WorldSSP300 - González double la mise dans une course à suspense

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WorldSSP300 - González double la mise dans une course à suspense
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16 avr. 2019 à 13:37

Catégorie particulièrement disputée, il n'est pas si commun que le World Supersport 300 permette à un pilote de signer deux victoires consécutives. C'est pourtant ce qu'a réussi à faire Manuel González en s'imposant à Assen, au terme d'une course hautement indécise et combattue.

Après le doux soleil du printemps espagnol, les jeunes pilotes du WorldSSP300 avaient rendez-vous le week-end dernier aux Pays-Bas, où ils ont été gratifiés de températures glaciales et… de neige ! Le mauvais temps, qui a poussé samedi au report de la Course 1 du Superbike, a pesé sur leur week-end puisque la course de la dernière chance a dû être annulée, privant ainsi les moins rapides d'une opportunité de se qualifier pour l'épreuve de dimanche. En conséquence, ils ne sont pas 30 mais 36 à avoir été directement sélectionnés à l'issue de la Superpole.

L'Indonésien Galang Hendra Pratama s'est octroyé le meilleur emplacement sur la grille, en se montrant le plus rapide à la toute fin de la Superpole disputée par le groupe A. Il devançait alors nettement les Espagnols Manuel González et Mika Perez, puis le Français Hugo De Cancellis et son coéquipier italien Omar Bonoli, alors que le local de l'épreuve Scott Deroue, meilleur temps de l'autre groupe, parvenait à faire main basse sur la sixième place de la grille de départ.

S'il a maintenu sa position à l'extinction des feux, Hendra Pratama a pourtant bien vite dû céder les rênes, alors qu'une course en paquet prenait forme. Au bout de quelques tours, une légère cassure s'est opérée au-delà de la 24e place et, après plusieurs chutes, ils étaient encore 19 à figurer dans cet incroyable peloton de tête lorsque le drapeau à damier a été en vue.

Si aucun des leaders successifs n'est parvenu à faire le trou à l'avant, aborder les virages du TT à trois ou quatre de front signifiait qu'il était même facile de se faire avaler par la masse et de perdre en un instant des poignées de places. Bruno Ieraci et Ana Carrasco en savent quelque chose puisqu'alors qu'ils étaient premiers au coude à coude à six virages de l'arrivée (l'Italien était 28e sur la grille !), ils en ont terminé à la septième et à la huitième position respectivement. De premiers points pour la Championne en titre, mais moins qu'espéré pour elle. Et que dire de Hendra Pratama, leader au premier virage et… 19e à l'arrivée, à seulement 2"3 du vainqueur !

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Auteur de sa première victoire il y a une semaine en Aragón, c'est une nouvelle fois Manuel González qui s'impose, malgré un contact avec Jan-Ole Jahnig. Deuxième sous le drapeau à damier, celui-ci a été contraint de rendre une position, ce dont profite Scott Deroue. Trois des hommes ayant terminé aux quatre premières places de la course d'ouverture du championnat forment donc le podium. Hugo De Cancellis, deuxième en Espagne, se classe cinquième, devancé par un surprenant Nick Kalinin. Lui aussi très en vue, le jeune Omar Bonoli se classe au sixième rang après avoir signé le meilleur temps dans le dernier tour.

Le top 5 à l'arrivée :

  1. Manuel González
  2. Scott Deroue +0"143
  3. Jan-Ole Jahnig +0"320
  4. Nick Kalinin +0"417
  5. Hugo De Cancellis +0"450
Jan-Ole Jahnig, Scott Deroue

La manche d'Assen vue par MHP Racing

Contrairement à Aragón, les pilotes de MHP Racing avaient tout à découvrir de la piste d'Assen, or les conditions ne leur ont pas facilité la tâche, loin s'en faut ! Les qualifications rocambolesques ont directement impacté leur week-end, puisque dans le groupe B, Romain Doré n'a pas réussi à établir son temps dans les premières minutes avant la dégradation des conditions, alors que Matéo Pédeneau, lui, est tombé. Dans l'autre groupe, Kyrian Hartmann a été victime d'une lourde chute : moto détruite, il n'a pas pu prendre part à la course, bien qu'il ait été qualifié et qu'il soit sorti indemne. Seul pilote du trio à prendre le départ, Pédeneau a eu fort à faire face à König et Hernandez Moyano et c'est à la 22e place qu'il a bouclé cette bagarre, à 13 secondes du vainqueur.

