Sophia Flörsch, une ado déjà très prometteuse

Du haut de ses quatorze ans, Sophia Flörsch a prouvé qu'elle avait de l'avenir en sport automobile, en seulement dix courses de Ginetta Junior. Jamie Klein l'a rencontrée pour en savoir davantage.

Alors que le monde du BTCC se rend à Snetterton ce weekend, une pilote se fera remarquer par son absence, au grand dam de ses loyaux fans.

En une demi-saison de Ginetta Junior, Sophia Flörsch a marqué les esprits : deux victoires à Thruxton en mai ont fait d'elle le principal sujet de discussion du paddock.

Après ces victoires, survenues lors de ses cinquième et sixième courses après le karting, Flörsch s'est toujours classée dans le top 4 : il faudra se rappeler son nom!

Cependant, Flörsch et ses soutiens ont, depuis lors, décidé de mettre un terme à sa campagne en Ginetta pour commencer à se préparer à l'ADAC F4 en 2016 : c'est la prochaine étape vers son objectif ultime, à savoir la Formule 1.

"C'est très compétitif en ADAC F4 et commencer les essais tôt me donner les meilleures chances possibles," explique-t-elle, s'exprimant avec une maturité étonnante pour ses quatorze ans.

Si l'année prochaine se passe bien, cela pourrait changer ma vie entière, donc c'est important que je me prépare autant que possible.

Sophia Flörsch

"De plus, personne n'est vraiment intéressé par les Ginetta en Allemagne, et à cause du taux de change entre la livre et l'euro, cela nous a coûté davantage que ce que nous pensions."

"Nous avons donc pensé qu'il serait mieux d'utiliser le budget disponible pour faire des essais en F4 à la place : si l'année prochaine se passe bien, cela pourrait changer ma vie entière, donc c'est important que je me prépare autant que possible."

Dans cette optique, Flörsch a engrangé 700 kilomètres en essais la semaine dernière. Pour elle, apprendre les circuits du calendrier d'ADAC F4 sera crucial.

"Plus je fais de tours, plus je m'améliore," poursuit-elle, "et il faut que je connaisse les circuits où je courrai, car je ne connais que les deux sur lesquels j'ai déjà fait des essais, Oschersleben et Spa."

"Il y a des pilotes qui ont couru en Formel Masters [l'ancêtre de l'ADAC F4, dont la première saison est 2015] l'an dernier et l'année précédente, donc ils auront un gros avantage sur moi en connaissant déjà les circuits."

Sous le feu des projecteurs

À cause de son âge, Flörsch n'a pas pu commencer sa carrière en monoplace cette année, ce qui l'a contrainte à choisir entre les Ginetta et une autre année en kart.

Selon elle, choisir les Ginetta lui a permis non seulement de développer son pilotage de course, mais surtout de se faire énormément connaître grâce à ses exploits dans la discipline.

"Il y a peut-être cent personnes qui viennent regarder une course de kart, mais là, j'étais devant 40'000 fans à Brands Hatch pour mon premier weekend de course. J'étais vraiment nerveuse!"

"Mais à la manche suivante à Donington Park, je m'étais déjà habituée à faire avec, et quand j'ai remporté ces courses à Thruxton, j'ai eu 1000 nouveaux followers sur Twitter tout d'un coup."

"Tout ce soutien est incroyable, et je n'aurais pas eu ça si j'avais continué en kart pour une nouvelle année, donc je suis vraiment contente que nous ayons choisi les Ginetta."

Les ambitions de Flörsch pour sa première année d'ADAC F4 sont certainement élevées : "Je pense qu'être dans le top 5 ou le top 6 du championnat est réaliste. Au début, ce sera dur à cause de mon manque d'expérience, mais j'espère pouvoir gagner une ou deux fois avant la fin de la saison."

"Il faudra voir : si cela se passe bien l'année prochaine, nous pourrions passer en F3 pour l'année suivante ; sinon, je resterai probablement en F4 pour une deuxième saison."

Red Bull déjà intéressé

Il est de plus en plus cher pour les jeunes pilotes de monter les échelons des formules de promotion, mais heureusement pour Flörsch, elle est déjà parvenu à attirer le regard d'une certaine marque de boissons énergisantes, connue pour le soutien qu'elle apporte aux jeunes talents.

Repérée par Red Bull il y a trois ans, lorsqu'elle était en karting, elle est déjà liée à la firme autrichienne, ce qui lui sera très utile dans ses aventures futures.

"Je vais à l'usine huit fois par an pour faire deux heures d'entraînement sur le simulateur et deux heures à la salle de gym, bien que je ne sois pas estampillée Red Bull," révèle-t-elle. "Faire partie de leur programme de jeunes pilotes à l'avenir est certainement possible, bien que rien ne soit encore décidé."

Personne ne sait mieux que Flörsch que le chemin à parcourir demeure très long, avant de devenir la première femme à prendre le départ d'un Grand Prix depuis Lella Lombardi.

Mais le buzz qu'elle a généré en une dizaine de courses en Ginetta était remarquable et reflète un talent prodigieux qui, s'il est soutenu par le budget nécessaire, pourrait bien la porter jusqu'à l'élite.

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Pilotes Sophia Floersch
Type d'article Interview
Tags femme, interview, talent