L'apprentissage avant le résultat pour la troisième Toyota

Un mois avant les 24 Heures du Mans, une troisième Toyota fait son apparition à Spa-Francorchamps. Pour ses pilotes et son équipe, il s'agit d'une répétition générale essentielle.

B.D., Spa-Francorchamps - Pendant des années, la question d'aligner une troisième voiture aux 24 Heures du Mans n'a jamais laissé en paix les responsables du programme Endurance de Toyota, y compris en interne. Cinq ans après son retour en prototype, le constructeur nippon a sauté le pas cette année, bien décidé à conquérir enfin le Graal manceau.

Un mois avant le début des hostilités dans la Sarthe, Toyota engage cette troisième voiture à Spa-Francorchamps. L'objectif est clair : préparer la classique mancelle pour un équipage et un groupe de mécaniciens qui ne participent pas à la totalité du championnat WEC, et qui ont donc besoin d'accumuler expérience et connaissances au plus vite.

Pour constituer l'équipage de cette troisième auto, la marque japonaise a fait le choix de la polyvalence et de l'équilibre. Prenez l'expérience immense d'un Stéphane Sarrazin, ajoutez la capacité de rebond mental d'un Nicolas Lapierre revanchard, et mettez à leurs côtés la jeunesse d'un Yuji Kunimoto qui a passé avec brio les tests exigeants imposés par Toyota : ainsi se compose le trio de la TS050 Hybrid #9. 

Pour Lapierre, qui dispute le championnat WEC en LMP2 avec Alpine, l'épreuve de Spa-Francorchamps marque le début d'une parenthèse d'un mois et demi, et de ses retrouvailles en piste avec un team qu'il connaît très bien.

"Avec Toyota, c'est un peu une histoire qui n'était pas terminée", résume-t-il. "La voiture semble compétitive depuis la première course, et avec les essais que nous avons faits jusqu'à présent. Nous sommes très heureux. Nous sommes impatients de faire ces deux courses. Celle-ci est bien plus un entraînement, car notre objectif est vraiment Le Mans avec cette troisième voiture."

"Nous voulions courir avec cette voiture avant d'aller au Mans, et au niveau des pilotes aussi, nous avons besoin d'acquérir de l'expérience, ainsi que du côté de l'équipe. Ce n'est peut-être pas le package le plus efficace ici, mais nous devrions être proches des premiers."

Une comparaison directe avec Porsche

Un package aérodynamique typé Le Mans, contrairement aux deux autres protos nippons, et qui handicape la TS050 Hybrid dans la portion centrale plus sinueuse du toboggan des Ardennes. De quoi expliquer le différentiel de 1"6 par rapport au meilleur temps de Mike Conway lors des premiers essais libres, mais pas seulement. 

"Nous sommes assez proches des autres. Ce n'est pas le package idéal, mais ça devrait aller en course, et nous aider un petit peu dans le trafic aussi", estime le pilote français. "Ce sera serré. Mais surtout, l'objectif est d'apprendre et d'emmagasiner de l'expérience. Nos mécaniciens ont aussi besoin d'un peu de temps, car ils ne font pas la saison complète."

Si le comparatif est intéressant entre les deux packages au sein même du clan Toyota, il le sera aussi entre cette #9 et les deux Porsche, qui utilisent également un kit aéro avec peu d'appui. À Silverstone, malgré ce handicap, le constructeur allemand a étonnamment tenu tête à son rival. Sur un circuit où deux portions comportent de longues lignes droites, la 919 Hybrid pourrait être moins désavantagée. "Ici à Spa, ça devrait être mieux. Ce set-up convient un peu mieux à Spa, donc nous verrons où nous en sommes par rapport à nos concurrents", confirme André Lotterer.

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A propos de cet article
Séries WEC
Événement Spa-Francorchamps
Circuit Spa-Francorchamps
Pilotes André Lotterer , Stéphane Sarrazin , Nicolas Lapierre , Yuji Kunimoto
Équipes Toyota Racing
Type d'article Actualités
Tags endurance, lmp1