Matéo Pédeneau (22e, +13"469) : "Lors de la Superpole, on a eu deux tours sur le sec puis de la pluie et de la neige. Il fallait claquer un chrono dans les deux premiers tours, après c'était fichu. Au troisième tour, j'ai fait mon meilleur temps et, au quatrième, je suis tombé après avoir perdu l'arrière. Après, je n'ai pas pu repartir et je devais passer par les repêchages mais finalement j'ai été qualifié directement ! En course, on n'a pas arrêté de se bagarrer dans le groupe de trois, ce qui a permis au groupe de tête de s'envoler. Vu les temps que j'ai réalisés, la course aurait été bien différente si j'étais parti mieux placé sur la grille. Je suis déçu, c'est un week-end à oublier."

Romain Doré : "On n'a même pas eu la chance de pouvoir être repêché ! Il faut prendre ça comme un entraînement pour préparer le futur. Pendant les deux tours de Superpole où la piste était sèche, j'ai attendu des pilotes plus rapides pour prendre leur roue et leur aspiration. Mais lorsqu'il a commencé à neiger, je n'avais pas encore fait de chrono. Ensuite une sorte de neige fondue est apparue et il est devenu impossible de faire un chrono. J'ai alors fait des tours et des tours en attendant le beau temps, qui n'est jamais venu !"

Kyrian Hartmann : "Je suis indemne. Mon épaule convalescente n'a pas été touchée. Dans le virage 7, j'ai perdu l'arrière puis la moto a raccroché. Sur le coup j'ai cru que j'étais retombé sur la moto mais en fait j'étais à côté. À ce moment-là, elle est rentrée dans le bac à sable et moi je suis passé un peu par-dessus. J'ai roulé, arraché la visière et des cailloux sont rentrés. Les commissaires ont cru que j'avais le nez cassé car il était gonflé à cause des petites plaies. Je suis resté en observation pendant 20 minutes dans la clinique mobile du circuit. La moto est un peu chiffon ! La fourche, le bras sont pliés et les carters moteur sont cassés."

Jean-Paul Boinet (président MHP Racing) : "Je pense que Matéo pourra jouer les places d'honneur dans le milieu de saison. Il a démontré un grand potentiel mais, à 15 ans, participer à un premier Championnat du monde n'est pas chose aisée. Il a loupé son départ et fait encore des fautes, mais j'estime que c'est un diamant brut qu'il faut tailler ! Il doit engranger de l'expérience. Globalement, le week-end a été un peu rock and roll avec la chute de Kyrian qui a détruit la moto, tandis que Romain Doré doit encore travailler afin de pouvoir se qualifier."

Éric de Seynes (directeur général de Yamaha Motor Europe) : "Je trouve formidable d'avoir une structure comme MHP Racing qui assume cette responsabilité d'emmener ces jeunes dans un championnat international en se focalisant sur une filière française. J'ai dit à Jean-Paul qu'il faut qu'il fasse cette première saison afin d'étalonner la qualité de préparation des motos, de l'encadrement et de la crédibilité du team. Une fois cela fait, l'objectif sera que MHP devienne le team référent bLU cRU pour Yamaha en Championnat du monde et au niveau de la filière française, à l'instar de ce que nous faisons en Espagne ou en Italie. Si on a un jeune de 15 ans qui s'illustre en 300, qui passe en 600 à 17 ou 18 ans et qui arrive à être Champion du monde avant 20 ans, c'est la porte ouverte aux Grands Prix. Le pilote sera courtisé pour aller en Moto2 et pourquoi pas en MotoGP."

Matéo Pédeneau
 
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À propos de cet article

Séries WSBK
Événement Assen
Catégorie Course SSP300
Lieu Assen
Auteur Léna Buffa
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