Yamaha avait "sous-estimé" les progrès des marques européennes en 2024

Max Bartolini, récemment nommé directeur technique de Yamaha, estime que la marque n'avait pas anticipé les progrès des constructeurs européens cette année. L'ancien ingénieur de Ducati veut apporter ses méthodes de travail mais sait qu'il faudra "du temps" pour voir un bond en avant.

Fabio Quartararo, Yamaha Factory Racing

Distancé par les trois constructeurs européens l'an passé, Yamaha ne parvient toujours pas à lutter avec eux cette année, malgré les quelques coups d'éclats de Fabio Quartararo, à la lutte pour les premières places en courses sprint à Jerez et sixième avant sa chute au Mans. La M1 a pourtant progressé cette année mais sans faire un bond en avant dans la hiérarchie puisque Ducati, KTM et Aprilia ont eux aussi su améliorer leurs machines.

C'est en tout cas le constat que dresse Max Bartolini, devenu directeur technique de Yamaha cette année. L'ingénieur connaît bien les secrets de la Ducati puisqu'il était le responsable des performances de la marque de Borgo Panigale jusqu'à la saison passée. Celui qui était décrit comme le bras droit de Gigi Dall'Igna est convaincu que Yamaha fait les efforts nécessaires pour redresser la barre.

"Plus qu'un retard, on peut dire que dans certains domaines, ils ont quelque peu sous-estimé les efforts des développements apportés par les constructeurs européens", a expliqué Bartolini à Sky Sport Italia. "Mais c'est une chose comprise maintenant, donc ils essaient d'investir pour combler l'écart. Il est évident que sur certaines choses, si vous investissez lourdement un an ou un an et demi plus tard, cela prend du temps, mais c'est le cas dans toutes les compétitions."

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Depuis la prise de pouvoir des constructeurs européens, beaucoup de choses ont été dites sur l'approche de Yamaha et Honda, potentiellement freinés par le conservatisme souvent associé à la culture japonaise, quand leurs rivaux ont accéléré leurs processus de développement et ont vu des prises de risques récompensées par des progrès. Après deux décennies passées chez Ducati, Bartolini a été recruté pour apporter un nouvel état d'esprit et il estime pouvoir le faire cohabiter avec celui de Yamaha, surtout parce que les éléments à corriger sont clairement identifiés.

"Disons que le bon mot est que c'est un environnement différent. C'est évidemment une culture différente, parce que j'ai toujours travaillé pour des entreprises italiennes et que c'est la première fois que je travaille pour une marque japonaise. Jusqu'à présent, cela s'est très bien passé, même si ces trois mois représentent très peu de temps. Nous savons tous que nous avons beaucoup à faire, mais ce qui est bien, c'est que nous avons le nécessaire dans nos têtes. Il y a évidemment une différence entre l'avoir en tête et le faire, mais dans l'ensemble nous avons identifié les choses que nous pouvons améliorer."

"Mais comme vous pouvez l'imaginer, cela prend du temps de combler un écart de sept ou huit dixièmes. On y travaille, on produit des pièces et on essaie d'associer deux expériences : la mienne, purement européenne, et l'expérience japonaise de Yamaha dans les méthodes de travail. Le but est d'associer ce qui est bien dans les deux cultures pour réduire l'écart à une échéance raisonnable."

Fabio Quartararo et Alex Rins avec Massimo Bartolini, Yamaha Factory Racing

Max Bartolini, entouré par Fabio Quartararo et Álex Rins

Photo de: Yamaha MotoGP

Si Bartolini se permet cette ambition, c'est parce que la Yamaha conserve selon lui un certain potentiel. La moto sortie des ateliers d'Iwata est la seule du plateau à être motorisée par un quatre cylindres en ligne et pas un V4, ce qui signifie que calquer les recettes qui ont fait le succès de Ducati ne serait pas suffisant, mais cette différence peut aussi apporter son lot d'avantages.

"J'essaie de comprendre comment Yamaha fonctionne et d'exploiter ses forces parce que les chronos ne le montrent pas, mais nous avons des forces. Il est évident qu'avec une architecture moteur différente, la moto sera toujours un peu différente. De nombreux concepts utilisés chez Ducati, surtout ceux liés à la dynamique du véhicule, sont difficiles à mettre en œuvre ici, mais beaucoup d'autres choses sont partagées, comme l'équilibre aérodynamique et la façon de travailler sur l'électronique. Ce sont les expériences que l'on peut essayer de transmettre."

Yamaha est confronté à une difficulté supplémentaire, la nécessité de répartir ses ressources entre le développement de la moto actuelle et celle répondant à la nouvelle règlementation prévue pour 2027, qui représente une opportunité de replacer la marque au sommet. Bartolini prévient cependant que ce nouvel environnement technique sera "assez proche" du règlement actuel malgré "quelques différences", et que le travail fait sur les machines engagées jusqu'en 2026 pourra en partie servir pour la suite.

"Il est évident qu'il faut essayer d'investir les bonnes sommes sur les choses qui vont disparaître, comme les correcteurs d'assiette. Il faut plutôt comprendre les concepts aérodynamiques et essayer de les optimiser, tout comme le moteur et le châssis. Il y a des choses que nous pourrons conserver en 2027, donc l'essentiel de l'investissement se fait sur des technologies qui seront encore utilisées."

Avec Matteo Nugnes

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