Chronique Di Grassi - "Le WEC 2015 sera un grand cru"

Pour sa première chronique, le pilote d'usine Audi Lucas di Grassi revient sur la manche d'ouverture du championnat à Silverstone et évoque l'ensemble de la campagne 2015 du Championnat du Monde d'Endurance.

Je vous souhaite la bienvenue dans ma première colonne pour Motorsport.com. C'est toujours un plaisir pour moi d'évoquer la course de l'intérieur et de raconter ce que je vis au sein de l'Audi Sport Team Joest.

J'ai pris beaucoup de plaisir à Silverstone, le week-end dernier. Ce n'est pas ma course à domicile mais cela s'en rapproche car j'ai passé énormément de temps au Royaume-Uni depuis que j'y suis venu pour participer au championnat de F3 en 2004. Je vivais alors à Oxford et j'ai réalisé beaucoup d'essais en piste avec l'équipe Renault F1 en 2008 et 2009.

Dans l'ensemble, nous avons vécu un week-end très positif à Silverstone. Personnellement, j'avais besoin de faire le plein de confiance après l'accident survenu l'an dernier sous la pluie. J'avais donc à cœur de réaliser une belle performance avec l'Audi R18 e-tron quattro n°8 que je partage avec Loïc Duval et Oli Jarvis.

Tout s'est bien passé durant les essais libres puisque l'équipe a placé ses voitures aux première et deuxième positions. J'ai réalisé le meilleur temps de la première séance alors que la n°7 était en tête de la seconde.

Nous avions prévu d'introduire de nouvelles évolutions sur la voiture et je dois avouer que les ingénieurs de l'usine en Allemagne ont réalisé un travail fantastique.

Nous nous sommes classés troisièmes en qualifications, et j'ai réalisé le meilleur temps de l'équipe en 1:40.180. Nous savions que nous n'avions pas l'avantage sur Porsche et Toyota sur un tour, car ils rechargent leurs batteries de façon différente avant de s'élancer dans un tour rapide. Mais nous étions tout de même proches des Porsche et ce fut donc une séance très encourageante pour nous.

La course a été très agréable durant les deux premières heures. Je pense que c'était aussi très bien pour les fans, j'espère qu'ils ont apprécié. Rapidement, nous nous sommes battus avec Dumas puis Buemi.

En réalité, excepté Webber, il y avait beaucoup de bagarres à l'avant et cela s'est poursuivi durant toute la course. C'est très agréable en tant que pilote car vous savez que vous pouvez attaquer tout en ayant pleinement confiance en vos adversaires.

Je me suis bagarré avec Benoit Tréluyer, je l'ai doublé, il m'a dépassé et nous avons poursuivi notre duel. Nous avons hésité un instant au premier virage et nous sommes donc sortis trop large mais cela fait partie de la course. Nous n'avons nullement compromis la course de l'autre et c'est ce qui compte.

Tout allait donc bien jusqu'à ce que j'entre en contact avec une GT à Becketts. Cela s'est passé quatre tours avant mon arrêt au stand lors du deuxième relais, et nous avons fini par perdre un tour car il y avait des dégâts à l'arrière de la voiture.

C'est la course, cela arrive. Cela fait partie des choses qui se produisent de temps à autre, un contact finit par endommager la carrosserie.

Nous avons ensuite rencontré un problème avec le capot avant et nous avons perdu du temps lorsque Loïc était dans les stands. Oli est ensuite monté dans la voiture pour un triple relais et nous avons pu terminer la course en cinquième position, ce qui nous a permis de récolter tout de même quelques points.

Clairement, nous avions le rythme. Si vous regardez les meilleurs tours des deux premières heures de course, ainsi que les chronos que Loïc a ensuite réalisés, vous pourrez en déduire que nous aurions été au rendez-vous en fin de course. Benoit fut l'auteur du tour le plus rapide et j'ai réalisé un temps à seulement 39 millièmes du sien.

Je suis sûr que nous aurions pu nous battre pour la victoire, c'est donc un peu frustrant. Mais c'est tout de même un excellent début de saison pour nous puisque la n°7 l'a emporté.

Nous pouvons réaliser d'excellents relais avec cette voiture. Nous avons six trains de pneus pour les qualifications et la course cette année et cela signifie donc que l'auto la plus régulière a l'avantage. C'est un point très positif pour nous car l'Audi R18 e-tron quattro est très performante avec les pneumatiques, même lorsque l'on effectue un double relais avec un seul et même train de pneus.

Nous avons pris la bonne direction dans de nombreux domaines cette saison : l'aérodynamique, les suspensions, les 4 MJ. Plusieurs évolutions nous attendent encore et, avec cette victoire, nous sommes vraiment déterminés à obtenir davantage de succès encore.

Ce sera évidemment difficile, car Porsche et Toyota pourront sans doute être plus performants sur d'autres circuits, tandis qu'ils ont un peu souffert à Silverstone. J'espère que nous aurons cette fois de la chance à Spa et que nous pourrons concrétiser le bon rythme affiché avec la n°8 en Angleterre. Quoi qu'il en soit, cette saison 2015 du WEC sera un très grand cru.

De mon côté, je profite actuellement de quelques jours de repos à la maison, au Brésil. C'est rare, car avec mon engagement en Formule E au sein du team Audi Sport Abt, je passe environ neuf mois de l'année à l'étranger, dans les chambres d'hôtel.

C'est donc une bonne occasion de voir ma famille et mes amis avant de rejoindre Spa pour le WEC, puis Monaco, Berlin et Moscou pour la Formule E, sans oublier les tests pour Le Mans.

Il y aura ensuite les 24 Heures du Mans et la finale de la Formule E à Londres. Je suis terriblement pris par la course mais j'aime tellement cela que je ne m'en plaindrai jamais!

Je vous retrouve après Spa.

Obrigado,

Lucas

A propos de cet article
Séries WEC
Pilotes Benoit Tréluyer , Lucas Di Grassi , Loïc Duval
Équipes Team Joest
Type d'article Contenu spécial
Tags audi, colonne, lucas di grassi, porsche, silverstone, toyota, wec