Après les critiques, Miller s'est "élevé"

Jack Miller a connu des émotions très fortes à Jerez, où il s'est emparé d'une victoire sous forme de délivrance après plusieurs semaines difficiles en ce début d'année.

Après les critiques, Miller s'est "élevé"

C'est une course au scénario plus qu'inattendu qu'a connu Jack Miller à Jerez. Parti depuis la troisième place de la grille de départ du Grand Prix d'Espagne, l'Australien est parvenu à parfaitement s'élancer de sa position et a réalisé le holeshot. S'emparant des commandes de la course et emmenant avec lui Franco Morbidelli, Pecco Bagnaia et Fabio Quartararo, le pilote Ducati factory voyait cependant le Français rapidement imposer son rythme implacable avec la Yamaha factory, et prendre les commandes de la course dans le 13e virage dès la fin du quatrième tour.

Avec encore 21 boucles à parcourir, Quartararo semblait intouchable et creusait rapidement l'écart : 0"5 un tour après avoir dépassé l'Australien, puis une seconde au dixième passage ; avant de faire culminer son avance à 1"4 au 14e tour. Mais c'est précisément dans ce 14e tour que le tournant de la course et possiblement du championnat est intervenu : perdant une seconde pleine sur un unique passage, Quartararo rencontrait des problèmes dont la nature était encore inconnue. Le souci du leader du championnat subsistait, et Miller se retrouvait de nouveau propulsé aux commandes de la course au 16e tour, et capable d'immédiatement se constituer une marge d'une demi-seconde sur son rival aux abois.

"Je n'étais pas totalement en confiance avec ce medium avant depuis le début du week-end, mais là je me suis senti vraiment super bien dès le départ et je voyais que personne n'arrivait à me passer", commente Miller. "J'ai simplement essayé de faire ce que je pouvais faire, je savais que j'avais un rythme raisonnable même si Fabio en avait un meilleur."

"Je savais que je n'étais pas le plus rapide dans le virage 12 et il [Quartararo] m'a dépassé, j'ai fait quelques tours en 1"37 avec lui et j'ai essayé de rester un petit peu avec lui mais il s'échappait. Ensuite, ça s'est stabilisé et d'un coup j'ai vu que réduisais considérablement sur lui et que je me rapprochais de plus en plus : il a vraiment commencé à chuter. Là, je me suis dis : 'Oh, ton heure est arrivée' [rires] ! J'ai vu qu'il avait du mal quand je l'ai passé et je suis resté concentré ; ces six ou sept derniers tours ont été les plus longs de ma carrière."

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Par la suite, et alors que son équipier Bagnaia prenait à son tour la deuxième place de Quartararo, Miller pouvait se concentrer sur ce qu'il qualifiera à l'arrivée des "plus longs tours de sa carrière", destinés à le mener vers sa première victoire dans la catégorie reine sur piste sèche. Ayant fait passer son avance à 1"7 sur son équipier au 20e tour, Miller a par la suite pu contrôler son rythme dans les cinq dernières boucles et a franchi la ligne d'arrivée avec près d'une seconde d'avance pour signer une très populaire victoire, mettant fin à une période sportive fort difficile.  

"Merci aux gars dans la pitlane pour avoir continué à me donner les chiffres", salue-t-il. "J'ai eu un package phénoménal aujourd'hui et je dois aussi adresser mes félicitations à Pecco : c'est vraiment un super feeling d'être premier et deuxième après si longue traversée du désert. C'est juste indescriptible, ce que je ressens : de la joie et de la tristesse en même temps… En ce moment, c'est un déversement d'émotions, j'aurais aimé que mes parents soient ici avec moi mais ils sont à la maison et je sais qu'ils font la fête. Je souhaite simplement remercier tout le monde et je vais essayer de le refaire bientôt."

"Comme je l'ai dit, nous nous sommes élevés : il y a eu des critiques, mais c'est comme ça. Cela fait partie [du travail]. Tout ce que je voulais, c'était me concentrer sur ce que je pouvais faire et sur mon entraînement. Il me faut aussi adresser des remerciements gigantesques au docteur Mir : ce qu'il m'a fait est fantastique et c'était génial de pouvoir piloter 25 tours sans devoir limiter mon freinage et avoir du ressenti : je me sens tellement bien maintenant ! Ça retire une énorme charge mais je crois que la manière dont nous avons approché ce week-end était la bonne et il nous faut continuer à faire ça."

Cette victoire de Jack Miller représente également le premier succès de Ducati sur ce tracé de Jerez depuis 2006 : jamais, en effet, l'équipe italienne n'avait gagné en Andalousie depuis 16 ans ! Au Championnat du monde, ces 25 points inscrits dimanche après-midi par l'Australien lui permettent de remonter à la sixième place du classement des pilotes, avec 39 unités. Il évolue ainsi désormais à 27 points de son équipier et nouveau leader du championnat, Pecco Bagnaia.

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Résultats du Grand Prix d'Espagne MotoGP Spain

P. Pilotes Tours Temps Ecart km/h Points
1 Australia Jack Peter Miller
25 41'05.602 161.4 25
2 Italy Francesco Bagnaia
25 41'07.514 1.912 161.3 20
3 Italy Franco Morbidelli
25 41'08.118 2.516 161.2 16

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À propos de cet article

Séries MotoGP
Événement GP d'Espagne
Catégorie Course
Lieu Circuito de Jerez
Pilotes Jack Peter Miller
Équipes Ducati Corse
Auteur Guillaume Navarro