WTCC : Entretien avec François Ribeiro (2/3)

Suite de l’entretien exclusif avec François Ribeiro, directeur d’Eurosport Events, promoteur du championnat du monde de supertourisme WTCC

Suite de l’entretien exclusif avec François Ribeiro, directeur d’Eurosport Events, promoteur du championnat du monde de supertourisme WTCC.

Nouvelles voitures, arrivée de Citroën, de Sébastien Loeb, avez-vous ressenti un accroissement de l’intérêt pour le WTCC au début de cette nouvelle saison ?

Il est clair que tout cela a apporté un énorme vent frais. Ce fut une année remarquable pour le WTCC, avec un nouveau plateau, un champion du monde rookie chez les pilotes, mais aussi du côté des constructeurs. Citroën amène également de la crédibilité au WTCC, qui reste un championnat assez jeune puisqu’il a été lancé en 2005, et ils ont surtout élevé le niveau technique d'une manière incroyable. Au niveau de la médiatisation, je dirais que nous avons connu un boost de 30%, que ce soit au niveau des audiences TV, des accréditations journalistes, etc. Ce qui a surtout explosé, c’est le suivi du WTCC sur les réseaux sociaux, sur Facebook notamment. Il est clairement en train de se passer quelque chose.

En tant qu’organisateur, n’avez-vous pas regretté la domination à outrance des Citroën cette saison ?

Evidemment, dans l’absolu, on préférerait avoir un championnat équilibré. Mais Citroën a pris davantage de risques que ses rivaux puisqu’ils ont commencé à mener des essais de développement alors que la nouvelle réglementation technique n’était pas encore validée. Ils ont fait le job parfait, Xavier Mestelan Pinon a « pondu » une voiture extraordinaire, et tout ce travail a payé. Maintenant, leur avantage va je pense s’amenuiser l’an prochain. Déjà, ils effectueront moins d’essais qu’il y a un an, et puis ils devront gérer trois pilotes "numéro un", ce qui est toujours délicat. Cette année, ce fut assez clair puisque Lopez a réussi à faire le break rapidement grâce notamment aux soucis de Loeb et de Muller. L’année prochaine, cela risque d’être différent, et la concurrence sera aussi plus affûtée. On aura droit à des courses plus serrées… Pour Citroën, ce sera moins facile.

Justement, José Maria Lopez, c’est un peu celui que l’on n’attendait pas, aux côtés d’Yvan Muller et Sébastien Loeb…

Dans le bon, la brute et le truand, le truand c’est Lopez ! (rires) Mais c’est un titre mérité qui récompense un pilote exceptionnel. L’an passé, on l’avait aidé pour qu’il dispute deux courses en Argentine sur une BMW privée. Il en avait profité pour s’imposer lors de la course 2. C’est là que nous avons eu l’idée de le proposer à Citroën, qui cherchait un troisième pilote pour accompagner Yvan et Sébastien. A force d’insister auprès d’eux, ils ont fini par le tester, et ils ont tout de suite compris qu’ils étaient tombés sur un phénomène. Honnêtement, je ne pensais pas qu’il serait champion du monde dès cette année, mais je savais qu’il avait le potentiel pour être devant et gagner des courses…

L’avènement de Lopez ne préfigure-t-il pas une nouvelle vague de pilotes en WTCC dans le futur ?

On ne l’avait pas anticipé, mais c’est vrai que le profil même de ces nouvelles voitures de réglementation TC1 rend leur pilotage beaucoup plus proche de celui d’une monoplace que les anciennes voitures S2000. Cela incitera sûrement d’autres pilotes issus de la monoplace à bifurquer vers le WTCC dans l’optique de devenir pilote professionnel. A titre personnel, je suis persuadé qu’un pilote comme Robert Kubica pourrait devenir lui aussi une pointure en WTCC. Mais pour l’instant, il est encore rallyman dans sa tête. Je l’ai bien sûr invité à frapper à notre porte au cas où il déciderait de changer de voie, mais je crois que ce n’est pas encore d’actualité…

Dernière partie de cet entretien à venir...

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A propos de cet article
Séries WTCC
Pilotes Sébastien Loeb , Yvan Muller , Robert Kubica , José María López
Type d'article Actualités