Test - Project CARS 2 : L'essai est-il transformé ?

Sorti un peu plus de deux ans après le premier opus, Project CARS 2 évolue-t-il suffisamment pour entrer dans la cour des grands ?

Test réalisé sur PC avec un volant Thrustmaster T300RS F1.

Le premier Project CARS a été un véritable succès commercial, avec plus de deux millions de copies vendues sur PC, PS4 et Xbox One, mais l'on peut tout de même admettre que (sur PC en tout cas) la réalisation laissait parfois à désirer, notamment sur le plan des IA.

Ce deuxième épisode de Project CARS avait donc à cœur de régler ces soucis, ainsi que d'ajouter diverses fonctionnalités, comme les courses sur ovale, le Rallycross ou les quatre saisons, pour avoir des conditions météorologiques variées. Sur ce dernier point, même en paramétrant une séance en été, on se retrouve face à un blizzard incroyable, et sur une épaisse couche de neige...

La promesse d'un mode carrière plus fourni, avec notamment la possibilité de devenir pilote d'usine d'un constructeur, était des plus alléchantes, et nul doute que si les bugs et soucis du premier étaient réglés, ce Project CARS 2 aurait tout d'un nouveau best-seller.

Première bonne chose, les menus ont été repensés, et sont désormais ergonomiques. Fini le stress de ne pas savoir avec quelle peinture on allait débarquer en piste, cette fois tout est simplifié, comme devrait l'être un jeu de course en 2017 ! L'offre de voitures est plus importante que dans le premier opus, tout comme pour les circuits.

Project CARS 2 – Dallara DW12

La séance choisie se charge, vous prenez la piste (préférablement en vue cockpit, toujours aussi réussie)... et vous faites immédiatement pause pour activer le rétroviseur central et ainsi pouvoir y voir quelque chose ! Et c'est le premier côté énervant... Il vous faut, à chaque fois que vous débutez une partie, régler ce fichu rétroviseur central, qui pourtant est montré comme activé dans les options ! Ça ne semble pas grand-chose comme ça, mais si vous enchainez les courses... Espérons que ce bug sera vite réglé.

Dans le volant, inutile de s'attendre à la précision d'un retour de force d'iRacing ou de rFactor 2. Project CARS 2 s'adresse à un très large public, et doit donc naviguer entre arcade et simulation, ce qu'il ne fait pas mal du tout. Il faut toutefois pas mal jouer avec les réglages du volant pour arriver à quelque chose de convenable, là où un F1 2017 donnait un bon feeling d'entrée.

On fait quelques tours, on se prend au jeu, on arrive sur des IA, et là, même si des progrès ont été faits, des lacunes restent dans certains domaines. On sent les voitures contrôlées par l'ordinateur plus joueuses, elles font des erreurs "humaines", et ne coupent plus la moitié des virages sur un circuit comme Sonoma. Mais elles continuent de se percuter très régulièrement si on ne baisse pas leur niveau d'agressivité, et elles vous rentrent parfois allègrement dedans.

Tous ces contacts créent donc des débris en piste, ce qui n'est pas mal fait, car si vous touchez l'un de ces débris, votre voiture est à son tour endommagée. Une excellente idée, trop peu exploitée dans d'autres jeux, mais mal implémentée ici. En effet, si vous mettez les dégâts maximums dans les options, on vous met au défi de tenir plus de quatre tours sur un tracé urbain comme Long Beach, tant le moindre petit débris (voire même un cône) peut littéralement détruire votre voiture.

Il faut alors jouer avec les dégâts en mode intermédiaire et les IA sur leur agressivité minimale pour pouvoir prendre un peu de plaisir dans la multitude de courses disponibles. Project CARS 2 a fait d'énormes efforts sur les courses multiclasse, et ça se voit, on peut réellement simuler quasiment la totalité des disciplines de sport automobile de la planète, le tout avec des grilles de départ extrêmement précises, où l'on peut ajouter les catégories de notre choix. Chaque catégorie étant bien fournie en voitures, cela offre des joutes très sympathiques.

Project CARS 2

Le mode carrière manque peut-être encore un peu de personnalité, mais offre déjà un véritable pas en avant par rapport à la simple succession de courses du premier volet. On peut toutefois s'émouvoir de l'absence d'un mode championnat, certaines personnes souhaitant peut-être simplement disputer une saison complète en GT3, en Clio Cup, ou en Formule A.

On imagine que, eSports oblige, les fonctionnalités en ligne seront très bonnes, mais il est dommage d'offrir un jeu avec une telle profondeur et un tel mode carrière sans pour autant vraiment se pencher sur le jeu offline. C'est pourtant la véritable force d'un titre comme Project CARS, la capacité d'allumer la console ou l'ordinateur, et de décider de faire une course au Mans avec la Porsche 911 GT1, ou une épreuve à Indianapolis en IndyCar, avant de passer sur des courses de glace avec une Renault Clio.

Mais peut-être finalement que cette diversité nuit au produit final. Prenons les courses sur ovale par exemple. Le roi dans le domaine est incontestablement iRacing, et peu importe la voiture ou le circuit, tout a forcément l'air fade en comparaison. Ajoutez à cela l'agressivité naturelle des IA et les 500 Miles d'Indianapolis se transforment vite en pugilat...

Il serait ingrat de ne pointer que des aspects négatifs. Car au final, on peut tout à fait s'amuser sur Project CARS 2, et c'est bien le but premier, non ? Faire une petite course de temps en temps, comme on se "fait un FIFA" est possible. Maintenant, débourser jusqu'à 70 euros pour cela ? C'est une autre histoire...

Il y a tout de même un point sur lequel Project CARS 2 se hisse tout en haut de la pyramide, et je n'ai pas peur de l'affirmer, c'est la gestion de la pluie. Avec le nouveau système Livetrack 3.0, les courses à météo changeantes sont plus excitantes que jamais. Des flaques peuvent se créer rapidement, et il faudra alors être très vigilant pour éviter de partir en aquaplanning. Quand la piste sèche, certaines portions restent très humides et piégeuses, on a vraiment l'expérience la plus complète en termes de météo dynamique.

Au final, on se demande un peu quelles sont les vraies avancées tangibles du jeu en deux ans de développement. Tous les ajouts (à part la météo dynamique) ne semblent être que des gimmicks, du remplissage, sans vraie révolution. Plutôt qu'un essai transformé, nous avons ici plutôt un drop qui touche d'extrême justesse la barre transversale. Pas un mauvais jeu, mais pas un vrai bon jeu non plus. Quelque chose d'intermédiaire. Et c'est bien dommage, car on sent un véritable potentiel, à chaque course. Des petits moments de brillance viennent s'intercaler ici et là, il faut juste qu'un jour Slightly Mad Studios parvienne à les réunir dans un même jeu pour avoir un véritable hit.

Project CARS 2 est disponible à partir de ce vendredi 22 septembre sur PC, PS4 et Xbox One.

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Événement Project CARS 2
Type d'article Actualités