Un pilote titré dont l'employeur s'en va : pas une première...

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Un pilote titré dont l'employeur s'en va : pas une première...
Par : Jean-Philippe Vennin
4 nov. 2016 à 18:30

Depuis la création du Championnat du monde des pilotes en 1979, six ans après celui des constructeurs, d'autres Champions du monde, et non des moindres, se sont retrouvés dans la situation que connaît aujourd'hui Sébastien Ogier.

Le WRC a ceci de commun avec son cousin le Championnat du monde d'Endurance, par exemple, qu'il a toujours été à la merci de la décision des constructeurs automobiles d'y venir, d'y rester ou d'en partir, dans ce dernier cas y compris en plein milieu d'une période triomphale. Les récentes décisions d'Audi et surtout Volkswagen en sont une criante illustration, mais pas les premières.

Pour se concentrer sur les rallyes, le premier exemple célèbre est celui de Walter Röhrl. Titré en 1980 avec l'équipe officielle Fiat au volant de la 131 Abarth qui avait pris la suite de la fameuse Lancia Stratos, il avait fait le choix de signer chez Mercedes pour la saison suivante. Las, doutant de la compétitivité de sa 500SLC sur la majorité des rallyes de la saison alors qu'elle s'était jusque-là concentrée sur quelques-uns, et à l'heure où Audi fourbissait une arme nommée Quattro, la marque à l'étoile avait tardivement avorté son arrivée pour un programme complet dans le Championnat du monde.

Walter Röhrl, Christian Geistdorfer, Fiat 131 Abarth
Walter Röhrl, Christian Geistdorfer, Fiat 131 Abarth

Photo de: LAT Photographic

Se retrouvant gros jean comme devant et sans volant pour 1981, Röhrl fut contraint de prendre une année sabbatique et ne prit part qu'au Rallye Sanremo cette année-là, sur une Porsche 911 qu'il amena à une belle deuxième place avant de devoir abandonner sur ennui mécanique. Puis, tout Röhrl qu'il soit - alors déjà considéré comme une référence -, il n'avait pas été en mesure d'intégrer la puissante équipe Audi en 1982, faisant alors son retour avec la plus modeste Opel... pour battre les Quattro sur son Ascona 400 lors d'un Monte-Carlo sans neige, puis coiffer une deuxième couronne en fin de saison.

Ari Vatanen, David Richards, Ford Escort RS1800
Ari Vatanen, David Richards, Ford Escort RS1800

Photo de: LAT Photographic

Un an après la mésaventure de l'Allemand, un certain Ari Vatanen vécut à son tour cette expérience quand Ford, avec qui il avait remporté le titre, mit son programme entre parenthèses - le constructeur, laissant de côté son projet de nouvelle Escort déjà bien avancé, n'allait faire son retour que six ans plus tard avec la magnifique RS200. Le Finlandais allait lui aussi rester sur la touche l'année suivant son titre, et même les deux suivantes car il dut attendre 1983 pour rebondir chez Opel, lui aussi, avant de se lancer dans l'aventure Peugeot avec la 205 Turbo 16.

Ari Vatanen, Terry Harryman, Opel Ascona 400
Ari Vatanen, Terry Harryman, Opel Ascona 400

Photo de: LAT Photographic

C'est le départ de Peugeot, justement, suite à la décision de la FIA d'interdire les Groupe B et d'annuler le groupe S devant lui succéder, qui fit que Juha Kankkunen se retrouva sans volant juste après avoir obtenu le premier de ses quatre titres, en 1986. Pas pour longtemps, toutefois, puisqu'il signa aussitôt chez Lancia, qui allait dominer presque sans partage les premières années du Groupe A. Après avoir été le dernier pilote titré dans l'ère d'une réglementation, il conserva son sceptre en 1987 et devint ainsi le premier à l'être dans celle d'une autre.

Juha Kankkunen, Juha Piironen, Lancia Delta HF 4WD
Juha Kankkunen, Juha Piironen, Lancia Delta HF 4WD

Photo de: LAT Photographic

En lice pour le titre face à Tommi Mäkinen jusqu'à la dernière manche de la saison 1999, Didier Auriol aurait pu venir allonger cette courte liste s'il était venu à bout du Finlandais, puisque Toyota mettait alors un terme à son engagement en rallye... et ne ferait son retour que 17 ans plus tard.

Sébastien Loeb, lui, est venu y ajouter son nom mais indirectement seulement puisque, après son deuxième titre en 2005, il disputa la saison suivante, sur laquelle Citroën avait fait l'impasse pour développer sa nouvelle C4 WRC, au volant d'une Xsara privée du team belge Kronos - et remporta un nouveau titre - en sachant qu'il réintégrerait l'équipe de la marque aux chevrons en 2007.

Kenneth Eriksson, Peter Diekmann, Volkswagen GTi
Kenneth Eriksson, Peter Diekmann, Volkswagen GTi

Photo de: Ferdi Kräling Motorsport-Bild GmbH

Enfin, Kenneth Eriksson avait connu en 1987 une situation assez semblable à celles décrites plus haut. Alors un des nombreux espoirs nordiques des rallyes, le futur triple vainqueur du Rallye de Suède avait remporté la Coupe FIA du Groupe A en 1986 puis des deux roues motrices un an plus tard, mais s'était retrouvé à devoir chercher un autre programme pour poursuivre sa carrière.

Non seulement la disparition du Groupe B faisait désormais du Groupe A la catégorie principale en Championnat du monde, avec des voitures à traction intégrale contre lesquelles il ne pouvait rien, mais le constructeur qui le faisait courir avait décidé de passer à autre chose. Celui-ci avait pour nom... Volkswagen.

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