L'épouvantail Toyota n'effraie pas encore Tänak et Neuville

Bien que sèchement battus par Sébastien Ogier et Toyota au Rallye Monte-Carlo, les leaders de M-Sport et Hyundai considèrent qu'il est encore trop tôt pour s'alarmer.

L'épouvantail Toyota n'effraie pas encore Tänak et Neuville

Avec un doublé emmené par Sébastien Ogier et Kalle Rovanperä, la présence de quatre GR Yaris aux six premières places, et 16 scratchs décrochés sur 18 possibles, Toyota a fait main basse sur le Rallye Monte-Carlo. La domination de l'équipe japonaise n'a pas forcément surpris, compte tenu de la saison 2022 qu'elle avait déjà réalisé, mais elle a tout de même porté un coup aux ambitions de Hyundai et Ford. Néanmoins, la concurrence refuse de s'alarmer trop vite, tout en ayant conscience du travail à fournir.

"Dans l'ensemble, c'était quand même un bon week-end", résume d'ailleurs auprès de Motorsport.com Ott Tänak, cinquième du rallye au volant d'une Ford Puma qu'il découvre encore. "On a pu apprendre beaucoup de choses et on a également engrangé un bon kilométrage. C'est sûr qu'il y a des choses que l'on doit améliorer, on doit être plus réguliers et trouver de la vitesse, mais je crois qu'il y a des moyens d'y arriver."

"La Power Stage a clairement montré qu'il était possible d'être compétitif dans cette voiture, mais on doit trouver comment, ainsi qu'un meilleur équilibre pour nous permettre de piloter comme ça sur toute la boucle, car pour le moment, on n'est pas capables de sauver les pneus sur cette distance. Il y a beaucoup de choses que l'on doit faire, on est derrière pour le moment, et il y a un gros travail à fournir. S'il y a la volonté, alors il y aura moyen de le faire."

Dans la structure anglaise M-Sport, Richard Millener se refuse justement à toute réaction hâtive à l'issue de ce Monte-Carlo. La Ford Puma a rencontré des problèmes et n'a pas été aussi à l'aise qu'un an auparavant aux mains de Sébastien Loeb, mais la base donne confiance à l'équipe qui mise tout sur sa nouvelle recrue.

"Je pense que l'année dernière, il y avait un défi supplémentaire puisque l'on n'avait pas beaucoup piloté ces voitures auparavant, donc ça a nivelé les choses", tempère le directeur de l'équipe, interrogé par Motorsport.com. "Je ne pense pas que la voiture ne soit pas meilleure ou pas aussi bonne [que l'an dernier]. Je pense qu'il y a quelques facteurs ; les conditions étaient plus délicates [en 2022] et ce rallye s'est fait à fond sur asphalte. Si tu n'es pas à 100% à l'aise dans la voiture, tu vas avoir des difficultés, et Ott n'avait passé qu'une journée dans la voiture."

"Le bon point, c'est que Ott n'a pas parlé de la puissance, donc ce n'est pas comme s'il manquait 25 ch à la voiture, c'est plutôt qu'il veut la développer selon son style. On devra peut-être se pencher sur certains aspects du châssis, mais on devra faire un débriefing après le rallye. C'est important de ne pas réagir précipitamment."

Hyundai pense avoir le temps de revenir

Thierry Neuville a terminé troisième du Monte-Carlo.

Thierry Neuville a terminé troisième du Monte-Carlo.

Jamais en lice pour la victoire, Thierry Neuville s'est contenté pour Hyundai de la troisième marche du podium. Un bon point de départ comptable selon le pilote belge, qui minimise lui aussi le niveau d'inquiétude en s'appuyant sur l'expérience de la fin de saison dernière. Relégué à 45 secondes du vainqueur, il demeure optimiste pour le niveau de performance futur.

"On a vu en Espagne l'année dernière qu'ils [Toyota] étaient plus forts que nous et que l'on avait 40 secondes de retard, mais quand on est allés au Japon, on était plus forts qu'eux et on a gagné le rallye avec près d'une minute d'avance", rappelle-t-il. "C'est sûr que si l'on regarde un an en arrière, c'est un pas en avant, mais si on regarde un mois et demi en arrière, au Japon on était plus forts. Ici, on l'était un peu moins. Le profil ne nous convenait pas si bien que ça avec les réglages que l'on a choisis et les conditions météorologiques, donc on était un peu hors du rythme tout au long du week-end."

"Je ne crois pas que l'on doive s'inquiéter. On sait qu'il y a encore du travail. Avec seulement une journée d'essais pour un tel rallye, on a décidé d'aller dans une direction avec la voiture qui fonctionnait dans toutes les conditions, mais on s'est retrouvés sur un rallye qui était complètement sec, une véritable épreuve sur asphalte."

Pour sa première à la tête de l'équipe du constructeur sud-coréen, Cyril Abiteboul a pris ses marques mais estime lui aussi qu'il n'y a pas de place pour le pessimisme après cette première manche.

"C'est un podium, et on doit s'appuyer là-dessus. On ne doit pas être trop négatifs, l'équipe a progressé", insiste le Français auprès de Motorsport.com. "Il reste beaucoup de temps [pour rattraper Toyota], mais en même temps, les points que l'on perd au début manqueront aussi à la fin du championnat. Il faut s'assurer d'être au top dès que possible. On est bien meilleurs que l'an dernier sur le Monte-Carlo. Franchement, ça montre tout simplement le chemin que l'on peut parcourir en un an. Je suis d'accord pour dire que les meilleurs chronos arrivent très vite chez Toyota, ce qui en dit certainement beaucoup sur la situation actuelle. C'est probablement la référence."

"Je pense qu'il n'y a pas trop de quoi s'inquiéter et je crois que l'on aura beaucoup de choses à analyser. Et s'il y a un déficit clair de performance, on aura de nombreuses occasions de nous reprendre. On a peut-être été un peu conservateurs [au début du rallye]. Je suppose que c'est l'habitude des conditions changeantes, et peut-être que l'on aurait dû être un peu plus agressifs étant donné que la météo était beaucoup plus clémente cette année. On apprend tous et la saison va être longue."

Propos recueillis par Tom Howard

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