 2020 ait pu débuter, pour finalement choisir de rester engagé malgré tout. Cela passait par un transfert dans l'équipe satellite de la marque, avec l'assurance d'y bénéficier néanmoins du soutien de l'usine. Bien que rétrogradé et par la même occasion privé d'une grande partie de sa fidèle équipe technique, Rossi était reparti au charbon, toujours déterminé à retrouver de bonnes performances.

Le verdict de la piste a toutefois été rude. En 18 courses, il n'a marqué que 44 points, son score le plus faible. Pour la première fois de sa carrière, il n'est jamais monté sur le podium, son meilleur classement ayant été une huitième place. Dans un groupe Yamaha qui n'a vu qu'un seul de ses pilotes véritablement briller − et pas qu'un peu, puisqu'il y avait le titre à clé pour Fabio Quartararo − Valentino Rossi n'a pas fait de miracles. Pendant l'été, il a dû se rendre à l'évidence et annoncer son départ, se sentant désormais arrivé au bout de ce qu'il pouvait tenter pour faire durer sa carrière au plus haut niveau.

Malgré l'échec de cette saison pour le pilote star du championnat, Lin Jarvis, directeur exécutif de Yamaha Motor Racing, a jugé justifié son choix de ne pas s'être arrêté fin 2020. "Valentino voulait commencer cette année avec l'énergie et les efforts nécessaires pour essayer à nouveau. L'année dernière, il y avait le COVID-19, nous avons commencé en juillet, fait 14 courses, sans spectateurs… Il s'est passé beaucoup de choses. Valentino voulait donc vraiment essayer de faire une saison complète et de voir s'il pourrait encore être compétitif", a-t-il rappelé.

"Mais dans la première partie de la saison, ça a été clair : le niveau avait été relevé à nouveau, tous les jeunes pilotes étaient de plus en plus rapides, Fabio était incroyablement rapide, Maverick [Viñales] avait gagné la première course, etc. Ça n'a donc jamais été facile pour lui, dès le début de l'année."

"Je suis certain qu'il sera le premier à admettre que la saison aura été décevante pour lui en termes purement de points et de résultats. Mais je continue de penser que son année se justifiait totalement et si nous devions reprendre la même décision, même avec le recul, je pense que nous ferions à nouveau la même chose car je crois qu'il avait besoin de faire cette année de plus pour finir avec l'art et la manière."

Razali : "Sa tête était prête, son corps n'a pas suivi"

Razlan Razali, team principal de Petronas SRT, regrette en revanche d'avoir accueilli Valentino Rossi dans son équipe. Initialement sceptique compte tenu de sa volonté d'aligner une structure junior pouvant former de jeunes pilotes, le Malaisien s'était laissé convaincre, mais ses espoirs n'ont pas duré bien longtemps.

"Si je suis honnête, je n'aurais pas dû prendre Valentino", a-t-il déclaré à Speedweek, affirmant ne jamais avoir subi de pression de la part de Yamaha pour aligner le #46. Ce choix, il l'assume. "Personnellement, j'étais sceptique jusqu'à ce que Valentino monte sur la troisième marche du podium aux côtés de Fabio et Viñales lors du deuxième Grand Prix à Jerez en juillet 2020. Quand je me suis retrouvé à côté des trois pilotes sur le podium, dans ma tête je me suis dit : 'OK, peut-être que ce gars peut le faire'."

La cassure est intervenue, selon lui, lorsque Valentino Rossi a contracté le COVID-19 à l'automne 2020. "Après cela, les résultats ont été mauvais. Mais à ce stade, la décision au sujet de Valentino était déjà prise", a-t-il précisé. "Je pense que Valentino s'est mis la pression. Les jeunes pilotes sont beaucoup plus rapides. Valentino a pourtant réalisé de meilleurs temps au tour que par le passé, mais ça n'a pas suffi. Il voulait le succès, son cœur et sa tête y étaient prêts, mais son corps n'a pas suivi."

Valentino Rossi a finalement raccroché après avoir disputé à Valence son 432e Grand Prix, mettant un terme à 26 saisons dans le Championnat du monde, dont 22 dans la catégorie reine. Il a remporté neuf titres et 115 victoires, ce qui fait de son palmarès l'un des plus prestigieux de l'Histoire, assorti de certains records que le pilote italien devrait encore conserver un moment. Il a été nommé Légende du MotoGP au soir de son dernier Grand Prix.

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