Enquête de la FIA : quelle suite peut-on attendre ?

Après un mois de silence lors de la trêve hivernale, la FIA a donné ce jeudi de nouvelles informations sur son enquête concernant la controverse du Grand Prix d'Abu Dhabi.

Enquête de la FIA : quelle suite peut-on attendre ?

Les fans attendaient avec impatience ces informations, et si elles n'ont pas donné de réponse concrète, elles ont au moins donné les grandes lignes de la situation actuelle et des délais possibles pour toute décision et surtout pour toute mesure.

Le nouveau président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a déjà évoqué ce mois-ci le besoin d'être "proactif, pas réactif" lorsqu'on traite de la réglementation, et résoudre les problèmes entraînés par le GP d'Abu Dhabi est l'une de ses priorités. Il a également révélé qu'il attendait de pouvoir s'entretenir avec Lewis Hamilton, qui ne s'est pas exprimé en public depuis sa brève interview dans le parc fermé quelques instants après sa défaite face à Max Verstappen, et qui réfléchit à son avenir.

Mais le grand défi que la FIA doit relever avec cette enquête est de redonner confiance en elle aux pilotes, aux écuries et aux fans consternés par ce qu'ils ont vu à Abu Dhabi et par la gestion d'autres incidents en 2021.

Lire aussi :

Le communiqué de jeudi a confirmé que l'enquête était en cours et que les écuries et pilotes allaient être consultés pour couvrir "divers sujets, notamment celui-ci". La première date mentionnée est le 19 janvier : c'est alors que le Comité sportif – qui discute et propose des changements réglementaires – dédiera une partie de l'ordre du jour à "l'utilisation de la voiture de sécurité".

The Safety Car and Lewis Hamilton, Mercedes W12

Lewis Hamilton en tête derrière la voiture de sécurité

Que Michael Masi fasse rentrer la voiture de sécurité au stand était un aspect majeur de la réclamation de Mercedes le dimanche soir à Abu Dhabi. L'écurie a affirmé qu'il avait omis à deux reprises d'appliquer l'Article 48.12 de la réglementation, d'abord en ne laissant que cinq voitures reprendre leur tour de retard, puis en ne relançant pas la course "à la fin du tour suivant" une fois que les retardataires s'étaient dédoublés.

Bien que les commissaires aient reconnu que Masi n'avait pas forcément "appliqué entièrement" la réglementation, la réclamation a été rejetée selon l'argument que l'Article 48.13 – rendant obligatoire la relance de la course à la fin du tour lors duquel le message "Safety Car in this lap" est affiché – et l'Article 15.3 – qui donne au directeur de course le pouvoir d'outrepasser le règlement concernant l'utilisation de la voiture de sécurité – l'emportaient.

Manifestement, la réglementation doit être clarifiée pour assurer que ce qui s'est passé à Abu Dhabi ne puisse pas se reproduire et pour que la manière dont les règles sont appliquées soit évidente.

Le fait que la voiture de sécurité ait été citée comme sujet majeur pour le Comité sportif est encourageant. Manifestement, la réglementation doit être clarifiée pour assurer que ce qui s'est passé à Abu Dhabi ne puisse pas se reproduire et pour que la manière dont les règles sont appliquées soit évidente.

Les écuries et pilotes devraient jouer un rôle important et actif dans ce processus, ce qui est un autre signe positif. Certains observateurs s'inquiétaient, après l'annonce de l'enquête, d'un éventuel manque d'implication extérieure qui aurait permis à la FIA, en somme, de noter ses propres devoirs. Mais il s'agira d'un forum ouvert avec les pilotes et les équipes, qui vont pouvoir communiquer leurs griefs – et pas seulement ceux liés à Abu Dhabi.

Certes, c'est déjà le cas à chaque Grand Prix lors du briefing des pilotes, mais il va être plus simple de concentrer les discussions sur les problèmes qui ont besoin d'être résolus. L'incident entre Verstappen et Hamilton au virage 4 lors du Grand Prix du Brésil avait entraîné un long débat sur ce qui est permis ou non dans les batailles en piste, et les pilotes étaient divisés quant à savoir si les règles étaient claires.

