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Chronique Fabienne Wohlwend
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Chronique Fabienne Wohlwend

Chronique Fabienne Wohwend : "Nous nous poussons à la limite les unes les autres"

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Chronique Fabienne Wohwend : "Nous nous poussons à la limite les unes les autres"
Par :
, Pilote de course et chroniqueur du Liechtenstein
Co-auteur: Emmanuel Rolland
6 juin 2019 à 13:06

Fabienne Wohlwend, la talentueuse jeune pilote du Liechtenstein, nous livre sa première chronique pour Motorsport.com, évoquant sa sélection aux W Series, et ses premières courses de la saison.

Bonjour à toutes et à tous !

Je suis heureuse de partager ma vie de pilote avec les lecteurs de Motorsport.com, et j'ai beaucoup de choses à vous raconter dans cette première chronique car le début de saison a été pour moi, vous le savez, très riche avec cette sélection pour les W Series, et ces deux premières courses disputées à Zolder.

J'ai entendu parler des W Series pour la première fois lors de la finale du DTM à Hockenheim, et mon père m'a tout de suite dit : "Oh mon Dieu, regarde, c'est une opportunité géniale pour ta carrière". Ma première pensée était de me dire "Oui mais j'ai déjà grandi dans le sport automobile, j'ai parcouru de nombreux circuits, j'ai commencé lorsque j'avais sept ans…"

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Et puis, lorsque j'ai gagné les Ferrari World Series à Monza, les W Series ont partagé mon post sur les réseaux sociaux en me félicitant. Je leur ai écrit pour les remercier, et ils m'ont invitée à poser ma candidature chez eux. Mais j'ai d'abord dû en discuter avec Christian Bertschinger, car j'étais sous contrat avec son équipe Octane126 en Ferrari Challenge, et nous avions convenu après ma victoire à la finale mondiale Ferrari que nous voulions travailler ensemble à nouveau en 2019. Mais après quelques discussions, nous avons estimé que les W Series constituaient une fantastique opportunité pour moi et que l'importante couverture médiatique pourrait m'ouvrir de nombreuses portes. J'ai donc postulé pour la série W.

#81 Ferrari 488, Octane 126: Fabienne Wohlwend

#81 Ferrari 488, Octane 126: Fabienne Wohlwend

Photo de: Alex Galli

C'était déjà la fin du mois de novembre et à partir de ce moment, je me suis entièrement concentrée sur ma préparation. Bien sûr, je m'étais déjà entraînée auparavant, mais j'ai intensifié mes séances d'entraînement avec un entraîneur personnel afin d'améliorer encore plus mon niveau physique. La Ferrari 488 Challenge est une voiture de course fantastique, mais en raison des nombreuses aides à la conduite, elle n'est pas aussi exigeante physiquement qu'une monoplace. Le plus grand effort physique du Ferrari Challenge est la chaleur qui s'accumule dans la voiture. A partir de décembre, j'ai donc travaillé dur sur ma condition physique et passé beaucoup de temps dans le simulateur de course.

En janvier, nous nous sommes rendues à Melk, en Autriche, où la première sélection a été effectuée. Bien sûr, j'étais très nerveuse, parce que quand 60 pilotes sont ensemble pendant si longtemps dans un espace aussi confiné, ça peut être épuisant. Mais en fin de compte, ce fut une sélection très agréable et intéressante, mais aussi très difficile. Je connaissais déjà certains des candidates d'autres séries de courses ou du karting.

 

Ensuite, à la fin des trois jours à Melk, les membres des W Series nous ont rassemblées pour nous dire qu'ils avaient pu déterminer celles qui étaient les plus rapides, les plus motivées, celles qui avaient le meilleur niveau physique, celles qui pouvaient le mieux s'exprimer devant les gens. Ils ont ainsi gardé environ la moitié du groupe initial, et je faisais partie des filles retenues, c'était déjà une grande joie.

Dès lors, il s'agissait de savoir lesquelles de ces 28 pilotes féminines sélectionnées étaient les plus rapides en Formule 3. Nous avons été invitées à une série d'essais en Espagne, où allaient être sélectionnées les 18 pilotes autorisées à participer à la saison 2019. Je n'avais pas trop peur de me mesurer aux autres pilotes, même si certaines avaient une grande expérience en monoplace, car j'ai moi-même acquis de l'expérience dans presque toutes les catégories. J'ai fait mes classes avec beaucoup de succès dans toutes les catégories de karting, puis je suis passée à la monoplace, en Formule 4, aux voitures de course à traction avant (Audi TT), puis aux voitures puissantes comme la Ferrari 488 Challenge.

Il m'est arrivé plusieurs fois de m'asseoir dans des voitures complètement différentes d'une course à l'autre. J'ai donc l'habitude d'adapter rapidement mon style de conduite. A Circuito de Almeria, je me sentais à l'aise dès le début et je savais que si je gardais ma vitesse, j'arriverais sans problème dans le dernier groupe.

