Aux stands un tour trop tôt, Miller et Rins ont fait "une grosse erreur"

Jack Miller et Álex Rins ont été les premiers à changer de moto au GP d'Autriche, alors que l'averse était encore assez clémente. Les deux pilotes regrettent ce pari qui les a fait plonger dans le classement.

Aux stands un tour trop tôt, Miller et Rins ont fait "une grosse erreur"

Les pilotes qui ont choisi de changer de moto au moment de l'averse ont pour la plupart fait une mauvaise opération au GP d'Autriche. Pecco Bagnaia, Jorge Martín et Joan Mir ont été les seuls en mesure de remonter dans la hiérarchie et de voir l'arrivée à une positon meilleure que celle qu'ils occupaient avant d'entrer dans les stands, mais cela n'a pas été le cas de Fabio Quartararo et Marc Márquez, qui a chuté.

Deux autres pilotes ont également décidé de basculer sur une moto équipée de pneus pluie, Jack Miller et Álex Rins, un tour avant le groupe des leaders, et ils ont perdu beaucoup de temps en repartant sur une piste qui n'était pas encore assez humide pour que leurs gommes leur permettent de faire une différence. Un tour après son arrêt, Miller roulait en 1'33"732 quand Brad Binder était en 1'32"757 avec ses slicks.

Ce n'est que dans la boucle suivante, l'avant-dernière de l'épreuve, que la tendance s'est inversée, Miller reprenant cinq plus 13 secondes au leader dans les deux derniers tours, ce qui n'a pas suffi à compenser la grosse trentaine de secondes perdue en passant aux stands. Le pilote Ducati a dû se contenter de la 11e place finale alors qu'il était huitième au moment de ce choix.

"J'avais des soucis avant cela, donc j'espérais un miracle, en gros", a expliqué Miller au site officiel du MotoGP. "Dans le tour dans lequel je suis rentré, je suis sorti du virage 3, j'ai regardé de là où venait la pluie et ça semblait très proche, donc je me suis dit 'OK, je vais peut-être pouvoir avoir le timing parfait pour le faire'."

Álex Rins s'est arrêté dans le même tour que l'Australien mais il regrette de l'avoir imité. Dixième avant son changement de machine, le pilote Suzuki a aussi été envoyé dans les profondeurs du classement et il n'a pu remonter que jusqu'à la 14e place. "Je pense que Jack et moi on a fait une grosse erreur en rentrant au stand assez tôt", a estimé le pilote espagnol. "Le pire, c'est qu'après être sorti de la pitlane, pendant deux tours il n'a pas plu. C'est pour ça qu'on a fait une erreur."

"C'était une course vraiment, vraiment folle", a-t-il ajouté. "On n'était pas mauvais au début, à la 12e ou la 13e place. Mais j'ai beaucoup anticipé le flag-to-flag. J'ai vu Miller rentrer et j'ai décidé de le suivre. C'est vraiment dommage parce que dans les deux tours suivants, la pluie s'est un peu arrêtée."

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Les deux pilotes ont fait une mauvaise opération mais Jack Miller ne regrette pas d'avoir "jeté un joker". Sixième en début d'épreuve, il a été doublé par Joan Mir, Brad Binder Aleix Espargaró, et n'a gagné qu'une place, quand Johann Zarco est tombé, devant composer avec une Ducati manquant de grip : "De toute façon, disons que je n'avais pas d'autre option, j'avais un gros problème avec la moto. C'est comme ça."

"[J'avais] des problèmes d'adhérence", a-t-il précisé. "Dans le warm-up, la moto était fantastique, j'ai atteint la distance de la course avec les pneus. Le rythme était vraiment, vraiment bon. J'étais vraiment à l'aise. Mais je n'ai pas pu refaire ça en course. C'est le genre de week-end où rien ne se passe bien, ça arrive parfois en compétition."

Miller impressionné par les pilotes qui sont restés en slicks

Les premières gouttes de pluie sont tombées avant même le départ et l'averse ne s'est jamais véritablement interrompue, pour finalement redoubler dans les dernières tours et provoquer les passages aux stands, dont celui anticipé de Jack Miller.

"Je me suis retrouvé dans quelques situations folles, mais celle-ci n'était pas trop mal. La plupart du temps, c'était juste un petit crachin et j'arrivais quand même à attaquer relativement fort. C'était bien de garder une sorte de marge, surtout au moment de forcer sur le pneu à l'entrée des virages, même si on n'était pas du tout au maximum du grip."

Miller espérait que son arrêt anticipé lui permettrait de profiter de la dégradation des conditions, même s'il craignait de ne pas être attendu par ses mécaniciens : "Quand ça tombe, c'est assez rapide et puissant. Donc si la pluie était arrivée dans mon tour de sortie des stands, avec les autres encore dans un tour en slicks, ils auraient eu des problèmes pour regagner les stands et j'aurais pu reprendre un peu de temps. Mais c'était un tour trop tôt."

"J'étais aussi un peu nerveux en entrant dans les stands, parce que je ne savais pas si les gars seraient prêts. Je sais que l'allée des stands est assez longue ici mais ils devaient démarrer la moto, enlever les couvertures chauffantes et préparer la moto pour un flag-to-flag, et ils n'avaient aucune idée que j'allais rentrer. Donc merci à eux d'avoir été sur le coup et prêts, et d'avoir rendu ça le moins douloureux possible."

Les pilotes en pneus pluie ont pu reprendre une quinzaine de secondes à ceux en slicks dans le dernier tour mais Miller a néanmoins été impressionné par les prestations de ses rivaux, Binder en tête : "On l'a vu avec Brad, il a pu globalement se débrouiller et rester debout, et sans arrêt au stand il a pu terminer premier. Un grand bravo à lui et à toute l'équipe KTM, ils ont fait du bon boulot." 

"J'ai doublé Taka [Nakagami] et Danilo [Petrucci] juste avant la ligne d'arrivée, et j'étais un peu désolé pour eux", a-t-il reconnu. "Je voyais ces gars souffrir énormément en slicks. Je n'arrivais pas à croire que toutes les motos que je doublais étaient encore en slicks. [...] Ils ont tous été très bons pour rester sur leur moto, je m'attendais à un peu plus de drapeaux jaunes que ça."

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Avec Léna Buffa et Angus Martin

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