Troisième victoire consécutive pour Tänak !

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Troisième victoire consécutive pour Tänak !
Par : Jean-Philippe Vennin
16 sept. 2018 à 12:08

Ott Tänak et son copilote Martin Järveoja ont apporté à Toyota un troisième succès consécutif après ceux de la Finlande et de l'Allemagne, sans doute le plus improbable tant cela semblait mal engagé au début, et pris la deuxième place du championnat.

Tänak s'est en effet assuré ce qui est aussi sa quatrième victoire de la saison, et la cinquième de sa carrière, après avoir terminé troisième de la Power Stage concluant le Rallye de Turquie et remportée par Thierry Neuville devant Sébastien Ogier. Et cela, alors qu'il n'occupait que la neuvième place du général vendredi en début d'après-midi (après l'ES5).

L'Estonien a ensuite gagné trois positions dans l'ES6 (en bénéficiant des ennuis de Craig Breen, Elfyn Evans et Mads Østberg) puis encore une dans l'ES7 (en dépassant Hayden Paddon) pour terminer la première étape au cinquième rang. Les premières spéciales du samedi lui en ont fait remonter deux autres, grâce aux ennuis de Neuville et Ogier, et il s'est emparé de la deuxième place en prenant l'avantage sur Jari-Matti Latvala. Ne restaient plus que les soucis d'Andreas Mikkelsen pour le porter en tête à l'issue de l'ES11, en début d'après-midi !

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Ce succès, qui est même un doublé pour Toyota avec la deuxième place de Latvala, est donc d'autant plus remarquable que les Yaris n'étaient pas du tout à l'aise et manquaient cruellement de grip sur ce terrain extrêmement cassant. Leur robustesse et les prouesses de leurs pilotes ont compensé cela, même si Esapekka Lappi a pour sa part abandonné samedi après-midi sur une sortie de route.

"Le rallye a été très difficile. Vendredi, on savait qu'on pourrait être contents si on était dans le top 5 ou le top 6", a réagi le vainqueur du rallye quelques secondes après l'arrivée de la Power Stage. "Mais on savait aussi que la victoire n'était pas pour les plus rapides, elle serait pour les plus malins. On a réussi à le faire sans aucun souci. Maintenant ça devient intéressant au championnat."

Si Hayden Paddon et Teemu Suninen, quatrième et cinquième, ont eux aussi évité les nombreux pièges de ce rallye, les rivaux de Tänak pour le titre ont connu en effet un week-end plus compliqué.

Week-end noir pour Neuville et Ogier

Après avoir achevé la première journée en tête alors qu'il ouvrait la route sur ce terrain des plus cassants, aidé il faut le dire par la poussière ayant gêné ses adversaires le matin, Thierry Neuville a tout perdu dans la première spéciale du samedi quand la suspension avant gauche de sa Hyundai a crié grâce. Après une longue partie de mécanique sur le secteur routier, il a dû renoncer et prendre le chemin de l'assistance pour repartir ce matin en Rally2 et empocher les cinq points de bonus du meilleur temps dans la Power Stage.

"On méritait de gagner ce week-end, franchement", a regretté le leader de la course au titre à l'arrivée de cette dernière spéciale.

Sébastien Ogier a lui aussi vécu une journée de samedi cauchemardesque avec la casse d'un triangle de suspension le matin dans l'ES9, alors qu'il venait de prendre la tête du rallye suite aux ennuis de Neuville. Une longue séance de réparation s'en est suivie pour lui aussi sur la liaison, puis une pénalité pour pointage en retard au départ de la spéciale suivante. Mais tous ces efforts, et ceux de l'équipe M-Sport à l'assistance de la mi-journée, ont été réduits à néant par une petite erreur sans gravité mais rédhibitoire dans l'après-midi.

"Aujourd'hui je n'ai pas grand-chose à perdre. C'était difficile à accepter hier. On s'est tellement battu et on a dépensé tellement d'énergie le matin. Je l'ai sans doute payé l'après-midi en manquant un peu de lucidité, car je ne m'explique pas cette erreur bête", déclarait Ogier à l'arrivée de la première spéciale ce matin. Il a finalement ajouté les quatre points du deuxième temps dans la Power Stage à celui de la dixième place du rallye, obtenu grâce à une consigne donnée par M-Sport à Elfyn Evans.

