Coûts : "la F1 est sur un chemin dangereux", selon Volkswagen

Alors que Liberty Media, nouveau propriétaire de la Formule 1, veut mieux répartir les ressources de la compétition, Volkswagen tire la sonnette d'alarme quant aux coûts engendrés par la discipline pour les écuries et les circuits.

Les disparités sont fortes dans les budgets des équipes. En 2016, la Scuderia Ferrari a dépensé pas moins de 360 millions d'euros, tandis que Manor (team désormais disparu) a dû se contenter d'à peine 90 millions euros, une somme similaire à celle de structures comme Sauber et Force India.

Les petites équipes ont donc demandé à Liberty de résoudre les problèmes de coûts, dans une situation que Volkswagen qualifie de "très dangereuse", par la voix de son directeur du département compétition, Bernhard Gobmeier. Rappelons que deux marques du groupe Volkswagen, Porsche et Audi, ont confirmé leur arrivée prochaine en Formule E.

"La Formule 1 est sur un chemin dangereux", déclare Gobmeier pour Motorsport.com. "Elle est coûteuse. La plupart des équipes, à part les quatre grandes, ont des problèmes financiers. Et les circuits ne peuvent pas payer ce qu'on leur demande. Parce qu'elle est coûteuse, elle est sur un chemin très dangereux, à mon avis. Nous le voyons partout."

"Mercedes a plus de 1500 personnes qui travaillent sur le projet F1. Cela ne prend même pas en compte les fournisseurs, bien qu'ils soient moins nombreux. C'est sûrement 2000 personnes pour deux voitures. Les salaires sont pourtant très élevés en Angleterre, et le matériel est très cher."

"Aux États-Unis, ils gardent le contrôle des coûts à l'esprit. Ils les gèrent bien. En Europe, il y a beaucoup de catégories différentes. Dans certaines d'entre elles, le contrôle des coûts est vraiment bon. Mais la F1 est complètement hors de portée, et le WEC aussi."

Gobmeier ne manque pas de pointer du doigt le fait que les sponsors sont de plus en plus réticents quant à un investissement en sport automobile, d'autant que les restrictions sur la publicité pour le tabac dans de nombreux pays ont fait fuir de nombreux sponsors emblématiques de la Formule 1.

"Le nombre de sponsors baisse. Les gros sponsors, comme les compagnies cigarettières, ne sont plus là. Les petits sponsors sont également moins nombreux. Le nombre de spectateurs diminue aussi. En même temps, les coûts augmentent. Quelque chose ne va pas, là. Il faut rendre les courses plus spectaculaires."

Le MotoGP, "100 fois mieux"

L'ancien dirigeant de Ducati Corse, en revanche, ne tarit pas d'éloges sur le MotoGP, catégorie reine des deux roues, qui exploite son potentiel marketing au mieux, selon lui.

"Le MotoGP est au-dessus de la F1, du point de vue du spectacle", estime Gobmeier. "C'est 100 fois mieux. Il n'y a pas de comparaison. Le MotoGP, ses courses annexes et le World Superbike sont bien mieux que la F1. En théorie, le MotoGP a le potentiel pour capitaliser commercialement sur sa popularité. Et il le fait. Nous avons Ducati dans notre groupe et nous voyons quelle différence peut être atteinte en matière de sponsoring."

"C'est Ducati qui a le plus de sponsors. Même Porsche, Bentley et Audi n'en ont pas autant. Ducati est unique et comparable à Ferrari, et les sponsors en ont pour leur argent. Ils sont bien exposés lors des courses, que ce soit en termes de médias, d'hospitalité, de programmes et d'autres choses. Les constructeurs automobiles n'ont pas la même réussite dans ce domaine."

Propos recueillis par Vivek Phadnis

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