Une victoire à Bathurst, "un rêve" pour Alexandre Prémat

Après avoir décroché sa première victoire en Supercars en 2016 avec Shane Van Gisbergen, Alexandre Prémat retrouve les courses enduros de la série australienne, cette fois avec le leader Scott McLaughlin, sur la Ford du DJR Team Penske.

Alexandre, après votre expérience victorieuse l'an passé avec l'équipe Red Bull Holden Racing – et une première victoire en Supercars à Surfer's Paradise avec Shane Van Gisbergen –, quelles sont les raisons qui vous ont fait quitter l'équipe pour rejoindre le DJR Team Penske et Scott McLaughlin pour les Enduros de 2017 ?

Il y a plusieurs raisons. Tout d'abord lorsque Ludo [Lacroix, l'ancien directeur du Red Bull Holden Racing Team] a quitté l'équipe pour DJR Team Penske l'an passé, il avait déjà évoqué le fait que je puisse le rejoindre, même si nous n'en avions pas vraiment beaucoup parlé à l'époque. Puis surtout Scott [McLaughlin] que j'avais déjà épaulé lors de l'Endurance Cup du Supercars sur la Volvo en 2014 et 2015, et avec qui j'ai tissé des vrais liens d'amitié, voulait que je fasse de nouveau équipe avec lui cette année, il voulait quelqu'un de performant sur ces trois courses [Sandown, Bathurst et Surfer's Paradise NDLR]. Je m'étais dit "pourquoi pas", mais d'un autre côté j'avais cette proposition pour continuer avec Red Bull, et la décision était vraiment difficile.

Scott McLaughlin, Team Penske Ford

Les deux contrats étaient aussi intéressants l'un que l'autre, et j'ai vraiment réfléchi pendant un moment avant de prendre ma décision à la fin du mois de novembre. Ce qui a pu faire pencher la balance est que j'habite aux États-Unis, et que les liens sont peut-être plus évidents avec Penske. Mais, encore une fois, le choix était vraiment difficile et il n'était pas évident pour moi de quitter l'équipe Red Bull, avec laquelle j'avais vécu une super expérience en 2016, et avec laquelle j'ai remporté ma première victoire en Supercars avec Shane. Et puis, lorsque j'ai pris ma décision, le DJR Team Penske semblait moins bien armé avec la Ford que l'armada Red Bull avec les Holden.

Un choix qui s'est finalement révélé judicieux au vu des performances des Ford du DJR Team Penske, et notamment de Scott McLaughlin, qui occupe le premier rang au championnat.

Oui c'est vrai, j'ai suivi leur première victoire à Adélaïde lors du début de la saison, mais je m'étais dit que la saison allait être longue, et qu'il fallait qu'ils confirment. Et c'est ce qui s'est passé par la suite avec de nouvelles victoires pour Scott, mais aussi pour Fabian [Coulthard]. C'est là que je me suis dit que j'avais fait le bon choix. Mais attention au Red Bull Holden Racing, ils sont toujours là, Jamie Whincup est bien revenu au championnat, et on sait qu'ils sont toujours très forts lors des enduros. 

Scott McLaughlin, Team Penske Ford

Le challenge est tout de même une nouvelle fois compliqué pour vous, après la Volvo puis la Holden, vous devez désormais vous adapter à une nouvelle voiture, avec la Ford.

Effectivement, je n'ai pas choisi la facilité non plus. Je crois que, sur les dernières saisons du Supercars, je dois être le seul à avoir piloté les trois modèles Volvo, Holden et Ford. J'ai découvert la Ford Falcon en début d'année, mais c'était lors d'une opération spéciale, avec des passagers à mes côtés. Ce n'était pas la même voiture, elle était plus lourde notamment. En revanche, j'ai pu vraiment commencer à la prendre en main il y a quelques jours lors d'une séance de test à Ipswich, où j'étais déjà à quelques dixièmes des chronos de Scott, donc je ne m'en fais pas trop.

Justement, quelles sont les différences majeures entre la Holden et la Ford ?