Evans, le bon samaritain 

Andreas Mikkelsen s'est emparé à trois reprises du commandement sur ce rallye, et semblait avoir fait le plus dur en récupérant cette position samedi en fin de matinée après les ennuis de Neuville et Ogier. Mais il n'allait pas passer entre les gouttes, un problème de transmission le renvoyant aussitôt à la cinquième place qu'il occupe finalement à l'arrivée.

On a clairement plus parlé d'Elfyn Evans comme du bon samaritain que pour sa performance ce week-end. Le Gallois, qui avait de toute façon perdu beaucoup de temps et abandonné après avoir heurté une pierre et cassé une suspension de sa Fiesta dans la dernière spéciale du vendredi, s'est longuement arrêté le lendemain pour apporter ses conseils et relayer ceux des ingénieurs de M-Sport à Sébastien Ogier en train de réparer sur la liaison. Puis, à la demande de l'équipe, il a donc encaissé ce matin cinq minutes de pénalité pour glisser derrière le Français au classement général.

Citroën dans le rouge

Citroën a connu un nouveau week-end noir qui avait pourtant bien commencé puisque deux C3 WRC figuraient sur le podium très provisoire, vendredi en milieu de première étape. Mais Craig Breen, qui avait occupé le commandement le temps de deux spéciales, a perdu beaucoup de temps sur une crevaison l'après-midi puis a vu ses espoirs partir en fumée en même temps que sa voiture qui a entièrement brûlé le samedi.

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Mads Østberg a pour sa part abandonné deux fois en autant de jours, vendredi en fin de journée après avoir heurté une pierre et cassé une suspension puis samedi dès la première spéciale en raison d'un souci mécanique. Reparti une nouvelle fois dimanche, il a signé trois fois le deuxième temps puis le sixième dans la Power Stage, manquant un point qui aurait été de consolation plus que de bonus. Une fois n'est pas coutume, Khalid Al-Qassimi s'est retrouvé le pilote le mieux placé de l'équipe française à l'arrivée, mais en 15e position et à la huitième place des WRC inscrites au championnat.

Kopecký tout près du titre

Derrière Henning Solberg, sixième au général sur une Škoda Fabia engagée hors championnat, Jan Kopecký a remporté le WRC2 avec sa Fabia R5 officielle et a désormais la couronne à portée de main après l'abandon de son équipier et Champion en titre, Pontus Tidemand, vendredi soir. Emil Bergkvist s'est pour sa part imposé en WRC Junior et s'est du même coup assuré le titre à l'issue de cette dernière manche de la saison dans cette catégorie.

Classement final

 

Pilote

Copilote

Voiture Cat.

Écart & 

intervalle

1

 Ott Tänak

 Martin Järveoja

Toyota

RC1

3h59:24.5

2

 Jari-Matti Latvala

 Miikka Anttila

Toyota

RC1

22.3

22.3

3

 Hayden Paddon

 Seb Marshall

Hyundai

RC1

1:46.3

1:24.0

4

 Teemu Suninen

 Mikko Markkula

Ford M-Sport

RC1

4:10.9

2:24.6

5

 Andreas Mikkelsen

 Anders Jæger

Hyundai

RC1

7:11.7

3:00.8

6

 Henning Solberg

Austria Ilka Minor-Petrasko

Škoda

RC2

 13:40.6

6:28.9

7

Czech Republic Jan Kopecky

Czech Republic Pavel Dresler

Škoda

RC2

18:25.2

4:44.6

8

Romania Simone Tempestini

Romania Sergiu Itu

Citroën

RC2

19:37.1

1:11.9

9

United Kingdom Chris Ingram

United Kingdom Ross Whittock

Škoda

RC2

20:21.3

44:2

10

France Sébastien Ogier

France Julien Ingrassia

Ford M-Sport

RC1

21:13.9

22:7

Le classement complet sera disponible ici.

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À propos de cet article

Séries WRC
Événement Rallye de Turquie
Catégorie Étape 3
Pilotes Ott Tänak
Équipes Toyota Racing
Auteur Jean-Philippe Vennin
Type d'article Rapport d'étape