Wilson - "La compétition la plus serrée que j'aie connue"

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Wilson -
Par : David Evans
Co-auteur: Jack Benyon
27 févr. 2017 à 16:24

Les patrons de plusieurs équipes engagées, dont celui de M-Sport, considèrent que 2017 devrait être au moins l'une des saisons les plus disputées de l'Histoire du Championnat du monde des Rallyes.

Tommi Makinen
Colin McRae
Harri Rovanpera
Marcus Gronholm
Richard Burns, Robert Reid, Subaru Impreza WRC
Malcolm Wilson, M-Sport
Malcolm Wilson, M-Sport
Michel Nandan, directeur de Hyundai Motorsport
Tommi Makinen, Toyota Racing
Les vainqueurs Jari-Matti Latvala, Miikka Anttila, Toyota Racing avec Tommi Makinen
Jari-Matti Latvala, Miikka Anttila, Toyota Yaris WRC, Toyota Racing
Thierry Neuville, Nicolas Gilsoul, Hyundai i20 Coupe WRC, Hyundai Motorsport

Avec quatre constructeurs engagés en cette année qui voit l'entrée en vigueur d'un nouveau règlement technique, le WRC, si longtemps dominé par Sébastien Loeb et Citroën puis Sébastien Ogier et Volkswagen, retrouve déjà un nombre de prétendants supérieur à ceux qu'il a connus depuis plus d'une dizaine d'années. Sans compter que ces prétendants sont tous de sérieux candidats à la victoire.

"C'est la compétition la plus proche que j'aie connue depuis que je dirige l'équipe", assure Malcolm Wilson, le patron de M-Sport qui a remporté la manche d'ouverture au Monte-Carlo avec Ogier, à Autosport (faisant référence à la saison 1997 qui avait vu sa structure reprendre le programme de Ford en WRC). "Étant donné le nouveau règlement technique pour cette année, c'est incroyable de voir combien les voitures sont proches."

"Chacun des quatre constructeurs est de force tellement égale pour l'instant. On peut clairement dire que nous sommes partis pour une saison excitante en 2017." 

Cette situation n'est pas loin de rappeler celle de la toute fin des années 1990 et du début des années 2000. En 1999, en effet, Ford (déjà via M-Sport donc, mais en lui apportant un vrai soutien officiel), Mitsubishi, Subaru et Toyota étaient tous en mesure de remporter des rallyes et au moins l'un des deux championnats. Sans compter que Peugeot arrivait avec un programme encore partiel (avant de "remplacer" Toyota l'année suivante) et que Citroën, alors présent au coup par coup, n'en terrorisait pas moins les forces susnommées sur l'asphalte avec sa Xsara kit-car deux roues motrices.

Cela nous faisait de quatre à six constructeurs luttant pour la victoire. De plus, autre fait unique dans l'histoire de la discipline pouvant porter à huit le nombre d'équipes d'usine, deux autres marques, Seat et Skoda, étaient également de la partie avec des ambitions et des résultats moindres.

Le championnat en cours est plus précisément un retour à ce qui advint quelques années plus tard, quand quatre constructeurs étaient en mesure de jouer la gagne avant le retrait de Peugeot et la baisse de régime puis le départ de Mitsubishi.

"Les voitures sont très proches les unes des autres", se réjouit Tommi Mäkinen, directeur de l'équipe Toyota qui est de retour cette année et a signé une victoire inattendue en Suède avec Jari-Matti Latvala. "C'est une très, très bonne situation pour le championnat, ce genre de compétition très serrée est ce dont nous avons besoin."

"C'est tellement intéressant d'avoir de nombreux pilotes luttant dans de si nombreuses voitures. Que peut-on espérer de mieux ?"

Du côté des pilotes, justement, c'est à la même période-charnière entre les années 1990 et 2000 qu'il faut trouver la saison la plus indécise. En 2001, Colin McRae était parti à la faute en Grande-Bretagne, laissant le titre pour un point à Richard Burns tandis que le top 5, comprenant également Mäkinen, Marcus Grönholm et Harri Rovanperä, se tenait en huit points seulement au terme du championnat – avec le sixième, Carlos Sainz, à trois unités seulement du dernier cité.

Reste que si M-Sport et Toyota se sont partagés les premiers lauriers 2017, Hyundai et Citroën se sont trouvés un ton au-dessus et en dessous respectivement en performances.

"Nous vous devons une revanche et sommes déterminés à la prendre, en commençant dès le prochain rallye", assure Michel Nandan, patron de Hyundai Motorsport qui a vu un de ses pilotes, Thierry Neuville perdre par deux fois sur une erreur de sa part un succès qui lui semblait promis. "Dans le même temps, je pense que c'est le moment pour moi d'ouvrir le dictionnaire des citations: 'Ce n'est pas de quelle hauteur on tombe qui importe, mais celle à laquelle on rebondit'."

Concernant la marque aux chevrons, qui n'a signé qu'un temps scratch (au Monte-Carlo lors du premier passage dans le Turini, avec Stéphane Lefebvre), Wilson ne doute cependant pas du retour de l'équipe française au premier plan.

"Il est juste de dire que tout le monde s'attendait à ce que Citroën soit parmi les plus forts, si pas le plus fort", dit le Britannique. "Ils ont pris une année sabbatique [en 2016] pour se concentrer sur le développement. Mais écoutez, ils vont revenir. Ne nous y trompons pas."

Place à la terre

Les épreuves sur terre qui arrivent, et seront plus représentatives de la suite de la saison, devraient donner une idée plus précise du potentiel exact de la C3 WRC, mais aussi de ses rivales. Et confirmer, qui sait, que cette saison sera particulièrement passionnante.

Le sera-t-elle jusqu'à retrouver le faible écart d'il y a tout juste 40 ans ? En 1977, Lancia et Ford n'avaient été séparés que de quatre points, Fiat et Saab remportant eux aussi des rallyes.

Avec David Evans et Jack Benyon

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À propos de cet article

Séries WRC
Pilotes Tommi Makinen , Malcolm Wilson , Michel Nandan
Équipes Toyota Racing , M-Sport , Hyundai Motorsport
Auteur David Evans
Type d'article Actualités