Peugeot ne veut pas de "tiraillements publics" sur la BoP

Nouveau venu en WEC, Peugeot rappelle que l'intérêt commun de tous les constructeurs engagés en Hypercar sera de laisser sa place au sport sans donner trop d'importance aux réglages de BoP lors de chaque épreuve.

Peugeot ne veut pas de "tiraillements publics" sur la BoP

Peugeot fait cette semaine ses grands débuts en WEC, à l'occasion des 6 Heures de Monza. Après six mois d'essais, la 9X8 se confrontera pour la première fois à la concurrence formée par Toyota, Glickenhaus et Alpine. Une épreuve, la première après les 24 Heures du Mans, qui permettra également d'assister au premier ajustement de BoP, pilier de la nouvelle catégorie Hypercar qui a pour but de donner une chance à chaque constructeur.

On l'a vu dans la Sarthe ce mois-ci, le sujet de la BoP est par nature épineux et a provoqué des discussions, parfois tendues. Il est vrai que la présence cette année d'un prototype ex-LMP1 aligné par Alpine complique la tâche du législateur. À terme, le fait de n'avoir que des LMH et des LMDh devrait théoriquement simplifier l'élaboration de ce système d'équilibrage des performances. Néanmoins, il sera probablement toujours l'objet de débat et de critiques, phénomène que les constructeurs veulent minimiser tant que possible. C'est en tout cas dans cet état d'esprit que Peugeot revient en Endurance, avec la volonté de ne pas polluer les épreuves par des échanges publics sur ce thème.

"On ne peut pas s'engager dans une catégorie avec la BoP si on n'a pas un minimum de confiance dans le fait que ça se passe de façon juste et équitable pour tous", rappelle Olivier Jansonnie, directeur technique de Peugeot, dans un entretien accordé à Motorsport.com. "Il y aura énormément de discussions entre nous, entre constructeurs, avec les organisateurs, sur la BoP et sur son optimisation. C'est important, pour les constructeurs, de conserver une confiance dans ce qui se passe au niveau de la BoP, de réussir à garder une transparence dans ces discussions. Mais ce qui est aussi important, c'est qu'une fois que ces discussions qui ont lieu dans les coulisses avant les événements sont terminées, il faut qu'elles restent à ce stade-là et ne passent pas dans la sphère de la course. Ce qui va être très important pour nous, c'est que la course soit la course. Ça veut dire minimiser ces discussions lorsque l'on est sur l'épreuve. On va essayer de s'y tenir."

"Après, on aura forcément des désaccords, on en a déjà eu et on en aura encore, mais on va quand même essayer de faire en sorte de converser entre nous pour que le show qu'on livre au global reste du sport. Ça doit rester du sport. On a cette confiance de dire qu'il faut absolument que ça se passe bien et que l'on est aussi un acteur ; on n'est pas juste spectateur de cette BoP, on est acteur dans le sens où on la développe avec les instances réglementaires. L'intérêt global des constructeurs qui sont présents, c'est que ça se passe bien. Si on commence à avoir des tiraillements publics entre les différents constructeurs, ça ne donne pas une image de notre sport qui est celle que l'on veut donner ni pour laquelle on est engagés aujourd'hui."

Pas de richesse sans concession

Olivier Jansonnie rappelle qu'il y a "en permanence" des discussions sur le thème de la BoP entre les constructeurs et les organisateurs. Le Français admet qu'il s'agit de "quelque chose de central, qui inquiète à juste titre un peu tout le monde", mais insiste aussi sur le fait que ce compromis est absolument incontournable aujourd'hui.

Olivier Jansonnie (au centre) est le directeur technique du programme WEC de Peugeot Sport.

Olivier Jansonnie (au centre) est le directeur technique du programme WEC de Peugeot Sport.

"On a des voitures qui sont très diverses et qui vont s'affronter", précise-t-il. "Notre point de vue, c'est que cette diversité fait la richesse et l'intérêt de ce sport. On ne peut pas vouloir prendre la diversité et ne pas assumer le fait qu'il va falloir trouver un moyen de faire courir ces voitures ensemble, donc de les rendre à peu près identiques, ou que ce soit équitable en termes de performances quelles que soient les pistes ou les conditions. C'est un postulat de départ, que l'on accepte par principe, sinon on ne serait pas là."

Pour les ingénieurs de la marque française, bâtir un programme de développement pour la 9X8 avec un cadre réglementaire aussi nouveau a également ouvert la voie à de nouvelles approches. La philosophie est différente mais le défi demeure enrichissant selon Olivier Jansonnie.  

"Le développement se fait avec la connaissance de la BoP", explique-t-il. "Il se fait juste différemment, c'est-à-dire que oui, ce n'est pas pareil, oui, on n'est pas dans la recherche de la performance pure car on sait qu'on est capés. Par contre, intellectuellement c'est différent mais ce n'est pas moins riche. On a découvert pendant deux ans, sur un règlement qu'on ne connaissait pas, une richesse différente, et on a tous appris des choses. On a dans l'équipe des gens qui ont fait des voitures et des compétitions dans différentes catégories pendant des années, et le truc qui est vraiment sympa dans ce règlement, c'est que ça nous a permis de penser les choses différemment. On beaucoup fait parler de notre voiture car il y a eu une grosse intégration design, ce qui n'est pas très courant."

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