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MotoGP GP de Catalogne

"En galère", Johann Zarco a préféré s'isoler après la course

Contraint à une lutte entre pilotes Honda qu'il n'a même pas pu remporter, Johann Zarco avait "les boules" après le GP de Catalogne et a préféré s'isoler plutôt qu'enchaîner avec son débriefing technique.

Johann Zarco, Team LCR Honda

Johann Zarco a connu son troisième week-end de la saison sans aucun point à Barcelone, en six occasions depuis le début du championnat. Tombé après avoir été percuté par Álex Márquez lors du sprint, il n'a jamais occupé une position dans le top 15 dimanche.

Zarco était une nouvelle fois le meilleur pilote Honda sur la grille, au 18e rang, mais il a dégringolé en 25e et dernière position dans les premiers tours. "Je me suis dit 'OK, tu es dernier, prends le temps de contrôler ta moto et économise le pneu'", a expliqué le pilote LCR après l'arrivée. "J'ai pu revenir sur les pilotes Honda. C'était impossible d'aller plus vite."

"Dès les premiers tours, puisque je suis plutôt performant, ça a performé, mais j'ai senti qu'on allait être limite", a-t-il ajouté sur Canal+. "On n'a pas réussi à améliorer les choses pour me mettre moins limite. Ça fait presque partir en arrière."

Zarco a pu remonter au 17e rang, devenue 16e place après la pénalité d'Enea Bastianini, qui avait intentionnellement ignoré ses différentes sanctions. Seuls Takaaki Nakagami et Joan Mir ont pris des points avec une Honda qui reste nettement la machine la moins performante du plateau ce moment.

"Ce sera difficile pendant de nombreuses courses, tant qu'on n'aura pas une nouvelle base sur la moto pour faire mieux entrer la moto en courbe", a prévenu Zarco. "On peut se plaindre seulement du grip mais si on ne se plaint que de ça, ça n'aidera pas les techniciens à avancer donc je pense qu'il est nécessaire de donner une bonne explication pour avoir une vue générale de la situation et accepter des courses difficiles comme celle-là."

Johann Zarco, Team LCR Honda

Johann Zarco

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

"C'est toujours bon signe de voir la fin de la course parce que ce n'est pas fun de tomber mais l'expérience aide à aller vite à la limite de la moto le vendredi, puis le problème, c'est qu'on essaie de comprendre pour mieux faire fonctionner la moto en fin de week-end, et qu'en fin de week-end on n'a rien de mieux. C'est ce qui me déçoit, c'est ce qui m'attriste dans ce week-end de course."

"J'essaie de contrôler, à un moment je pense que j'ai de la vitesse et en fait, la moto ne répond pas", a résumé Zarco sur Canal. "Je ne remonte même pas alors qu'à 15 tours de la fin, on va dire que je n'avais plus qu'à doubler les autres pilotes Honda, mais [c'était] impossible. Ça m'a mis un peu les boules."

Une "phase difficile" pour le clan Honda

Une fois la course terminée, la frustration de Zarco était telle qu'il a jugé préférable de modifier son programme. Au lieu d'enchainer directement avec son débriefing technique, il s'est isolé pour dépenser de l'énergie sur un vélo d'appartement : "Je suis rentré pour souffler parce que je ne voulais pas parler directement aux techniciens, trop les boules de pas avoir eu de bonnes sensations, d'avoir été en galère toute la course."

"Je suis allé pédaler, j'ai pris la douche et comme tout s'enchaîne à chaque fois – technique, médias et je fais la récup' – là je suis aller récupérer pour me calmer", a détaillé Zarco. "J'irai parler techniquement [après] pour tout remettre à plat parce qu'on avait fait des choses. À la conclusion du dimanche, quand on n'est pas au moins le premier Honda, c'est qu'on n'a pas assez bien travaillé."

En délaissant volontairement la Ducati, le constructeur italien ne lui proposant qu'un an d'engagement en MotoGP, pour une Honda à la peine, Zarco avait conscience du défi auquel il se confrontait cette saison. Il assume de vivre une "phase difficile" qu'il veut vivre comme une "expérience" enrichissante : "Elle n'est pas marrante parce que terminer une course comme ça, ce n'est pas fun, mais c'est là. Il faut aller de l'avant et faire en sorte de rester un bon pilote, c'est un bon challenge."

Je vois qu'ils ne sont pas contents de ce genre de résultat mais pour le moment, on n'a aucune solution et c'est vraiment difficile.

Pour sortir de cette situation, Honda n'hésite pas à apporter de grosses nouveautés même si comme Zarco l'a souligné, la base reste inchangée. À Barcelone, le Français disposait d'un nouvel ensemble aérodynamique tandis que dans l'équipe officielle, les évolutions se concentraient sur le moteur, avec pour objectif de réunir l'ensemble des changements quand ils auront fait leur preuves.

"Je ne connais pas les projets de Honda pour le moment, ce qui sera nouveau et quand, mais ils sont vraiment impliqués", a précisé Zarco. "Je vois qu'ils ne sont pas contents de ce genre de résultats mais pour le moment, on n'a aucune solution et c'est vraiment difficile. [...] On est toujours ces quatre pilotes qui ne suivent pas le groupe de devant et ça veut vraiment dire qu'il y a un problème."

Johann Zarco, Team LCR Honda

Johann Zarco ne peut lutter qu'avec les autres pilotes Honda en ce moment

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

Avant le week-end, Zarco était assez encouragé par l'ensemble aérodynamique validé au Mugello, mais le circuit de Barcelone a moins mis en avant ces progrès : "Je pensais avoir plus d'aide ici mais c'est là que je me suis rendu compte que ce que l'on a fait, ça a peut-être plus aidé au freinage. Peut-être que ça n'a pas apporté la plus grande différence sur ce circuit et [qu'avec] le fait que cette piste manque d'adhérence, l'effet du carénage ne fonctionnait pas comme je l'ai senti au Mugello, parce que ça manquait d'ancrage au sol."

Des espoirs mesurés pour le GP d'Italie

Les pilotes retrouveront la Toscane dès ce week-end et Johann Zarco y voit une bonne occasion de tester à nouveau le nouvel ensemble aérodynamique et, plus simplement, de définitivement tourner la page d'un GP de Catalogne à oublier.

"On a fait évoluer l'aéro, ça peut être très intéressant et on va voir au Mugello. C'est très bien d'aller directement au Mugello, de ne même pas attendre une semaine, [...] parce que ça va aider à au moins remédier à ces sensations. On se dit que même si on n'a pas encore la moto pour être dans les dix premiers, [il faut] au moins se sentir plus fort que les autres parce que c'est un sentiment qui touche l'égo qui est important. On va voir au Mugello. "

Les espoirs restent cependant minces car le niveau n'avait rien d'exceptionnel lors du test effectué il y a deux semaines en Italie : "On a fait toute la journée en 1'47, normalement il faut faire toute la journée en 1'46. Il manque quand même une seconde au Mugello. On verra en mettant la vraie énergie pour essayer de faire un bon week-end. Là, je l'ai mise l'énergie mais en course, je me suis retrouvé avec une moto que je ne pouvais pas gérer."

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