Des LMP2 capables d'atteindre les 335 km/h au Mans

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Des LMP2 capables d'atteindre les 335 km/h au Mans
Par : Basile Davoine
2 avr. 2017 à 07:20

Le Prologue du WEC est l'occasion de voir à l'œuvre la nouvelle ORECA 07. Motorsport.com fait le tour du propriétaire avec Hugues de Chaunac, Tristan Gommendy et Pierre Thiriet.

#26 G-Drive Racing Oreca 07 Gibson: Roman Rusinov, Pierre Thiriet, John Martin
#31 Vaillante Rebellion Racing Oreca 07 Gibson: Julien Canal, Bruno Senna
Hugues de Chaunac, ORECA
#24 CEFC Manor Oreca 07 Gibson: Tor Graves, Roberto Gonzalez, Jonathan Hirschi, Simon Trummer, Vitaly Petrov
#38 DC Racing Oreca 07 Gibson: Ho-Pin Tung, Oliver Jarvis, Thomas Laurent
#26 G-Drive Racing Oreca 07 Gibson: Roman Rusinov, Pierre Thiriet, John Martin
#13 Vaillante Rebellion Racing Oreca 07 Gibson: Mathias Beche, David Heinemeier Hansson
#24 CEFC Manor Oreca 07 Gibson: Tor Graves, Roberto Gonzalez, Jonathan Hirschi, Simon Trummer, Vitaly Petrov
#28 TDS Racing Oreca 07 Gibson: François Perrodo, Matthieu Vaxivière, Emmanuel Collard
Tristan Gommendy
#37 DC Racing Oreca 07 Gibson: David Cheng, Alex Brundle, Tristan Gommendy, #38 DC Racing Oreca 07 Gibson: Ho-Pin Tung, Oliver Jarvis, Thomas Laurent
#24 CEFC Manor Oreca 07 Gibson: Tor Graves, Roberto Gonzalez, Jonathan Hirschi, Simon Trummer, Vitaly Petrov
#24 CEFC Manor Oreca 07 Gibson: Tor Graves, Roberto Gonzalez, Jonathan Hirschi, Simon Trummer, Vitaly Petrov
Pierre Thiriet, G-Drive Racing, Oreca
#13 Vaillante Rebellion Racing Oreca 07 Gibson: Mathias Beche, David Heinemeier Hansson

B.D., Monza - Lors de l'annonce des engagés en WEC, la nouvelle avait étonné. Cette année, le plateau LMP2 est intégralement constitué de châssis ORECA, alors qu'une nouvelle réglementation a vu le jour et que chaque équipe disposait d'un choix entre quatre constructeurs retenus par l'ACO et la FIA. Ce sont donc dix ORECA 07 qui s'opposertont tout au long de la saison, et n'affronteront la concurrence des Ligier et Dallara qu'aux 24 Heures du Mans et en ELMS.

"C'était une surprise", confie à Motorsport.com Hugues de Chaunac, président d'ORECA. "On espérait en avoir suffisamment, avoir 40% du plateau, mais pas 100%. Mais je ne fais pas des sauts en l'air, car je préfère avoir de la compétition."

En effet, cette razzia n'a pas de quoi réjouir le constructeur français, qui a toujours fait de la compétition son objectif pour démontrer ses aptitudes. Avoir vendu autant de châssis est forcément une bonne nouvelle, mais le déséquilibre du plateau est clairement un regret.

"On peut penser que c'est une bonne chose et que ça me réjouit, mais ce n'est pas le cas, car ce que j'aime c'est la compétition et c'est de battre quelqu'un", insiste-t-il. "J'aurais donc préféré qu'il y ait des Dallara et des Ligier, mais il n'y en a pas. Du coup, ça va être une bagarre entre les équipes. Pour nous, ce qu'il faut c'est que l'on apporte le meilleur support à tout le monde. Après, ce sera une bagarre entre les équipes et les pilotes. Ça va être, je pense, un championnat très, très relevé."

