Torres - "En Superbike on est unis et soudés, pas en MotoGP"

Il s'est fait connaître en Moto2, mais c'est en Superbike que Jordi Torres s'épanouit. Motorsport.com a rencontré le fantasque pilote espagnol en marge de l'épreuve d'Imola, qui lui a valu une 4e place, son meilleur résultat de ce début de saison.

Torres - "En Superbike on est unis et soudés, pas en MotoGP"
Jordi Torres, Althea BMW Team
Jordi Torres, Althea BMW Team et une charmante Grid Girl
Jordi Torres, Althea BMW Team
Jordi Torres, Aprilia Racing Team
Jordi Torres, Althea BMW Team
Lorenzo Savadori, IodaRacing Team et Jordi Torres, Althea BMW Team
Jordi Torres, Althea BMW Team
Jordi Torres, Althea BMW Team
Jordi Torres, Althea BMW Team
Jordi Torres, Althea BMW Team
Jordi Torres, Aprilia Racing Team, vainqueur de la Course 1
Jordi Torres, Althea BMW Team
Le podium de la Course 1 : Jordi Torres, Aprilia Racing Team, avec Jonathan Rea et Tom Sykes, Kawasaki Racing Team

Torres a longuement oscillé entre le monde des prototypes et celui des dérivées de série. Dès le Championnat d'Espagne, il a alterné les engagements en 125cc, en Supersport et en Moto2, puis il a semblé trouver ses marques dans cette dernière catégorie, son chemin le menant jusqu'au titre national et au Championnat du monde.

Trois podiums en 2013, dont une victoire arrachée à Pol Espargaró au Sachsenring, n'ont pas suffi à durablement inscrire son avenir dans le paddock des Grands Prix et, en 2015, c'est en WSBK qu'il est parti chercher le rebond. Grand bien lui a pris car, dès sa première saison, Jordi Torres a conquis son nouvel environnement.

Une cinquième place au championnat et une victoire décrochée lors du dernier week-end de course ont récompensé ce pilote attachant, qui affiche avec la même fierté ses rouflaquettes et son sourire à toute épreuve. "Je suis moi-même. Je souris parce que je fais quelque chose de fantastique. Le jour où je ne sourirai plus, je resterai chez moi", résume-t-il auprès de Motorsport.com.

"Ce qu'il y a de beau avec le Superbike, c'est que tout le paddock avance dans une seule et même direction, à savoir faire croître le championnat", souligne l'Espagnol. "Cela n'arrive pas en MotoGP, à mon avis. Beaucoup ne pensent qu'à leurs propres intérêts, tandis qu'ici tout le monde parcourt ensemble le même chemin. Nous sommes tous unis et soudés. L'ambiance est familiale. Ce n'est pas le cas en MotoGP. Je suis vraiment bien ici. Je n'irais pas en MotoGP, ici je suis heureux."

Un gros changement avec BMW

Pas question de retourner en Grands Prix, Jordi Torres souhaite s'ancrer en WSBK. Pourtant, après une campagne réussie avec Aprilia, un premier écueil de taille s'est présenté à lui : suite au retrait officiel de la marque italienne, il s'est lié à BMW - par le biais du team Althea - pour embrasser un nouveau programme, qui lui impose de repasser par une phase d'apprentissage.

"L'année dernière, je courais avec une moto plus étroite et plus légère. On pouvait la faire glisser plus facilement en milieu de virage", explique-t-il. "Avec la BMW S1000, je dois freiner fort et plus tard que ce que je voudrais, avoir moins de vitesse en passage de courbe puis me redresser tôt en sortie de virage. Je dois utiliser plus le pneu avant que le pneu arrière, alors que j'ai toujours fait l'exact opposé."

Face aux exigences de sa nouvelle machine, il s'est vu contraint de modifier son style de pilotage. "Je l'ai beaucoup changé, c'est certain. L'Aprilia est une moto facile à piloter, tu es tout de suite en confiance. La RSV4 RF est une moto pratiquement née pour les courses avant d'aller sur la route. La nôtre, c'est l'exact opposé : c'est une routière adaptée à la piste. Elle a un moteur quatre-cylindres en ligne et cela la rend très large et lourde. On sent son poids dans la force d'inertie du moteur, qui t'impose parfois de la redresser plus tôt que ce que tu voudrais."

"L'Aprilia est une moto plus équilibrée en ce qui concerne l'usure des pneus. On a bien progressé, d'autant que je comprends beaucoup mieux la moto et que je me suis adapté, mais cela reste parfois difficile : je suis tenté de faire tout ce qui me vient naturellement, mais ensuite je m'efforce de faire le contraire. Ce n'est pas facile, cependant je dois le faire si je veux améliorer mes performances", prévient le pilote Althea. "Au final, c'est une BMW. C'est une grande marque, avec de l'argent et du potentiel. Il faut juste voir quelle route prendre."

Premier objectif, réduire son retard

Habitué à animer le top 5 la saison passée et auteur notamment de quatre podiums - dont le premier remonte à Imola, il y a précisément un an - Jordi Torres a dû accepter un rendement différent cette année. "Au début, je pensais que ce pourrait être similaire à l'année dernière, et puis quand j'ai testé la BMW j'ai compris que la route serait longue", reconnaît-il.

S'il avance pas à pas, la courbe de résultats du pilote espagnol a toutefois commencé à évoluer dans le bon sens, avec trois arrivées dans le top 5 enregistrées sur les cinq dernières courses. Néanmoins, au-delà du résultat comptable, ce sont les écarts qui centralisent son attention.

"L'objectif est de finir proche des premiers. Finir troisième à 15 secondes du vainqueur, cela ne m'intéresse absolument pas. Je préfère terminer septième mais proche des premiers, ainsi j'apprends beaucoup", souligne-t-il. "Mon objectif était d'apprendre à connaître la moto, désormais je dois en trouver la limite. Ensuite j'aimerais changer d'objectif et me battre avec les trois premiers en 2017."

Propos recueillis par Giacomo Rauli

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