Il y a 30 ans : Delecour du rêve au cauchemar sur le Monte-Carlo

Il y a 30 ans jour pour jour, François Delecour a frôlé l'exploit au Rallye Monte-Carlo, menant l'épreuve au départ de la dernière spéciale, avant un dénouement déchirant...

La saison 1991 du Championnat du monde des Rallyes a été marquée par le duel entre Juha Kankkunen et Carlos Sainz mais sur le Monte-Carlo, conclu il y a 30 ans jour pour jour, c'est un jeune pilote français, François Delecour, qui a marqué les esprits.

Le nordiste avait déjà impressionné au cours de l'édition 1990 avec la Peugeot d'usine, en prenant la deuxième place des deux roues motrices et la neuvième du général. Recruté par l'équipe Ford pour la saison 1991, Delecour était aligné sur une Sierra RS Cosworth à quatre roues motrices encore relativement peu éprouvée.

Sainz, vainqueur du premier de ses deux titres l'année précédente, s'est rapidement construit une belle avance avec sa Toyota Celica. L'Espagnol était impérial sur des routes inhabituellement peu enneigées mais remplies de spectateurs dangereusement proches lors des passages des voitures.

Au terme de la première journée, Sainz avait une confortable avance de 54 secondes sur deux pilotes alignés dans des Lancia Delta, Miki Biasion et Bruno Saby. Didier Auriol, vainqueur l'année précédente, était déjà distancé à cause de soucis sur le moteur de sa Delta. De son côté, Delecour avait réalisé de bons chronos mais il était relégué à 1'01 de la tête, au quatrième rang.

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C'est le deuxième jour que le Français a mené la charge. Biasion a perdu du temps dans les premières spéciales de la journée, les seules du week-end recouvertes par la neige, mais Delecour était sur un terrain familier, parvenant à combler l'écart qui le séparait de Sainz en traçant sa route au milieu des spectateurs.

Le clan Lancia désormais éliminé de la lutte pour la victoire, un duel entre Sainz et Delecour s'annonçait le dernier jour, le pilote Ford pointant à neuf secondes, avec la possibilité de décrocher son premier succès en Championnat du monde.

Delecour a pris l'avantage avant la dernière spéciale, longue de 22,21 km. Avec une quarantaine de secondes d'avance sur Sainz, il n'avait plus qu'à assurer dans le Col de Turini... mais une roue manquait sur sa Sierra à l'arrivée de la spéciale. Delecour venait de lâcher cinq minutes et de voir le rêve d'un succès s'envoler. Son désarroi est resté dans les mémoires, Delecour répétant "J'ai pas tapé !" en larmes, au milieu de la foule qui l'attendait.

Sainz s'est imposé avec 4'59 d'avance sur Biasion et 5'12 sur Delecour. Ce dernier a finalement goûté aux joies de la victoire à trois reprises en 1993, avant de s'imposer enfin sur le Monte-Carlo en 1994.

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Auteur Tom Howard