Zarco, le meilleur atout des adversaires de Viñales et Rossi ?

En finissant de nouveau devant les pilotes officiels, Zarco a fait les affaires des rivaux de Yamaha. Une situation qui commence à devenir préoccupante au sein de l'équipe d'usine.

Le fait de voir Johann Zarco évoluer en tête du Grand Prix du Qatar lors du lever de rideau de la saison 2017 a dû être plutôt bien accueilli dans les rangs de la marque aux trois diapasons. Après tout, cette situation était flatteuse, et venait confirmer la qualité de la M1 de 2016, encore capable de mener une course, même entre les mains d'un rookie qui n'en était alors qu'à sa première épreuve en MotoGP.

Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence au fil des manches dans le clan japonais : loin d'être la chance d'un soir pour le Français, ce scénario s'est reproduit en d'autres occasions par la suite – soulignant du même coup le véritable talent du Cannois, mais aussi de son coéquipier Jonas Folger.

Jusque très récemment, cela n'avait encore rien de fâcheux, du moment que les Yamaha officielles tenaient le haut du pavé, à Losail, en Argentine, ainsi qu'en France. Mais avec l'apparition des premières difficultés des M1 de 2017, à Jerez ainsi qu'en Catalogne, des doutes sont apparus quant à la réelle supériorité et au bien-fondé de la direction technique prise par la firme d'Iwata.

Cette dernière s'est donc empressée d'essayer de rectifier le tir, en introduisant un nouveau châssis dès Assen, ce qui a dans un premier temps semblé porter ses fruits – même si c'est bien Zarco qui s'était montré le plus rapide aux Pays-Bas, avant de ne devoir abandonner sa première place qu'en raison d'une tactique inadaptée en course –, avec le retour au premier plan de Valentino Rossi, après que l'Italien a été tenu éloigné plus d'un an de la victoire.

Un nouveau châssis qui n'arrange pas les affaires de l'équipe d'usine

Mais les atermoiements de ce dernier et de Maverick Viñales quant au recours systématique ou non à cette seconde spécification du châssis de 2017 dénotaient déjà d'une absence de concorde quant aux réels apports de celle-ci en termes de compétitivité. 

Et de fil en aiguille, Zarco est passé du "simple" statut de pilote satellite mettant en valeur le bon matériel mis à sa disposition à celui de poil à gratter pour les pilotes officiels, à l'heure où le championnat est entré dans sa seconde partie et où chaque course devient de plus en plus déterminante dans la quête du titre. 

En ce sens, le Grand Prix d'Autriche constitue le dernier épisode d'une série qui dure sans doute depuis trop longtemps aux yeux de l'équipe d'usine. Le pilote Tech3 y a de nouveau fini devant Viñales et Rossi, privant les deux hommes, toujours en lice pour le sacre, de points précieux.

Un état de fait préjudiciable, même si Viñales estime que c'est de bonne guerre. "Chaque pilote essaye de battre l'autre", explique l'Espagnol. "Je ne pense pas que cela ait de l'importance aux yeux de Zarco qu'il soit devant nous, et pour nous non plus. Zarco est un autre rival en piste, et il essaye de faire de son mieux."

Reste que voir un pilote satellite malmener des pilotes officiels n'est pas pour déplaire aux rivaux de ces derniers. Et en premier chef, à Marc Márquez, trop heureux de cette situation. "Il faut que cela continue comme cela [rires] ! Que voulez vous que je vous dise de plus ? Le fait qu'il soit entre moi et les deux Yamaha d'usine, c'est mieux bien sûr."

Un impact au général qui commence à se faire ressentir

Avec respectivement 24 et 33 points de débours sur le pilote Honda, Viñales et Rossi ne sont pas encore dans une position désespérée, mais il devient urgent de réagir, en repensant la direction prise pour le développement jusqu'ici. 

Pour Andrea Dovizioso, il ne tient donc qu'à Yamaha de rectifier le tir. "Bien sûr, Zarco a confirmé qu'il était très fort, très rapide", reconnaît le vainqueur du Grand Prix d'Autriche. "Mais c'est très étrange... [de voir une Yamaha satellite devant les officielles]. Je veux dire... ils ont pris la décision de changer de moto. Ils savent très bien ce qu'ils ont fait durant le week-end, ce qu'ils ont décidé, mais il semble que cela ne marche pas d'une façon parfaite jusqu'ici."

Mais avec encore sept manches à disputer, ce nest pas encore la sérénité qui prime parmi les adversaires de la marque aux trois diapasons, à l'image d'un Dani Pedrosa, qui estime qu'il reste encore suffisament de temps pour voir Yamaha faire son retour au premier plan, et surtout devant les Tech3. "C'est bien sûr étrange. Mais ils savent ce qui est différent sur leurs motos, et donc ce qui se passe dans leur garage", confirme le numéro 26. "Pour nous, cela ne change rien : nous continuons de travailler de notre côté. C'est important que nous soyons plus rapides, mais nous devons aussi rester concentrés, car si aujourd'hui [dimanche] ils ont été en difficulté, il reste encore beaucoup de courses à disputer."

Toujours est-il qu'après sa nouvelle performance sur le Red Bull Ring, Zarco n'a pas hésité à évoquer son souhait de disposer d'une moto d'usine en 2018, à l'instar d'un Danilo Petrucci cette saison. Pas sûr cependant que la perspective de mettre le numéro 5 sur un pied d'égalité avec les pilotes officiels soit du goût de Yamaha, déjà en difficulté pour devancer celui-ci avec une machine plus récente.

 
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