Gosia Rdest, Jamie Chadwick, Fabienne Wohlwend

Gosia Rdest, Jamie Chadwick, Fabienne Wohlwend

Photo de: W Series

J'ai vraiment apprécié ces trois journées, j'ai beaucoup aimé travailler sur les voitures, d'autant que nous avions accès aux donnés de tout le monde. Habituellement, en course, vous ne pouvez disposer que des données de votre équipier, mais si vous êtes le ou la plus rapide, cela n'apporte pas grand-chose. Là, nous avions accès à toutes les données, aux vidéos, et les performances se sont resserrées au fil des séances car chacune d'entre nous pouvait apprendre de toutes les autres.

J'ai finalement été retenue pour faire partie des 18 filles qui allaient disputer la saison 2019 des W Series, la première saison de cette nouvelle série. Cela a été une grande joie, un grand soulagement, mais je n'ai pas eu le temps de me détendre, car j'ai entamé la première manche de l'European Ferrari Challenge à Valencia.

 

Cela va être une année très chargée ! Car, parallèlement, je travaille toujours dans une banque au Liechtenstein. J'ai réduit mon activité professionnelle à 80% durant la saison de course, et j'ai travaillé à temps complet durant l'hiver. Je vais disputer deux championnats, avec également le Ferrari Challenge avec Octane 126, je devrai aussi assurer divers événements comme des rencontres avec des sponsors, il est donc difficile d'être partout à la fois.

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Après cette sélection, je suis d'ailleurs retournée travailler, j'ai fait aussi beaucoup de préparation physique. Mes journées sont assez rythmées chez moi au Liechtenstein : je me lève à 6h30, je travaille jusqu'à 17h30, je prends un repas très rapide chez mes parents puis je file au simulateur pour me préparer car je ne connais pas trois des circuits du calendrier. Puis je retrouve mon coach personnel pour de la préparation physique, cela jusqu'à 22h, et enfin retour à la maison, douche, et au lit, et le lendemain la même chose ! Je m'entraîne avec mon coach personnel quatre ou cinq fois par semaines, le reste du temps je m'entraîne seule à la maison, je fais beaucoup de jogging, notamment.

 

Mes semaines sont assez chargées et il n'y a presque pas de temps libre, mais j'essaie au moins de passer du temps avec ma famille et mes amis lors de mes week-ends où je ne cours pas. Heureusement, mon entourage est très compréhensif. Ils savent à quel point tout cela est important pour moi et m'aident à le faire. Mes parents me rendent souvent visite sur les courses et mon frère et beaucoup de mes amis suivent mes courses sur Internet ou à la télévision et m'envoient souvent des messages encourageants pour me soutenir. J'apprécie vraiment !

Le fait de disputer les W Series est également une belle opportunité pour moi de faire parler de mon pays, le Liechtenstein. Lorsque les gens viennent me voir parfois sur les circuits, ils me parlent spontanément en anglais, mais ma langue maternelle est l'allemand, même si nous avons un dialecte, similaire au Suisse allemand. Même en Allemagne, les gens sont surpris de voir que je parle naturellement allemand. Ils sont également surpris lorsqu'ils voient mon drapeau, et me demande de quel pays il s'agit (rires). On me demande aussi où se trouve le Liechtenstein, combien d'habitants compte le pays, c'est assez amusant.

Je suis d'ailleurs très soutenue au Liechtenstein, les gens sont fiers de moi. Je suis souvent sur les premières pages des journaux, les courses des W Series sont même diffusées sur une chaîne du Liechtenstein. L'intérêt et le soutien à domicile est donc très important, c'est vraiment sympa. Même lorsque je suis au supermarché, les gens me reconnaissent, ils sont toujours très gentils avec moi, les enfants me demandent parfois de faire des photos avec eux, c'est très mignon.

 

Puis est venu le premier week-end de course à Hockenheim. Je connaissais la piste depuis mon expérience sur l'Audi TT, mais nous avons eu des conditions de piste très difficiles : totalement mouillé, sec, à moitié sec, c'était assez compliqué. J'étais assez satisfaite car j'avais l'habitude d'être un peu en difficulté sous la pluie auparavant, mais là je me suis sentie à l'aise dans toutes les conditions. C'est un soulagement car je n'ai plus à guetter la météo, je sais que je serai performante qu'il fasse beau, ou qu'il pleuve.

Nous sommes dans cette série pour nous développer en tant que pilote, nous ne sommes pas dans cette série pour nous séparer des autres.

Fabienne Wohlwend

Lors des qualifications, je n'arrivais pas à y croire : je voyais les écrans géants et je me voyais en deuxième position, c'était incroyable. Avant le début de la saison, je m'étais fixé pour objectif d'être dans le premier tiers du peloton. Mais, après les tests du Lausitzring en avril, où j'étais régulièrement dans les trois premières, je me suis dit que le top 5 était possible. Ensuite, la course s'est un peu moins bien déroulée, j'ai perdu des places au départ en patinant peu après l'extinction des feux en étant sur la partie glissante de la piste. Après l'accident du premier tour et la voiture de sécurité, le restart était vraiment bon.