C'est finalement assez similaire, à quelques petits détails près. Au niveau moteur, aéro, boîte, c'est assez proche. Les quelques petites différences sont que la Ford dispose d'un peu plus de grip dans les rapides, et se montre peut-être un peu plus survireuse que la Holden dans les serrés. Surtout, la Ford, comme la Holden, sont deux voitures qui offrent la particularité de pouvoir répéter le même geste à chaque tour, elles se montrent extrêmement consistantes, ce qui était différent avec la Volvo, dont le comportement changeait en permanence. Là, cela nous permet de saisir la vraie influence du moindre réglage, et cela permet d'aligner des chronos au dixième près. 

Fabian Coulthard, Team Penske Ford, Scott McLaughlin, Team Penske Ford, Shane van Gisbergen, Triple Eight Race Engineering Holden

Après avoir aidé Shane van Gisbergen à prendre la tête du championnat, puis décrocher son premier titre en fin de saison dernière, vous avez une autre lourde responsabilité à endosser, celle de faire équipe avec le leader actuel du classement…

La responsabilité est la même finalement. L'an passé, Shane avait des points de retard, là Scott est devant au classement. J'aborde les prochaines courses avec le même état d'esprit. Je suis à l'aise dans la voiture, cela me permet de ne pas aller au-delà de la limite à vouloir en faire trop. De toute façon, ce n'est pas sur moi que l'équipe compte pour faire la différence. Moi, je suis là pour être consistant et me maintenir devant, et surtout ramener la voiture en un seul morceau pour la laisser à Scott dans le meilleur état possible. Si on se montre aussi solide que cela, on peut espérer un bon classement à l'issue de l'Endurance Cup [le cumul des trois courses enduros NDLR], voire la remporter. À titre personnel, après avoir raté la victoire pour un dixième à Bathurst l'an passé, je rêve de décrocher la victoire sur cette épreuve mythique.

 J'ai 35 ans maintenant, et 15 ans d'expérience dans le sport automobile, je sais faire la part des choses.

Alexandre Prémat

La relation avec Ludovic Lacroix est déterminante dans cette nouvelle aventure avec le DJR Team Penske ?

Oui c'est vrai. Lorsque je suis arrivé pour la première fois en Australie en Supercars en 2012, je ne connaissais personne et Ludo, ainsi que Vincent Dumarski, sont les deux personnes auxquelles je me suis accroché à cette époque. Nous sommes devenus très proches avec Ludo, que j'ai croisé l'an passé chez Red Bull même s'il ne s'occupait pas directement de ma voiture, mais de celle de Craig Lowndes. Travailler avec lui est un vrai plaisir, il est l'un des ingénieurs les plus forts que j'aie jamais connu.

Scott McLaughlin, Team Penske Ford

L'an passé, les observateurs du Supercars pensaient que vous auriez pu souffrir de votre manque de compétition sur l'année avant de disputer les enduros. On a vu que cela n'était pas un problème…

Non, pas du tout. Déjà, je roule régulièrement en EXR Series aux États-Unis, une série que l'on a montée pour des pilotes amateurs, et où Tristan Vautier vient régulièrement courir d'ailleurs. Et puis surtout, j'ai l'expérience de la compétition. En course, je sais mettre la pression, je sais doubler, je sais ramener la voiture dans les meilleures conditions. J'ai 35 ans maintenant, et 15 ans d'expérience dans le sport automobile, je sais faire la part des choses.

On l'a déjà évoqué, mais Penske développe actuellement un programme avec un prototype Acura DPi pour l'IMSA l'an prochain, c'est quelque chose que vous suivez avec intérêt ?

Bien entendu, c'est un programme très excitant et cela m'intéresserait beaucoup d'en faire partie. Mais, pour l'instant, je suis nouveau dans l'équipe et nous n'en avons pas parlé, ce qui est normal. Ayant signé avec eux un contrat pour plusieurs années en Supercars, je suis pour l'instant totalement focalisé sur ces prochaines courses, où je m'attacherai à effectuer le meilleur travail possible et aider Scott du mieux que je peux pour la suite.

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Supercars
Pilotes Alexandre Prémat , Scott McLaughlin
Équipes Team Penske
Type d'article Interview
Tags djr team penske, enduros, ford