Lewis Hamilton, Mercedes, 2nd position, congratulates Max Verstappen, Red Bull Racing, 1st position, in Parc Ferme

Lewis Hamilton félicite Max Verstappen

Masi a beau avoir affirmé que les règles avaient globalement été exposées aux pilotes, avec un astérisque pour dire que chaque incident était jugé au cas par cas, il n'y avait clairement pas l'unanimité. Ces discussions donneront à la FIA l'opportunité de vraiment écouter les critiques des pilotes sur divers sujets afin de clarifier les choses, voire de les modifier, pour la saison à venir.

Ce n'est pas seulement le règlement de la FIA qui sera scruté dans cette enquête. Le communiqué de jeudi a révélé que Ben Sulayem avait chargé Peter Bayer, Secrétaire général du Sport et nouveau directeur monoplace à la fédération, de fournir "des propositions pour analyser et optimiser l'organisation de la structure F1 de la FIA pour la saison 2022".

L'identité des responsables F1 à la FIA a inévitablement fait l'objet de longues discussions depuis le Grand Prix d'Abu Dhabi, en particulier en ce qui concerne la position de Masi. Quel que soit son avenir, un changement pourrait contribuer à équilibrer la charge de travail lorsque c'est nécessaire et créer une structure plus efficace pour ces responsables, que ce soit concernant les décisions prises pendant les épreuves, les commissaires ou les affaires externes en dehors de la direction de course.

Mais l'une des grandes questions qui résultent du communiqué de jeudi est celle du timing. Un mois s'est déjà écoulé, et il va peut-être falloir attendre plus de deux mois supplémentaires avant que tout changement potentiel soit approuvé.

À la suite des diverses discussions avec les pilotes et les équipes, la FIA a déclaré que le résultat de l'analyse serait "présenté à la Commission F1 en février" avant que le Conseil Mondial du Sport Automobile n'annonce les décisions finales le 18 mars – soit le jour des essais libres du Grand Prix de Bahreïn, manche d'ouverture de la saison.

Les fans ont régulièrement demandé pourquoi la FIA avait mis si longtemps à lancer son enquête, et cette frustration est partagée par de nombreux membres du paddock. S'il est nécessaire d'être exhaustif, ce silence radio pendant un mois n'a rien fait pour soulager les inquiétudes : elles n'ont fait que croître.

Michael Masi, FIA

Michael Masi

D'ici le début des essais de pré-saison, à Barcelone le 23 février, il est crucial que la FIA donne les grandes lignes des mesures qu'elle va prendre. Pour le bien de la F1, ce sujet doit être promptement traité avec de véritables réponses significatives, afin que l'attention se porte sur l'enthousiasme lié à la nouvelle saison et à la nouvelle réglementation. Espérons que lorsque le Conseil Mondial se réunira le 18 mars, il s'agira simplement de valider ce qui aura déjà été décidé.

La fin du silence radio de la FIA ne représente peut-être qu'un petit pas en avant dans la saga d'Abu Dhabi, mais cette lueur de changement, en particulier avec l'implication des pilotes et des équipes, est encourageante.

Les conséquences d'Abu Dhabi ont, la FIA elle-même l'a dit ainsi le 15 décembre, "terni l'image du championnat". Pourtant, la colère exprimée à juste titre pourrait bien servir de catalyseur pour modifier en bien le règlement de la F1 et améliorer le championnat, assurant que des comptes soient rendus et que le problème ne soit pas balayé sous le tapis.

Lewis Hamilton, Mercedes W12, Max Verstappen, Red Bull Racing RB16B
partages
commentaires
Ocon a "beaucoup appris" aux côtés d'Alonso
Article précédent

Ocon a "beaucoup appris" aux côtés d'Alonso

Article suivant

L'avenir de Masi en F1, un sujet crucial pour la FIA

L'avenir de Masi en F1, un sujet crucial pour la FIA
Charger les commentaires