L'inexpérience, source du manque de fiabilité de Renault

Parmi les quatre écuries qui ont parcouru le moins de tours en course en 2017, on retrouve les trois motorisées par le Losange : Renault, Toro Rosso et Red Bull.

Ce n'est pas une coïncidence, puisque ces six monoplaces ont enregistré de nombreux abandons liés au manque de fiabilité de l'unité de puissance – 12 au total depuis le début de la saison. Renault a tenté d'innover avec l'introduction d'un nouveau concept pour 2017, avant de reconnaître son erreur à l'été : le motoriste a trop modifié son groupe propulseur, par excès d'ambition.

Selon Cyril Abiteboul, directeur général de Renault Sport F1, le manque de fiabilité de la R.S.17 est cependant également lié au fort recrutement des 18 derniers mois – depuis le rachat de Lotus, l'effectif de l'écurie est passé de 475 à 620 employés.

Lorsque Motorsport.com demande à Abiteboul, dans un entretien exclusif, si le développement de la monoplace est à la hauteur des attentes, le Français répond : "Il est complètement à la hauteur des attentes. Ce qui n'est pas à la hauteur des attentes, c'est la fiabilité, sur la F1. C'est ça qui nous a coûté beaucoup de points cette année. Avec des si, c'est facile et tout le monde peut le faire, mais sans tous ces points perdus, on serait beaucoup plus proches de notre objectif, qui reste pourtant de faire cinquième au championnat."

"Mais ces problèmes de fiabilité sont justement liés au fait qu'on recrute beaucoup de gens. Quand il y a beaucoup de gens jeunes, avec un manque d'expérience, un groupe de gens qui ne se connaissent pas très bien, ce sont typiquement les circonstances pour avoir des problèmes de jeunesse, de fiabilité. Il faut absolument qu'on arrive à travailler là-dessus, et que l'année prochaine, on soit exemplaires sur ce sujet."

Une situation jadis "inacceptable" au stand

Autre symptôme de ce manque d'expérience, les arrêts au stand. En 2017, Renault n'est entré qu'à deux reprises dans le top 10 des pitstops les plus rapides d'une course : neuvième en Hongrie avec Jolyon Palmer (3"08) et en Italie avec Nico Hülkenberg (3"03). En comparaison, Williams a signé quatre des cinq meilleurs chronos de la saison en 2"02, 2"17, 2"18 et 2"21.

"On était dans une situation qui était complètement inacceptable", affirme Cyril Abiteboul. "On avait des pitstops entre trois et cinq secondes, voire même quatre et cinq secondes, complètement inacceptable, parce qu'on a eu beaucoup de changements dans le garage, des gens qui n'étaient pas encore entraînés. Maintenant, on est entre deux et trois secondes. Cela évolue, et c'est une bonne façon de montrer la maturité de l'équipe."

Lorsque nous lui demandons si Renault observe Williams pour améliorer ses propres arrêts, Abiteboul répond : "Williams comme Force India sont des équipes qui sont souvent citées en exemple. Il y a vraiment quelque chose qui caractérise ces équipes, surtout Force India, c'est la stabilité."

"On en parlait aussi, les trois titres que l'on a [remportés en Formule E] : tout a changé autour de nous, le règlement a changé, il y a de nouveaux entrants, de nouveaux constructeurs ; nous, on n'a pas changé, on a été stables. Et ça, je pense qu'il faut qu'on s'en inspire sur la Formule 1, il faut qu'on soit tout aussi stables qu'on l'a été sur la FE."

 
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