Romain Dumas - "J'ai pris ce qu'il y avait à prendre"

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Romain Dumas -
Par : Guillaume Nédélec
22 déc. 2016 à 14:00

Champion du monde 2016 et vainqueur des 24 Heures du Mans, Romain Dumas s'est offert une saison de haute volée. Elle se termine pourtant en queue de poisson, avec son éviction du programme LMP1.

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Romain Dumas, Porsche Team
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#2 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Romain Dumas, Neel Jani, Marc Lieb

Romain Dumas, à 39 ans, n'a pas perdu le feu. Toujours aussi efficace au volant, l'Alésien s'est offert cette année un titre de champion du monde d'Endurance, une seconde victoire aux 24 Heures du Mans avec Marc Lieb et Neel Jani, et un nouveau triomphe à Pikes Peak. Au terme d'une saison faite de hauts et de bas, comme son éviction du programme LMP1 Porsche, il s'est confié à Motorsport.com.

Votre saison a été couronnée de plusieurs victoires majeures. Comment expliquer votre réussite, après une saison 2015 compliquée ?

Autant l’an dernier nous avons été couverts de malchance tout au long de la saison, autant cette année, le début de saison a été parfait. À Silverstone, nous sommes dans le coup, à Spa-Francorchamps également. Au Mans, c’est un peu différent. L’année précédente, nous avions connu un problème de différentiel qui nous a vite éloigné de la victoire. Cette année, nous gagnons. Certes parce que la Toyota rencontre un problème dans le dernier tour, mais encore fallait-il être au contact après 23h58 de course. On avait un tableau de marche avec Marc Lieb et Neel Jani, que nous avons respecté à la perfection.

 Toyota rencontre un problème dans le dernier tour, mais encore fallait-il être au contact après 23h58 de course.

Romain Dumas

La fin de saison a été plus compliquée, ensuite...

À partir du Nürburgring, on a commencé rencontrer des problèmes. Cette partie du championnat, c’est une sorte de deuxièmes 24 Heures du Mans. À toutes les courses, nous avons eu des ennuis. Une petite erreur de pilotage, un problème, un accrochage, ou des choix de stratégie pas formidables… Dès lors, nous n’avons plus eu la chance de nous battre devant. Il faut dire aussi qu’en face, c’est revenu très fort. En fin de saison, les Audi étaient très rapides en performance pure. Les Toyota également, en plus de leur régularité. De notre côté, notre avance était telle après Le Mans qu’on pouvait voir venir.

Avec ces retours en performance de vos adversaires, comment avez-vous vécu cette fin de saison ?

Elle a été très longue, pas simple à vivre. Surtout quand l'autre voiture de l'équipe marche fort. Cela dit, quand vous sentez que vous ne pouvez vous battre devant, ça ne sert à rien de forcer les choses.

L'équipage de la Porsche #2 a préféré temporiser ?

En Endurance, on ne court pas de la même façon qu’en sprint. Les relais sont longs. Si vous roulez deux dixièmes plus vite par tour, sur un relais, vous ne gagnez que six secondes. Certes, sur une course, vous prenez de l’avance, mais c’est aussi le risque de casser un capot, et de tout perdre. Il y a eu également le côté politique à gérer, avec les rumeurs de notre mise à l’écart qui sont parues dans les médias. Je ne suis pas politique, mais aborder des courses dans cet état d’esprit n’est pas bon. Le soulagement était réel, au soir de Bahreïn, quand on remporte le titre. Il était temps que cette saison se termine. Quand on voyait nos problèmes et les autres voitures revenir, on s’est parfois dit qu’on n’allait pas s’en sortir.

Regrettez-vous de ne pas avoir pu remporter d’autres courses après Le Mans ?

On a raté quelques occasions. Au Nürburgring, où nous nous accrochons, au Mexique également, puis à Austin. Plusieurs fois, la performance était là, mais il ne fallait pas se prendre les pieds dans le tapis. C’est vrai que notre titre pourrait manquer de panache, comme cela a été dit. Prenons les choses dans l’autre sens. Si, sur la dernière course, à Bahreïn, on va chercher la victoire coûte que coûte, et que l’on casse la voiture, on aurait dit : "C’est idiot, vous avez perdu le titre, c’est quoi ces pilotes ?".

À Bahreïn, si l’on casse la voiture, on aurait dit : "C’est idiot, vous avez perdu le titre, c’est quoi ces pilotes ?".

Romain Dumas.

Vous étiez-vous fixé le titre comme objectif, en début de saison ?

Pas spécialement, les problèmes de la saison précédente m’avaient même poussé à prendre les choses moins à cœur. L’an dernier, je m’étais uniquement concentré sur le WEC. Avec tous nos problèmes, ça n’a pas spécialement payé. Pour 2016, je me suis permis de faire Pikes Peak par exemple. Au final, j’ai pris tout ce qu’il y avait à prendre. J’ai gagné Le Mans une deuxième fois et avec Porsche. Je gagne à Pikes Peak et on remporte un titre de champion du monde. Un titre qui a d’autant plus de valeur qu’on le remporte face à Audi et Toyota. Il est remporté après une saison difficile, loin de ce qu’a pu connaître Audi face à Pescarolo, il y a quelques années, où ce n’était pas très ouvert…

En dépit de ces succès, Porsche n’a pas souhaité vous conserver au sein du programme LMP1, tout comme Marc Lieb, votre équipier. Vous attendiez-vous à une telle décision ?
Pas du tout. Je ne pouvais même pas imaginer cela. Je ne m’en étais jamais inquiété. Que Porsche procède à trois changements dans ses équipages LMP1, ce n’était pas du tout programmé. Aujourd’hui, comme annoncé, je reste chez Porsche. Maintenant, je n’en sais pas plus. Je ne connais pas mon programme 2017.

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Séries WEC
Pilotes Romain Dumas
Équipes Porsche Team
Auteur Guillaume Nédélec
Type d'article Interview