Abiteboul - "Plus de visibilité avec une voiture jaune !"

Lors d’une rencontre avec Motorsport.com, Cyril Abiteboul, directeur général de Renault Sport Racing, explique que le constructeur automobile français faisait face à un choix à la fois simple et complexe l’an dernier.

Abiteboul - "Plus de visibilité avec une voiture jaune !"
Cyril Abiteboul, Directeur Général Renault Sport F1 lors de la conférence de presse
Cyril Abiteboul, Directeur Général Renault Sport F1
Cyril Abiteboul, directeur de Renault Sport F1, Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team, Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team et la surfeuse Ellie Jean Coffey
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS16
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team RS16
Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team RS16
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team R.S.16
Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team R.S.16 devant son équipier Kevin Magnussen, Renault Sport F1 Team R.S.16
Julien Simon-Chautemps, Renault Sport F1 Team et Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team

Abiteboul, homme de Renault depuis l’obtention de son diplôme de l’Institut National Polytechnique de Grenoble, a été, on s’en souvient, le directeur de l’équipe Caterham en 2012. Revenu chez Renault, il s’assure que toutes les facettes de l’entreprise française sont structurées, dotées de ressources suffisantes et fonctionnent à leur plein potentiel pour délivrer une performance optimale.

Nous l’avons rencontré dans le paddock du circuit d’Albert Park à Melbourne lors du Grand Prix d’Australie. Il nous a expliqué que Renault, partenaire technique privilégié de Red Bull Racing l’an dernier, faisait face à un choix déchirant.

Il fallait prendre une décision, soit on sortait de cette compétition, par la grande porte, en maîtrisant notre programme, notre image et notre communication, soit on entrait complètement [avec notre écurie]”, nous explique-t-il.

La difficulté quand on est motoriste, c’est qu’on est captif de son client, captif du règlement qu’on ne peut pas changer. Avec ce règlement de l’unité de puissance qui en est à sa troisième saison, l’intégration du moteur dans le châssis est beaucoup plus importante qu’elle l’était dans le passé. Avec le règlement actuel, il faut dépenser beaucoup plus dans le moteur que dans le châssis."

"C’est ce que nous empêchait de faire cette relation avec Red Bull, ce n’est pas la faute de Red Bull, c’est que le modèle client-fournisseur ne fonctionne pas. Le produit que le fournisseur fournit est presque plus important que ce que le client doit lui-même développer autour du moteur. C’est une des raisons parmi d’autres qui ont milité pour ce retour à titre d’écurie officielle.”

Équilibre entre investissements et retours

Le directeur général poursuit en expliquant qu’en F1, comme dans tout business, les investissements colossaux doivent être accompagnés de retours significatifs, ce qui était quasiment impossible à faire dans le cadre de l'association avec Red Bull Racing.

Quand on a vendu notre écurie et décidé d’être motoriste, en 2009/2010, le moteur V8 était ce qu’on appelle gelé, figé. Donc, le coût de la technologie était moyen, mais le retour marketing était moyen, mais ça s’équilibrait,” déclare Abiteboul à Motorsport.com.

Avec le règlement de l’unité de puissance, le coût de la technologie a augmenté, mais en revanche le profit marketing n’a pas vraiment bougé. C’est pour cette raison que nous n’avions que deux options : soit sortir complètement pour ne plus avoir de coûts associés, soit revenir avec notre équipe afin d’augmenter le bénéfice marketing."

"On le voit bien, la différence de visibilité entre une écurie Renault toute jaune, très visible, et être uniquement le motoriste de Red Bull, même Red Bull qui gagne des Championnats du monde. Je pense qu’en une seule séance en piste, avec une voiture jaune, on a eu plus de visibilité qu'en plusieurs courses avec Red Bull aux avant-postes.

Concernant le rachat d’installations, Renault a discuté avec plusieurs écuries. On se souvient d’un possible rachat de Toro Rosso. Finalement, la marque a fixé son choix sur Lotus.

Nous avons effectué une étude très en profondeur, très analytique, et on a regardé dans les détails à un certain nombre d’écuries. On s’est arrêté sur Enstone [Lotus], pas parce que c’était notre ancienne écurie, mais parce qu’elle présentait, selon nous, les meilleurs ingrédients pour revenir au premier plan le plus rapidement possible”, nous explique Abiteboul.

Il fallait réunir un certain nombre d’éléments : une soufflerie, être basé dans le bon pays et l’Angleterre est le bon pays en F1, avoir une écurie très intégrée et capable de produire une bonne partie de ses pièces, alors tous ces éléments et aussi un peu de spirituel, l’esprit, l’âme de compétiteurs qu’il y a à Enstone”, termine Abiteboul.

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