Tilke défend les circuits qu'il dessine face aux critiques

Connu comme l'architecte des Grands Prix, Hermann Tilke est souvent critiqué pour les circuits qu'il dessine : la plupart de ses tracés seraient sans âme et ne représenteraient pas un vrai défi pour le pilotage, selon certains fans et observateurs.

Tilke est le créateur ou restaurateur de huit circuits du calendrier actuel : le Red Bull Ring, Sepang, Bahreïn, Shanghai, Marina Bay à Singapour, Yas Marina, le Circuit des Amériques et Sotchi. Il est également le père de pistes sur lesquelles la Formule 1 ne se rend plus, telles qu'Istanbul, la Corée du Sud, Buddh en Inde, et le circuit urbain de Valence.

Les critiques qui lui sont adressées sont-elles justifiées? En tout cas, Tilke fait de son mieux pour améliorer le spectacle et pour créer des zones de freinages qui permettent aux pilotes de se dépasser plus facilement.

"Nous devons jouer un rôle et la réglementation doit jouer un rôle pour rendre les dépassements possibles," déclare l'Allemand dans les colonnes du Sport Business Daily. "Nous essayons de créer des virages où les dépassements sont possibles. Le plus simple, c'est une longue ligne droite suivie par un virage serré, ce qui crée une longue zone de freinage."

"Cependant, si la réglementation interdit aux voitures de se battre roues contre roues, elles ne peuvent simplement pas dépasser. C'est toujours un problème, mais nous essayons de trouver le moyen de le rendre possible."

Permettre aux pilotes de commettre des erreurs

Les circuits made in Tilke se différencient des circuits old-school notamment par d'imposants dégagements en asphalte, suivant la mode lancée par le Paul Ricard. Cela évite aux pilotes de se retrouver enlisés dans les graviers lorsqu'ils partent à la faute.

Il existe toutefois des aspects négatifs. En effet, les erreurs sont moins pénalisantes et certains ont tendance à sortir de la piste pour élargir leur trajectoire, lorsque cela apporte un gain de temps.

"Nous essayons aussi de trouver le moyen de permettre aux pilotes de faire des erreurs," assume Tilke. "Le problème, c'est que les pilotes de Formule 1 sont les meilleurs du monde et ils ne font pas d'erreurs. Les premiers virages sont aussi très importants, car on veut éviter que le peloton ne s'étire. On veut qu'il reste compact."

"Certaines critiques ne sont simplement pas fondées. Prenez Bahreïn, par exemple. Certains disent 'Oh, ce sera ennuyeux parce qu'on ne peut pas dépasser'. Faux. L'an dernier, Bahreïn était l'une des courses les plus passionnantes de l'Histoire. Il y avait des dépassements partout."

Sauvez l'Europe!

L'architecte s'émeut à l'idée de voir les Grands Prix européens disparaître, alors que chaque année, la proportion de courses sur le Vieux Continent se réduit. Seules huit épreuves sur les 21 qui sont au calendrier 2016 auront lieu en Europe... Et ce n'est même pas le cas du Grand Prix d'Europe, qui sera disputé en Azerbaïdjan!

"Tout d'abord, c'est un championnat du monde, donc il devrait aller partout dans le monde," reconnaît Tilke. "Mais les courses européennes traditionnelles devraient rester. Personnellement, je ne suis pas vraiment content que l'Allemagne n'ait pas de Grand Prix cette année, et si l'Italie perdait sa course, ce serait très décevant pour moi en tant que fan."

"J'aime les courses traditionnelles telles que Spa, Monza, Hockenheim, le Nürburgring ou Silverstone. En tant que fan, je veux qu'elles soient au calendrier pour les 50 ans à venir," conclut-il.

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Séries Formule 1
Type d'article Actualités
Tags architecte, circuits, tilke