Le stock-car est-il vraiment plus excitant que la Formule 1 ?

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Le stock-car est-il vraiment plus excitant que la Formule 1 ?
Par : René Fagnan
28 oct. 2016 à 13:05

Résidant sur le continent nord-américain, j’entends cette rengaine depuis des décennies : les courses de stock-car sont franchement plus excitantes que les Grands Prix de Formule 1.

Restart : Kyle Busch, Joe Gibbs Racing Toyota mène
Le vainqueur Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W07, passe sous le drapeau à damier
Martin Truex Jr., Furniture Row Racing Toyota mène sur un restart
Sebastian Vettel, Ferrari SF16-H et son équipier Kimi Raikkonen, Ferrari SF16-H en lutte pour une position
Crash de Carl Edwards, Joe Gibbs Racing Toyota
Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W07 Hybrid et Max Verstappen, Red Bull Racing RB12 en lutte
Le crash impliquant Ricky Stenhouse Jr., Roush Fenway Racing Ford, et Kevin Harvick, Stewart-Haas Racing Chevrolet
Felipe Massa, Williams FW38 et Marcus Ericsson, Sauber C35 en lutte
Arrivée : Denny Hamlin, Joe Gibbs Racing Toyota
Kimi Raikkonen, Ferrari SF16-H et Max Verstappen, Red Bull Racing RB12 en lutte
Départ : Chase Elliott, Hendrick Motorsports Chevrolet mène

Les amateurs purs et durs du stock-car, et surtout de la NASCAR Sprint Cup, ne cessent de répéter que les courses tenues sur des ovales sont beaucoup plus spectaculaires, disputées et imprévisibles que les courses de F1.

Très honnêtement, ces gens ont raison, mais l’explication est fort simple. Toutefois, comparer directement la F1 à la NASCAR, c’est comme de préférer des pommes à des oranges. La NASCAR, c’est un sport/spectacle/divertissement, tandis que la F1 est plus technologique ; une vitrine pour les constructeurs automobiles. Le sport est relégué au second plan.

Un show avant tout

Les dirigeants de la NASCAR veulent présenter un bon spectacle, avec un peloton groupé, des dépassements, des contacts et où personne ne se sauve du reste du peloton. Le déroulement des courses est scrupuleusement surveillé afin qu’il ne déroge pas à cette règle. Il y a donc un facteur externe, une sorte de “scénariste” qui supervise le déroulement des épreuves. D’ailleurs, Juan Pablo Montoya s’en est récemment plaint ouvertement.

Quand on y regarde bien, tout en stock-car, qu’il s’agisse des règlements techniques ou sportifs, absolument tout, est destiné à rendre le show excitant jusqu’au drapeau à damier.

Si les Grands Prix de Formule 1 se déroulaient comme des courses de stock-cars, nous aurions droit à six ou sept neutralisations avec la voiture de sécurité et relances par épreuve. Il est évident que dans de telles conditions, les deux Mercedes de Nico Rosberg et de Lewis Hamilton ne se sauveraient pas des autres !

Et si la F1 était gérée comme le stock-car, il y aurait une neutralisation à trois tours de l’arrivée et une dernière relance complètement folle. Imaginez regrouper le peloton de voitures de F1 avec deux ou trois tours à faire et procéder à un nouveau départ, qu’il soit lancé ou arrêté, avec les voitures placées en deux rangées et non plus à la file indienne !

On assisterait aussi des incidents et des rebondissements stupéfiants, comme, par exemple, voir Max Verstappen taper l’arrière de la voiture de Kimi Räikkönen dans le dernier virage de l’épreuve, le doubler et gagner, sans être pénalisé !

À l’inverse

Si les courses de stock-car de déroulaient comme des Grands Prix de F1, alors on assisterait souvent à des courses ennuyeuses. Des courses de 400 ou 500 miles seraient disputées à fond, avec une seule neutralisation, ou peut-être pas, et on verrait le vainqueur franchir l’arrivée avec trois ou même quatre tours d’avance sur ses poursuivants. Sur un petit ovale où un tour de piste est réalisé en un peu plus de 20 secondes, c’est tout à fait plausible.

Le peloton de 40 voitures serait rapidement brisé en une procession de voitures isolées, ne pouvant profiter d’aucune aspiration. De plus, les spoilers arrière seraient mobiles, comme le DRS, et un pilote pourrait en doubler un autre, sans nécessairement être plus rapide. Chaque pilote devrait aussi utiliser les deux gommes de pneus proposées par Goodyear durant la course. Pour terminer, les fans ne pourraient plus écouter les conversations radio à l’aide de scanners, car elles seraient brouillées. Bref, cela détruirait le spectacle.

Je ne dis pas que la F1 est plus intéressante, ou que les courses de stock-cars sont plus excitantes à regarder. Les deux styles de courses sont différents et destinés à plaire à des publics différents. Les deux offrent des courses qui sont parfois incroyablement excitantes et d’autres fois, épouvantablement soporifiques. Sur ce point, les deux se valent.

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Auteur René Fagnan
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