Zarco premier à féliciter Quartararo : "Je profite de son bonheur"

Johann Zarco se réjouit du titre de Fabio Quartararo en MotoGP et y voit une étape importante pour la place de la moto en France et "faire rêver" les jeunes pilotes.

Zarco premier à féliciter Quartararo : "Je profite de son bonheur"

Lorsque Fabio Quartararo a franchi la ligne d'arrivée du Grand Prix d'Émilie-Romagne en Champion du monde, le premier pilote à venir le féliciter à été Johann Zarco, cinquième de la course à quelques secondes du pilote Yamaha. Zarco a partagé le bonheur de son compatriote, le tout premier pilote français titré au plus haut niveau de la compétition sur deux roues.

"Je suis content pour lui ; nous avons presque dix ans d'écart et c'est bien pour la France d'avoir un Champion en MotoGP : c'est la première chose que je lui ai dite lorsque je me suis arrêté", a expliqué le Provençal, confiant les mots qui ont été les siens : "'Tu es Champion du Monde, mon gars, wow !' Je profite de son bonheur, qu'il en profite. Il a réalisé une saison parfaite, alors respect. Je suis content pour lui."

"Il faut profiter de ça, il vaut mieux que ce soit un Français – même si ce n'est pas moi – que par exemple Márquez pour une neuvième ou dixième fois, je ne sais pas !" a-t-il plaisanté.

 

Malgré une déception compréhensible pour le clan Ducati auquel il appartient en portant les couleurs du team Pramac, Johann Zarco reconnaît la supériorité de Fabio Quartararo cette année. El Diablo a été très régulier aux avant-postes et a su sauver des points importants dans les moments les plus difficiles : les qualités d'un champion, selon son aîné.

"Il a fait une saison fantastique, il a été très malin et il a vraiment montré qu'il a progressé mentalement entre l'année dernière et cette année", a souligné Zarco sur le site officiel du MotoGP. "Il a été là à chaque course. Même quand il a eu des problèmes, il se battait encore pour le podium. C'est l'exemple pour être Champion du monde et je suis très content. En tant que pilote français, j'aimerais être champion, mais je pense que c'est vraiment bien qu'il soit champion."

"Si je pense à Ducati, il aurait été bien que Bagnaia puisse pousser pour le titre jusqu'à la dernière course, mais ce que Fabio a fait cette année, c'est être plus constant que Bagnaia et Bagnaia a été si fort sur ces dernières courses…" a-t-il précisé. "Il revenait, mais même avec des problèmes, Fabio a été en mesure de réaliser des courses solides et de prendre de gros points, même sans gagner."

Moi aussi, je souhaite gagner, mais il faut aussi profiter et saluer cette performance : c'est unique, donc il vaut mieux partager son bonheur aussi. Et pour la France, c'est top ! Ça va parler de moto et ça va faire rêver des jeunes cet hiver.

Johann Zarco

Titré deux fois en Moto2, Zarco aurait naturellement apprécié être ce premier champion tricolore dans la catégorie reine mais il juge le titre de Quartararo "énorme" pour la place de la moto en France, en montrant à la plus jeune génération qu'il est possible d'atteindre le sommet : "C'est parfait pour la France. Ça fera rêver les jeunes pilotes et c'est bien pour notre pays, pour la moto. Le MotoGP est la Formule 1 de la moto. Il a été fort et je pense qu'il le sera pendant de nombreuses années. Je suis content d'avoir vécu ce moment avec lui en course."

"Moi aussi, je souhaite gagner, mais il faut aussi profiter et saluer cette performance : c'est unique, donc il vaut mieux partager son bonheur aussi", admet-il. "Et pour la France, c'est top ! Ça va parler de moto et ça va faire rêver des jeunes cet hiver, [c'est top] pour la fédé. On commence un petit peu à donner ce goût et le bon exemple aux plus jeunes. Cela ne va pas créer tout de suite des filières comme l'Espagne et l'Italie, mais au moins on a des éléments pour faire rêver, et ça, c'est bien."

Lire aussi :

Un exemple unique dans le monde de la moto

Fabio Quartararo n'est que le 17e pilote à être titré au plus haut niveau sans avoir décroché de couronne mondiale dans les deux autres catégories du Championnat du monde. Les pilotes avec cette particularité ont souvent fait leurs classes sur d'autres continents et le Niçois est ainsi le premier Européen à connaître cette situation depuis Franco Uncini en 1982.

Très vite considéré comme une pépite grâce à ses titres en CEV Moto3, Quartararo a eu beaucoup de mal à s'adapter au Moto3, où n'a gagné aucune course, puis au Moto2, catégorie qu'il a quittée avec un seul succès avant ses débuts fracassants en MotoGP en 2019. Vice-Champion du 125cc puis titré deux fois en Moto2, Zarco a connu un parcours plus académique mais reste admiratif de l'itinéraire qui a mené Quartararo au sommet du MotoGP.

"C'est ultra intéressant parce que c'est vraiment l'école de la précocité. Très, très fort, très jeune, ultra doué. Il ressent le truc et, d'un seul coup, c'est une star montante. Et dès qu'il arrive en Grand Prix – il arrive en Grand Prix à 15 ans, alors que normalement c'est à 16 ans, parce qu'il a gagné en Espagne à 14 ans –, ça va contre les règles [du moment] qui consistent à dire qu'il faut passer plus de temps [dans d'autres séries] avant de commencer le Championnat du monde. Donc c'est un exemple de précocité, et si précoce que c'était déjà une star montante et qu'ensuite on dit : 'ça y est, il prend la grosse tête' chez Leopard, tout ça. 'Il ne va plus y arriver parce qu'il n'a pas eu le temps de confirmer des choses'."

"Il passe en Moto2, il fait ses classes en Moto2. Parfois, il galère : 20e ! Parfois, il gagne. Donc des choses difficiles à cerner… Et il chope cette opportunité du MotoGP, et cette MotoGP lui a donné un feeling qu'il n'avait pas en Moto2. En Moto2, c'est une question de compromis, alors que le MotoGP c'est 'all in'. C'est un peu ça, la définition des catégories."

"Moi, le compromis, je l'ai trouvé : j'ai eu mes deux titres [Moto2], mais j'ai du mal à tout mettre en MotoGP. Mais il y a aussi d'autres choses dans ma carrière qui ont fait que je n'ai pas encore gagné. Pour lui, qui était plutôt du genre impulsif et 'all in', ça a marché sur la Yamaha. La grosse leçon de maturité [est venue] entre l'année dernière et cette année : cette année, il y a eu zéro erreurs, et ça c'est beau. Cela fait un Champion du monde."

Avec Guillaume Navarro

Lire aussi :

partages
commentaires
Régularité et stabilité, les éléments décisifs pour le titre de Quartararo
Article précédent

Régularité et stabilité, les éléments décisifs pour le titre de Quartararo

Article suivant

Rossi "un peu en colère" que Bagnaia n'ait pas suivi son conseil

Rossi "un peu en colère" que Bagnaia n'ait pas suivi son conseil
Charger les commentaires