Zarco : "Quel bonheur de mener la course !"

Le Français ne se dérobe pas et prend les commandes dès que l'opportunité se présente, même si le Grand Prix du Qatar a une nouvelle fois prouvé le week-end dernier qu'un grain de sable pouvait mettre à mal la concrétisation espérée.

Contrairement à l'an dernier, Johann Zarco a entamé sa saison en inscrivant des points à son compteur, puisqu'il a rallié l'arrivée en huitième position, là où il y a un an il avait chuté dans le septième tour. Pourtant, à l'instar de 2017, il serait en droit de garder un sentiment d'inachevé, sachant qu'il a longuement mené la course avant d'être repris par l'intégralité du groupe de ses poursuivants.

Lors de la conférence de présentation du GP de France, mercredi à Paris, le pilote Tech3 est revenu sur le déroulé de ce premier Grand Prix et sur la faute imputable à son pneu avant, qui a commencé à lui transmettre de mauvaises sensations dès le deuxième tiers de la course.

"Je sentais que sur le pneu avant, à droite, il y avait une sensation qui n'était pas comme d'habitude. J'ai attendu, je me disais 'J'espère que les autres ont le même problème, fais ta course et on va voir ce qui arrive au fur et à mesure des tours'", explique Zarco, qui s'interrogeait de la tournure que prenait la course, alors qu'une meute affamée collait à sa roue arrière.

"Ce problème devenait de pire en pire, [et j'avais] toujours le souhait que les autres aient le même puisque personne ne me passait. Et à cinq tours de l'arrivée, quand ils ont commencé à me doubler et qu'il fallait se bagarrer, j'ai vu qu'ils n'avaient pas le même problème", poursuit-il. "Finalement on se dit : Qu'est-ce qu'il faut faire ? J'ai les boules, tout le monde me passe : je force et je tombe, [ou bien] je termine ? [J'ai choisi] l'option où je termine parce qu'à la fin, quel que soit le résultat ou presque, quand on arrive au bout d'une course il y a toujours une satisfaction."

Si la performance du Français a pu surprendre, de par le contraste entre la position de leader qu'il a longuement tenue et l'aisance avec laquelle ses rivaux ont pu l'en déposséder à cinq tours de l'arrivée, l'existence d'un problème a rapidement été évidente. "On s'est demandé si on avait mal réglé la moto pour toute la course et après observation on s'est dit que le problème pouvait être ailleurs", souligne-t-il.

"Chaque pneu est bien analysé et dans ce cas-là il y aura quelque chose d'un peu plus poussé", pressent le pilote, tout en précisant : "Tout ce qu'on pourra savoir restera de toute façon secret. On a notre matériel et on fait avec. S'il y a un problème, ça n'est pas bien de se donner des excuses, il faut le garder pour soi et être meilleurs la prochaine fois."

Indépendamment de son problème à l'avant, Johann Zarco a-t-il connu une usure particulière à l'arrière, à l'instar de d'autres pilotes malmenés par le bitume sale et abrasif de Losail ? "Pas du tout, la consommation des gommes ça allait très bien. Même, j'aurais plus consommé mon pneu avant à rouler derrière que devant", assure-t-il.

Mieux vaut mener quand on le peut

Il est vrai que le pilote Tech3 ne s'est pas dérobé face à l'enjeu dimanche, prenant la tête dès l'extinction des feux. Seulement passé par Marc Márquez dans le dernier virage du premier tour, il a promptement récupéré les commandes au bout de la ligne droite pour ne plus les céder avant de repasser à cet endroit, 15 tours plus tard.

A-t-il eu le sentiment de faire le lièvre pour des pilotes souhaitant économiser leurs pneus en vue de la fin de course ? "Peut-être, mais ça ne me gêne pas du tout parce que quel bonheur de mener la course, surtout quand tu es à l'aise. Márquez et Dovizioso connaissent très bien leur force et ils peuvent patienter. Moi, pour l'instant je trouve que patienter derrière est plus risqué", souligne-t-il, répondant toutefois indirectement à Andrea Dovizioso, qui a fait savoir dimanche que le Français avait mené parce que ses rivaux l'avaient bien voulu. "S'ils allaient si vite pourquoi ne m'ont-ils pas doublé et ne sont-ils pas partis ? Parce qu'entre assurer la course en se bagarrant à deux ou à cinq, c'est mieux de se bagarrer à deux. Ils ont pu attendre, mais pas tant que ça."

Quoi qu'il en soit, le pilote Tech3 a maintes fois prouvé qu'il préférait mener s'il en avait la capacité, plutôt que de rester tergiverser. "Il vaut mieux être devant, car en étant premier si quelqu'un te double tu es deuxième, alors que si tu attends trop derrière, il peut se passer des choses et pour l'instant je ne prends pas ce risque-là." Dans un exercice différent, ce fut aussi l'une des recettes de sa pole position record samedi, lorsqu'il a décidé de se lancer dans un tour parfait, là où beaucoup rechignaient à servir de locomotive. "J'ai appris que c'est comme ça que c'est le plus simple. Viser simple et si on est bien on est devant."

Merde au Qatar, champion plus tard !

Johann Zarco

Si un problème pneumatique similaire à celui de dimanche devait se reproduire, mènerait-il encore la course aussi longuement ou bien adopterait-il une autre stratégie ? "Je referais la même chose", assure-t-il. "Finalement, ça me fait plaisir d'avoir cette sensation, parce que tout était bien sous contrôle. À un moment, je me suis retrouvé à attendre. J'ai dit : 'Mince, alors si personne ne me double, c'est que je vais quand même assez vite, donc je vois ce qui se passe'. Je trouve qu'en roulant derrière, on insiste encore plus et, finalement, faire ma propre trajectoire m'a peut-être permis de tenir jusqu'à cinq tours de la fin et de ne rétrograder que huitième."

Le mot de la fin ? Il est sans détours et traduit des ambitions bien plus élevées qu'une victoire qatarie, pour l'instant insaisissable... "Finalement, depuis 2015, on a l'impression qu'on peut dire 'Merde au Qatar, champion plus tard !'"

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries MotoGP
Événement GP du Qatar
Sous-évènement Course
Circuit Losail International Circuit
Pilotes Johann Zarco
Équipes Tech 3
Type d'article Actualités