Fabienne Wohlwend

Fabienne Wohlwend

Photo de: Sam Bloxham / LAT Images

La course était ensuite très disputée, je n'ai pas fait d'erreur, c'était des bagarres très correctes. Et, même si j'ai terminé sixième, j'étais tout de même satisfaite car je pense que la clé pour ce championnat est d'être constante, et de faire toujours partie des pilotes de devant. Il n'y a que six courses, et il faut régulièrement être placée aux avant-postes, sans faire d'erreur, de bêtise. Nous avons pris des points importants pour le championnat.

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Après la première course de Hockenheim, j'ai eu beaucoup de rendez-vous avec des partenaires, des journaux, des radios. Beaucoup d'entraînement physique et de simulateur aussi, et la course de Zolder est vite arrivée.

Fabienne Wohlwend

Fabienne Wohlwend

Photo de: Sam Bloxham / LAT Images

Depuis que je cours, c'est toujours la même chose : fille ou garçon, quand vous mettez votre casque, vous êtes pilote de course. Dès la première course à Hockenheim, on a pu voir que la course était dure entre les pilotes, tout en restant fair-play. Si l'on ne le sait pas, il est difficile de dire quand on nous voit en course s'il s'agit de filles ou de garçons au volant. Nous sommes dans cette série pour nous développer en tant que pilote, nous ne sommes pas dans cette série pour nous séparer des autres. Nous ne sommes pas là pour battre des pilotes masculins, nous avons toutes montré que nous savions le faire par le passé. Nous nous poussons à la limite les unes les autres et je pense que, lorsque nous retournerons courir dans d'autres séries, nous serons encore plus fortes et encore meilleures.

Fabienne Wohlwend

Fabienne Wohlwend

Photo de: W Series

Nous nous sommes donc retrouvées à Zolder, un circuit sur lequel je n'avais jamais roulé mais sur lequel je me suis vite sentie à l'aise. Après m'être classée 6e et 7e lors des essais libres, cela fonctionnait plutôt bien lors de la séance qualificative. J'étais première, puis deuxième lors de la première partie de la séance, mais j'ai ensuite eu du trafic et je n'ai pas pu améliorer mon chrono, ce que les autres ont pu faire, et cela m'a rétrogradée au 6e rang. Cela restait une bonne performance, avec un départ de la troisième ligne.

Malheureusement, au départ, j'ai été forcée de me positionner sur la partie extérieure de la piste car j'étais gênée par une autre pilote qui avait pris un faux-départ, et cela m'a obligée à passer sur de l'huile qui avait été répandu suite à la course de Porsche quelques instants plus tôt, et j'ai perdu des positions avant une première neutralisation derrière la voiture de sécurité.

Fabienne Wohlwend

Fabienne Wohlwend

Photo de: W Series

J'ai fait un bon restart mais Zolder est un peu un circuit "à l'ancienne" où il y a peu de place pour dépasser. J'étais juste derrière Esmee Hawkey et Gosia Rdest mais, sous la pression, Esmee a raté son freinage et a percuté Gosia, ce qui m'a fait gagner deux places et entraîné une nouvelle neutralisation. Après cela, je me suis calée derrière un autre groupe mais j'ai bloqué les roues à un freinage lors d'une tentative de dépassement, et j'ai ressenti pas mal de vibrations après cela, qui m'ont obligée à ralentir. Je finis sixième, ce qui reste dans mes objectifs, et me permet de marquer des points intéressants pour le championnat.

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Beaucoup de gens me demandent quels championnats je vise dans le futur, mais pour moi c'est très simple : la course est ma passion, c'est ma vie. Je ne suis jamais autant heureuse que lorsque je me trouve dans une voiture de course et rouler à haute vitesse. Bien sûr, lorsque l'on débute, on veut aller en Formule 1, on ne voit que cela. Mais lorsque vous prenez de l'expérience, on est un peu plus réaliste. Personnellement, je suis très heureuse que grâce au soutien de sponsors privés, Octane 126 et bien sûr la W Series, je n'ai pas à payer pour conduire, pas même pour le Ferrari Challenge et c'est un grand soulagement pour moi et ma famille. La prochaine étape est de vivre de ma passion. Bien sûr, si je pouvais un jour piloter une Formule 1 ou une voiture de DTM, je serais très heureuse, mais du moment que je peux piloter une voiture sympa et puissante, de vivre ma passion sans dépenser d'argent, ce sera déjà très bien.

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Nous abordons maintenant la troisième course de la saison, en Italie, à Misano. Contrairement à Zolder, je connais bien ce circuit, où j'ai de bons souvenirs. J'y ai disputé ma toute première course en Formule 4 en 2016, et j'ai signé deux victoires dans ma catégorie l'an passé en Ferrari Challenge. De quoi aborder ce nouveau rendez-vous en confiance, et me permettre de hausser mes objectifs et de viser le podium ce week-end. Nous avons la performance pour cela, mais je prévois des écarts de chrono très serrés, et une course très disputée.

Je vous retrouverai avec plaisir pour vous parler de cela !

 
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