Le nouveau règlement LMP2 a produit des voitures beaucoup plus rapides que les années précédentes, avec des performances qui se sont rapprochées des LMP1. L'enthousiasme est grand chez les protagonistes de la catégorie, qui continuent à découvrir leurs montures.

"Depuis qu'on a commencé à livrer les voitures, et c'est ce qui fait un peu le succès aussi, il y a des bons retours des pilotes", se félicite Hugues de Chaunac. "À partir du moment où les premiers essais se passent bien, c'est le bouche à oreille qui fonctionne."

"D'abord, il y a la puissance supplémentaire avec le nouveau moteur Gibson. Après, il y a le travail aéro qui a été fait pour donner plus d'appui, donc ça devient une voiture qui va très vite, beaucoup plus vite que l'année dernière. Plus la voiture se rapproche un peu des temps de LMP1, plus c'est un beau challenge technique."

Plus puissant, plus physique, mais plus sain

Chez les pilotes, après une première journée d'essais, les sensations sont plutôt bonnes avec cette voiture. "Ce n'est pas une évolution [de l'ORECA 05], c'est vraiment une nouvelle auto. On est dans une nouvelle catégorie", prévient Tristan Gommendy, pilote du Jackie Chan DC Racing, interrogé par Motorsport.com. Le Français, qui décrit l'ORECA comme un proto "abordable" bien qu'il soit "un petit peu plus physique", se réjouit surtout des performances du nouveau V8 Gibson : "Quand on est pilote, plus on a de chevaux et plus on est content !"

Pierre Thiriet, qui a connu "toutes les ORECA", est dithyrambique au micro de Motorsport.com quant à cette nouvelle 07. "C'est la plus aboutie, la plus agréable à piloter, c'est la plus saine", commente le pilote G-Drive. "On sent qu'il y a les années d'expérience dont tout le monde s'est servi pour faire une très, très bonne voiture. Au niveau de la finesse aérodynamique, de l'appui, on sent vraiment qu'il y a beaucoup plus de charge qu'avant." 

Le pilote de 27 ans ressent lui aussi la différence physique, qui n'a toutefois pas que des inconvénients. "C'est plus physique, mais je trouve aussi que c'est une voiture plus saine à piloter", précise-t-il. "Ça veut dire moins de tension, un petit peu moins de stress, du coup on s'y retrouve physiquement. C'est sûr que c'est une voiture qui va pouvoir faire souffrir certaines personnes, surtout quand il fera chaud." 

Pied au plancher !

À Monza, certaines LMP2 ont flirté avec les 310 km/h. De quoi imaginer des V-max bien plus élevées au Mans, où elles seront dotées d'un kit aéro spécifique. "On a fait 328 km/h à MotorLand [en essais] ; on devrait aller jusqu'à 330 ou 335 km/h au Mans", annonce Gommendy. 

Une pointe de vitesse qui n'est pas sans changer la donne pour la gestion du trafic vis-à-vis des LMP1. Les pilotes de la catégorie reine n'ont plus la main en ligne droite et il faudra modifier quelques habitudes. "C'est certain", confirme Gommendy. "On l'a vu en ligne droite, quand on est côte à côte, la LMP1 ne reprend rien. Il va falloir qu'on s'entende. Mais au moins c'est plus clair avec les GT, ça facilite les choses sur ce point, la différence est plus nette."

Hugues de Chaunac juge "imaginable" de voir un prototype LMP2 accéder à la troisième marche du podium aux 24 Heures du Mans. La vitesse de pointe sera un argument indéniable au Mans, mais l'écart entre les deux catégories reste évidemment conséquent à la régulière, comme en témoignent les chronos de Monza.  

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À propos de cet article

Séries WEC
Événement Prologue Monza
Lieu Autodromo Nazionale Monza
Pilotes Tristan Gommendy , Pierre Thiriet
Équipes G-Drive Racing , Jackie Chan DC Racing
Auteur Basile Davoine
Type d'article Actualités