Cinq enseignements apportés par les essais de Buriram

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Cinq enseignements apportés par les essais de Buriram
Oriol Puigdemont
Par : Oriol Puigdemont
22 févr. 2018 à 18:15

Alors que deux des trois tests collectifs sont à présent terminés, la feuille des temps offre déjà plusieurs indications sur la prochaine saison de MotoGP.

1. Márquez joue dans une autre cour

Marc Márquez, Repsol Honda Team

Le Champion du monde en titre demeure sans aucun doute l'homme à battre. Une sensation déjà perceptible dès les essais qui s'étaient déroulés à la fin de l'année 2017, et dont la dynamique non seulement se maintient en 2018, mais fait de lui encore un peu plus la référence. C'est comme cela que le voient ses rivaux, de Dovizioso à Rossi, en passant par Zarco, et c'est ce que reflètent les temps.

Conscient que cette agressivité qui le caractérise joue pour lui lorsqu'il doit aller chercher un tour rapide, la stratégie de Márquez se centre désormais sur l'amélioration du rythme de course, quelque chose sur quoi il a travaillé en Malaisie ainsi qu'à Buriram.

Pour le reste, l'Espagnol fait tout pour atteindre l'un de ses objectifs de la fin de saison dernière, à savoir celui de moins chuter. En six jours d'essais, il n'est allé au sol que deux fois (une chute à Sepang et une autre, presque évitée, à Buriram).

En dépit du fait d'avoir le vent en sa faveur, le Catalan doit bien avoir à l'esprit l'exemple de Viñales l'an passé, de sorte qu'à chaque fois qu'il est à l'œuvre, il redouble de vigilance. Mais malgré cela, personne ne peut douter qu'il se présente comme le grand favori avec l'objectif de s'imposer lors des premières manches du calendrier.

2. Pas de fanfaronnade pour Dovizioso 

Andrea Dovizioso, Ducati Team

L'actuel vice-Champion du monde a démontré lors du précédent championnat qu'il était capable de jouer stratégique comme personne. Dovi n'a pas son pareil quand il s'agit de lire le déroulement des courses et l'évolution des championnats, mais aussi d'essayer de progresser sur le plan personnel lorsqu'il n'y a pas de points en jeu.

L'Italien a déjà déclaré que la nouvelle Desmosedici lui plaisait, et il s'est toujours maintenu parmi les plus rapides, surtout en Malaisie. Cependant, il va falloir voir si les progrès réalisés par Honda, surtout au niveau de la puissance et de la vitesse, mettront en difficulté Ducati. Si cela se confirme, Dovizioso devra alors rester sur ses gardes, même sur des tracés où les motos rouges faisaient jusqu'ici la différence.

Cela pourra être vérifié d'ici dix jours au Qatar, sur un tracé où Ducati a toujours fait des merveilles. Il faudra voir aussi, de toute façon, quelles décisions seront prises par la marque de Borgo Panigale après prise en compte des divergences entre Dovizioso et Lorenzo sur certains aspects de la moto.

3. Les deux motos de Lorenzo

Jorge Lorenzo, Ducati Team

Les sensations remarquables ressenties par le Majorquin en Malaisie, dont il est reparti avec le record de la piste, ne peuvent pas occulter le dur retour à la réalité vécu en Thaïlande. Là-bas, le triple Champion du monde de MotoGP a souligné les points négatifs qui selon lui sont présents sur la Ducati de cette année – avec notament un manque de poids sur l'avant –, et l'ont même amené à revenir une énième fois sur le modèle antérieur, bien qu'il ait fallu aller chercher ce dernier dans le garage Pramac.

Alors qu'il est dans un moment des plus importants, étant donné qu'il doit faire face à la négociation à propos de sa prolongation, Lorenzo est conscient que sa valeur sur le marché n'est pas la même que lorsque l'équipe a sorti le chéquier pour essayer de reconquérir le titre.

En ce sens, le numéro 99 va avoir beaucoup de mal à convaincre les dirigeants du constructeur italien qu'il est irremplaçable, surtout si de l'autre côté du garage il y a quelqu'un qui gagne bien moins d'argent que lui, mais plus de courses.

4. La rapidité de Zarco, la déconfiture de Yamaha

Johann Zarco, Monster Yamaha Tech 3

Si on met de côté Márquez, Johann Zarco fait en ce moment partie du groupe de pilotes qui pourraient viser le podium si le championnat commençait dimanche prochain. Une situation qui tranche complètement avec Yamaha, qui a vu Rossi et Viñales, ses deux pilotes officiels, ne pas parvenir à extraire le potentiel de la M1 comme le fait le Français de chez Tech3.

La situation est devenue si irréaliste que Viñales a assuré le samedi après-midi avoir solutionné le problème qui a handicapé l'équipe depuis si longtemps, avant de se raviser dès le jour suivant et d'annoncer qu'il ne s'agissait que d'une fausse joie.

Rossi, de son côté, a commencé à souligner que l'origine de tous les maux de Yamaha se situait dans l'électronique, avant d'ajouter le dimanche, sur le retour de la maison, qu'une partie de cette responsabilité pouvait être rejetée sur les pneumatiques, qui selon lui peuvent changer grandement de comportement d'un jour à l'autre.

5. Rins et Suzuki passent un cap

Alex Rins, Team Suzuki MotoGP

Après avoir été pénalisé pendant une année par une erreur commise dans l'évaluation et le choix du moteur de 2017, Suzuki assure avoir cette fois-ci mis dans le mille, et cela s'est parfaitement reflété au chronomètre.

Pour le moment, c'est Rins qui tient le haut du pavé dans l'équipe, après un hiver studieux à la salle de sport, durant lequel il a fait ce qu'il fallait pour se rapprocher de la forme requise pour évoluer en MotoGP. Rins est entré du bon pied en Malaisie, et il est reparti de Buriram en faisant partie des plus rapides, à savoir le top 5.

Pour le reste, la marque d'Hamamatsu travaille d'arrache-pied, comme cela a pu être constaté avec les échappements essayés en Malaisie et en Thaïlande, ainsi qu'avec le nouveau carénage. Comme Ducati, l'équipe dispose de trois options fournies par son département aérodynamique.  

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À propos de cet article

Séries MotoGP
Événement Essais de février à Buriram
Lieu Chang International Circuit
Auteur Oriol Puigdemont
Type d'article Analyse